Blog de Thibault Dumas

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16 février 2010

Sanofi Aventis : la boucherie sociale

Au commencement il y avait un groupe pharmaceutique, qui au fil des fusions et autres acquisitions devint le 5e de son secteur au niveau mondial et leader à l'échelle de l'Europe. Une entreprise qui fit 8,47 milliards d'euros de bénéfices en 2009 - la palme d'or du CAC 40 devant Total ! - pour qui l'explosion des ventes de vaccins contre la grippe A n'était qu'une goutte d'eau (3,6 % du chiffre d'affaires) dans un océan de blockbusters (petit nom donné aux médicaments au retour sur investissement faramineux). Dans le même temps, le directeur général de Sanofi Aventis, Christopher Viehbacher, confirma  un brutal plan de réorganisation de l'activité de l'entreprise visant à réaliser 2 milliards d'euros d'économies en 2013 par rapport à 2008. «  Nous sommes en avance sur notre calendrier » confia t-il même avec délectation. Traduction dans l'hexagone : 4 sites fermés, « 3000 emplois sont supprimés, dont 1300 en recherche » selon l'estimation des syndicats, sans compter les 900 chercheurs « volontaires au départ » qui ont déjà quitté Sanofi. Fin du conte de fée industriel. Début de la boucherie sociale.

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27 août 2009

Mort d'un combattant du progrès

Le lion du Sénat est mort. Ted Edward Kennedy, frère de John et de Robert, est mort à l'âge de 77 ans d'une tumeur du cerveau près d'un demi siècle après sa première élection au Sénat des États-Unis d'Amérique. Quand « Teddy » est élu en 1962 comme sénateur du Massachusetts, John Fitzgerald Kennedy est à la Maison Blanche depuis un an et lance la conquête spatiale par son discours « Nous avons choisi d'aller sur la lune ». L'Amérique est encore largement ségrégationniste et raciste, même si le mouvement des droits civiques emmené par Martin Luther King obtient ses première victoires. JFK renforce l'engagement militaire étasunien dans la guerre du Viêt Nam, semant les graines du pacifisme étudiant et la nouvelle gauche des années 1970. Quand Ted Kennedy décède en 2009, les USA ont un président métisse progressiste, veulent retourner sur la Lune pour un jour marcher sur Mars et se désengagent du « nouveau Viêt Nam » irakien. Entre ces deux dates, 46 ans de lutte pour la justice sociale et contre la pauvreté.

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01 février 2009

Le retour du mouvement social

Deux salariés côte à côte place de la Bastille. Le premier avec un autocollant CGT 94 engage la conversation : « vous êtes de Flins ? Courage ! » (l'usine Renault de Flins tourne au ralenti depuis décembre). Le second vêtu d'un gilet FO Flins lui répond « oui, mais cela ne dépend plus de nous ». Le cégétiste conclut « bon... en tout cas on est avec vous les gars ». Échange anodin mais qui en dit long sur le changement d'atmosphère sociale. Les mobilisations locales (parfois dures) des salariés n'ont pas manquées en 2007-2008, mais il n'y avait pas de « conjonction des luttes », de sens commun. Ce 29 janvier 2009 les mouvements sociaux ont dépassés leurs spécificités catégorielles pour devenir « le » mouvement social. « Énièmes manifs », « rituel de la grève » pour les libéraux-conservateurs et les réactionnaires. Pourtant, au delà de son opposition massive au sarkozysme, ce mouvement social a des caractéristiques inédites.

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23 janvier 2009

La voix des travailleurs américains

Raul Solis et Juana Sequeira-Solis forment un souriant couple de retraités. Lui est originaire du Mexique, elle du Nicaragua. Tous deux ont émigrés aux États-Unis, ou ils se sont rencontrés puis mariés en 1953. Ils ont longuement travaillés comme ouvriers, lui dans une usine de recyclage, elle sur les chaînes de montage de Mattel. Très engagés dans les syndicats Teamsters et United Rubber Workers, ils n'ont jamais cessé de croire en une Amérique plus juste et généreuse. Alors quand Barack Obama et son administration rentrent à la Maison Blanche ce 20 janvier 2009, ils sont très émus. Doublement émus même, car leur fille Hilda Solis devient à 51 ans la secrétaire au Travail des États-Unis d’Amérique.

