Séducteur, Dominique Strauss-Kahn l'a toujours
été. Dans tous les sens du terme. Charismatique et brillant sur le plan
intellectuel, indéniablement DSK l'est. L'anecdote raconte qu'en 1996 il
inventa pour la gauche les 35 heures et les emplois jeunes... sur un coin de
table. En 2002 il publia La Flamme et la Cendre, aggiornamento
socialiste le plus bandant de ce début 21e siècle - qui a d'ailleurs motivé
l'engagement de nombreux strauss-kahniens. L'ancien pilier de la dream team de
Lionel Jospin surfe sur des vagues de sondages outrancièrement favorables.
Pourtant Kahn do pourrait bien boire la tasse lors de la session présidentielle
de 2012. En cause, son éloignement des messes basses du PS, son positionnement
politique et son déficit de fibre populaire.
La
droite se satisfait des dernières mutations du monde et de la société, de
l'agressivité du capitalisme, de l'individualisme consumériste. Elle se complet
dans un libéral-populisme et une exaltation réactionnaire du passé qui tourne à
la caricature. Le sarkozysme présidentiel en fait largement la démonstration.
Au contraire, le socialisme réformiste exprime un point de vue critique sur la
société telle qu'elle est, ou qu'elle sera si nous n'agissons pas. C'est donc
la volonté de changer l'ordre des choses qui doit nous animer. Pour réussir ces
changements nous devons réfléchir sans tabous, sans artifices à la réinvention
de la gauche. En bref, nous devons changer la gauche pour changer le monde.
2008, doit être l'année pour construire cette gauche de demain.
Social-démocratie. Ce mot honni par la
gauche française est aujourd'hui sur toutes les bouches. Des écologistes qui
parlent de social-écologie aux communistes qui parlaient « d'urgence
sociale et démocrate » sur les tracts de Marie-Georges Buffet. De toutes
les tendances du PS jusqu'à son aile gauche qui définit le parti comme
« réformiste et social-démocrate depuis au moins vingt ans ». Il n'y
a peut-être guère que Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon pour ne pas avoir
ce mot à la bouche. La social-démocratie au sens large désigne l'ensemble des
organisations et hommes qui se rattachent au socialisme réformiste par
l'abandon du marxisme révolutionnaire. La majorité des citoyens de gauche
peuvent se retrouver dans cette définition, mais plus précisement, parler de
social-démocratisation pour la réinvention de la gauche française, cela a t'il
vraiment un sens ?
Qui l’aurait
cru ? Après soixante-quinze ans de domination de la vie politique et douze
ans de gouvernance sans partage, la Social-démocratie suédoise en coalition
avec les Verts et les
La première
image choquante de ce 29 mai 2005 ne fut pas la joie des partisans du non à
l’annonce de cette victoire (réaction compréhensible) mais les drapeaux
français qui volaient chez les partisans de la droite souverainiste comme chez
les tenants du non de gauche. Les premiers mots qu’a eut Monsieur Emmanuelli
étaient « nation » et « France » mais n’est ce pas de l’Europe dont il
s’agissait ? C’est une lourde responsabilité qu’ont prit les partisans du non
de gauche en disant qu’on pouvait renégocier mieux, qu’on pouvait renégocier
plus progressiste. C’est une lourde responsabilité que vous avez prit face à la
gauche européenne, face au monde et face à l’histoire. Tout en prenant acte que
la ratification du traité continue en Europe il faut bien noter à quel point ce
vote massif contre le traité constitutionnel peut être porteur de désillusions
ou de fausses illusions quand à l’avenir de l’Union.





