Combattre le néo-libéralisme par l'absurde, tel
est le leitmotiv des Yes Men. Il y a chez Andy Bichlbaum et Mike Bonannodu de
la candeur militante à la manière d'un Michael Moore, du burlesque visuel façon
Jacques Tati, de l'inventivité loufoque dans le veine du professeur Tournesol.
Le principe de ces deux trublions est simple : monter de faux sites internet de
multinationales (Dow Chemicals, Halliburton, Exxon Mobil) pour se faire inviter
dans les médias ou à de prestigieuses conférences. Vient ensuite le canular,
sur le mode du discours trop beau pour être vrai ou de présentations ubuesques
très « visuelles ». Les assistances biberonnées à la recherche du profit n'y
voient que du feu. Le voile tombe, découvrant un cynisme total. A l'image de ce
représentant d'une banque filmé en caméra caché après un canular : « Quoi que
l'on fasse cela va couter des vies. Mais si cela rapporte de l'argent c'est
acceptable ». Devant les péripéties des Yes Men on est plié de rire, révolté
mais aussi revigoré. Le plafond de verre indestructible du tout marché vole en
milles morceaux, le néo-libéralisme apparait alors pour ce qu'il est :
absurde.






