Au commencement il y avait un groupe pharmaceutique, qui au fil des fusions et autres acquisitions devint le 5e de son secteur au niveau mondial et leader à l'échelle de l'Europe. Une entreprise qui fit 8,47 milliards d'euros de bénéfices en 2009 - la palme d'or du CAC 40 devant Total ! - pour qui l'explosion des ventes de vaccins contre la grippe A n'était qu'une goutte d'eau (3,6 % du chiffre d'affaires) dans un océan de blockbusters (petit nom donné aux médicaments au retour sur investissement faramineux). Dans le même temps, le directeur général de Sanofi Aventis, Christopher Viehbacher, confirma  un brutal plan de réorganisation de l'activité de l'entreprise visant à réaliser 2 milliards d'euros d'économies en 2013 par rapport à 2008. «  Nous sommes en avance sur notre calendrier » confia t-il même avec délectation. Traduction dans l'hexagone : 4 sites fermés, « 3000 emplois sont supprimés, dont 1300 en recherche » selon l'estimation des syndicats, sans compter les 900 chercheurs « volontaires au départ » qui ont déjà quitté Sanofi. Fin du conte de fée industriel. Début de la boucherie sociale.