
Rose sur rose, rien ne bouge. Six sièges
socialistes de conseillers généraux en jeu, six cantons qui restent à gauche.
Avec ce grand chelem à Nantes, le PS transforme l’essai lors du second tour des
cantonales. Le sarkozyste Xavier Fournier (28 ans), candidat sur le canton de
Nantes-1, appelait pourtant à « s’opposer à Jean-Marc Ayrault, qui tire les
ficelles sur le territoire », tendant même la main aux écologistes. Un échec.
C’est la candidate PS Fabienne Padovani qui l’emporte, avec 53,45 % des
suffrages. Les cantons nantais n° 7 et n° 9 sont une formalité pour la gauche.
Les socialistes Pascal Bolo et Catherine Touchefeu sont largement réélus, avec
plus de deux tiers des voix.
Une écologiste en safari aux derniers jours
d'aout. Eva Joly sort son fusil et tire sans sommation sur deux éléphants
socialistes. La première salve est pour le maire de Paris Bertrand Delanoë à
propos de l'accord passé avec l'UMP sur les emplois fictifs de l'ère Chirac :
« C’est un mauvais deal au très haut niveau qui traduit une fois encore un
mépris de la justice ». La seconde rafale est pour le directeur général du
Fond monétaire international : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je
l’ai mis en examen ». Cette boutade, auréolée du prix humour et politique
2010, ne fait pas rire tout le monde. Martine Aubry recadre vertement Cécile
Duflot pour qu'elle tienne Joly. En vain ? « Il faut qu’ils comprennent
qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS »
clame l'eurodéputé - et proche d'Eva Joly - Yannick Jadot. La mue des Verts en
Europe écologie n'est pas un long fleuve tranquille, ça n'est point un scoop.
Mais le vrai talon d'Achille d'Eva Joly est ailleurs : sa faiblesse en matière
économique et sociale.
Le vert est à nouveau tendance. Alors
qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition
politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur
éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du
printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les
querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions
historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques,
apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général
et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans
le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie
toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de
responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une
véritable quadrature du cercle.
Les élections européennes c’est un peu
comme l’histoire de la poule et de l’œuf. On ne sait qui des citoyens ou des
médias se sont désintéressés en premier de ce scrutin. Mais la réalité
démocratique est la. Depuis la première élection directe du Parlement européen
l’abstention n’a eu de cesse d’augmenter : de 39,3% en 1979 à 57,2% en
2004. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France puisque lors de ces
dernières élections l’abstention était de 55,5% en moyenne dans l’Union
européenne. Pourtant l’enjeu est crucial à l’aune d’une crise capitaliste d’une
rare violence, particulièrement pour les salariés et la jeunesse européenne. Il
y a urgence à renouer avec le fil d’une Europe sociale et démocratique, à
combattre le fanatisme libéral, qui sous les bons mots est toujours aussi
virulent en Europe. Voici 4 raisons de voter pour les listes du Parti
socialiste européen le 7 juin.





