C'est une grande bâtisse typiquement
art-nouveau, tendance anglo-saxonne des années 1930, avec une touche
exotiquement coloniale. Sa façade se veut une représentation des territoires
occupés d’antan, ces terres des Antilles, d'Océanie, d'Afrique et d'Asie. La
Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) se dresse là, coincée
entre les boulevards maréchaux et le périphérique parisien, le vert du bois de
Vincennes et le rouge des immeubles en briques avoisinants. A l’intérieur de la
Cité, au milieu des fresques et des expositions, c'est la colère sociale qui a
pris ses quartiers. Depuis début octobre, 500 travailleurs sans-papiers
occupent symboliquement le hall d'entrée de la CNHI. Leur revendication ? La
régularisation de 6804 travailleurs franciliens qui sont en grève depuis plus
d'un an, soutenus par le syndicat CGT. Une grève oubliée.
Je discute avec une
jeune femme sans-papiers. Outre la descente qui a été faite dans une école de
la République il y a une semaine, elle me parle des méthodes policières
utilisés dans le nord de Paris. Fermeture des sorties d'une station de métro
pour un contrôle musclé des papiers d'identité de tous les voyageurs.
Encerclement d'un marché en pleine air pour la aussi, une vérification
agressive des papiers. Sans parler des expulsions arbitraires qui se font au
mépris des réalités familiales et des dangers encouru dans certains pays.
S'engager à gauche c'est porter un projet de société mais c'est aussi être
révolté. Je suis indigné face aux méthodes politiques et policières qui sont
employés contre les sans-papiers. Il n'y a pas de sous-hommes ou de
sous-justice. Le respect de la dignité humaine est un droit pour n'importe
qu'elle personne vivant en France.
La politique
d'immigration de 








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