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24 novembre 2008

Le monople éhonté du MEDEF

« Ils ne représentent que 8,2 % de la population, et ils prennent en otage les français », voilà l'approche dite « Café du commerce » de la représentativité syndicale et de la démocratie sociale en France. On se penche donc toujours du côté des syndicats ouvriers et salariés, avec surtout la volonté de les affaiblir. Pourtant la représentativité des syndicats patronaux est un véritable scandale. Le CNPF transformé en MEDEF prétend depuis 60 ans représenter seul tous les chefs d'entreprises. Un oligopole chez les tenants de la libre concurrence et du « fanatisme de marché ». Qui élit ces représentants des chefs entreprises ? Personne. Résultat, ils défendent caricaturalement les  intérêts du capital, et sont finalement assez proche de la pensée patronale oppressante du 19ème siècle : quelle modernité ! Le MEDEF ne réfléchit clairement pas à la réalité des entreprises, encore moins à celle du monde du travail. Sur le plan démocratique, c'est en réalité plus un lobby (historique) qu'un syndicat, car il ne représente personne à part lui-même.

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23 novembre 2007

Une grève n'est pas une prise d'otage

Après une phase de grèves de pratiquement une semaine, le terme « d'usagers pris en otage » a du être utilisé plusieurs centaines de fois. On peut d'ailleurs s'interroger sur des médias (audiovisuels) qui n'ont pas traités les tensions sociales sur le fond se contentent de descriptions plus ou moins fleuries de « la galère ». Faut il rappeler que l'exercice syndical et la grève sont des droits constitutionnels prévus aux articles 6 et 7 du préambule de 1946. Une prise d'otage (avec une triste actualité) est une violence physique et psychologique. Mélanger les deux est une confusion réactionnaire assez inquiétante. De plus, c'est bien Nicolas Sarkozy qui à conduit à cette situation en jouant les « dures » face à des syndicats « négociateurs ». Et quel quelque part n'a t'il pas été élu pour cela ? Pour entamer une révolution thatchérienne, pour aller au rapport de force quasi physique avec les syndicats.

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20 juillet 2007

La social-démocratie ne suffit pas

Social-démocratie. Ce mot honni par la gauche française est aujourd'hui sur toutes les bouches. Des écologistes qui parlent de social-écologie aux communistes qui parlaient « d'urgence sociale et démocrate » sur les tracts de Marie-Georges Buffet. De toutes les tendances du PS jusqu'à son aile gauche qui définit le parti comme « réformiste et social-démocrate depuis au moins vingt ans ». Il n'y a peut-être guère que Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon pour ne pas avoir ce mot à la bouche. La social-démocratie au sens large désigne l'ensemble des organisations et hommes qui se rattachent au socialisme réformiste par l'abandon du marxisme révolutionnaire. La majorité des citoyens de gauche peuvent se retrouver dans cette définition, mais plus précisement, parler de social-démocratisation pour la réinvention de la gauche française, cela a t'il vraiment un sens ?

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14 mars 2007

Pour un syndicalimse offensif

« Construire des stratégies syndicales mondiales pour contrer celles du capitalisme ». C'est avec cet objectif qu'à été créé en novembre dernier la Confédération Internationale syndicale (CIS). C'est un espoir formidable pour les travailleurs et les ouvriers du monde entier d'un syndicalisme puissant car organisé pour courber le cours de la mondialisation. Cet évènement historique et le mouvement social actuel à Airbus démontre aussi à quel point des mesures radicales doivent être prisent en France quand à la place des syndicats. Voici six volets de propositions pour favoriser l'émergence d'un syndicalisme offensif, combattant dans les négociations, représentatif des intêrets salariés, créateur de progrès sociaux face au pouvoir actionnarial et patronal accru dans la mondialisation.

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