Blog de Thibault Dumas

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14 octobre 2010

La grève vue d'outre-Manche

Banderoles, drapeaux, piquets, autocollants et fumigènes... Le rite de la manifestation à la française est bien établit. Nouveauté de cette cuvée 2010 : les vuvuzelas et un mouvement social contre la réforme des retraites qui atteint un paroxysme historique. La bonhomie (actuelle) des cortèges contraste avec une situation objectivement tendue. Les ponts de la négociation ayant été coupés par l’autiste gouvernement Fillon dès juin (MEDEF et syndicats sont d'ailleurs dans le même bateau), l'embouchure à se fleuve social semble plus que ardue à trouver. Il est donc de bonne aloi de se plonger dans la presse britannique. Oui allons voir ce qu'en pense le Royaume-Uni, contrée du travaillisme old school et du  welfare state pendant les années d'après guerre, mis à l'amende à partir de 1979 par la révolution conservatrice de Margaret Thatcher. Pays ou le dernier mouvement social significatif fut celui contre la poll tax en 1990. Tournant à l'émeute il entraina, ironie de l'histoire, la fin de Maggie et de la contestation sociale à la britannique.

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03 avril 2010

Des salariés éco-citoyens

La question écologique opposée à la question sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique. 94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet, consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette belle partition écologique dans les entreprises (podcast mis en ligne sur Euradio Nantes).

01 février 2009

Le retour du mouvement social

Deux salariés côte à côte place de la Bastille. Le premier avec un autocollant CGT 94 engage la conversation : « vous êtes de Flins ? Courage ! » (l'usine Renault de Flins tourne au ralenti depuis décembre). Le second vêtu d'un gilet FO Flins lui répond « oui, mais cela ne dépend plus de nous ». Le cégétiste conclut « bon... en tout cas on est avec vous les gars ». Échange anodin mais qui en dit long sur le changement d'atmosphère sociale. Les mobilisations locales (parfois dures) des salariés n'ont pas manquées en 2007-2008, mais il n'y avait pas de « conjonction des luttes », de sens commun. Ce 29 janvier 2009 les mouvements sociaux ont dépassés leurs spécificités catégorielles pour devenir « le » mouvement social. « Énièmes manifs », « rituel de la grève » pour les libéraux-conservateurs et les réactionnaires. Pourtant, au delà de son opposition massive au sarkozysme, ce mouvement social a des caractéristiques inédites.

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24 novembre 2008

Le monople éhonté du MEDEF

« Ils ne représentent que 8,2 % de la population, et ils prennent en otage les français », voilà l'approche dite « Café du commerce » de la représentativité syndicale et de la démocratie sociale en France. On se penche donc toujours du côté des syndicats ouvriers et salariés, avec surtout la volonté de les affaiblir. Pourtant la représentativité des syndicats patronaux est un véritable scandale. Le CNPF transformé en MEDEF prétend depuis 60 ans représenter seul tous les chefs d'entreprises. Un oligopole chez les tenants de la libre concurrence et du « fanatisme de marché ». Qui élit ces représentants des chefs entreprises ? Personne. Résultat, ils défendent caricaturalement les  intérêts du capital, et sont finalement assez proche de la pensée patronale oppressante du 19ème siècle : quelle modernité ! Le MEDEF ne réfléchit clairement pas à la réalité des entreprises, encore moins à celle du monde du travail. Sur le plan démocratique, c'est en réalité plus un lobby (historique) qu'un syndicat, car il ne représente personne à part lui-même.

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09 juillet 2008

Pouvoir d'achat : un combat de gauche ?

Matraqué par les publicitaires, embarrassant pour les politiques, central pour les salariés, le pouvoir d'achat est partout. L'omniprésence de ce thème est telle qu'on en vient à confondre promesses électorales et slogans d'hypermarchés. Les deux ne font qu'un quand le gouvernement lance sa campagne pour promouvoir ses mesures en « faveur » de ce pouvoir d'achat. Suivant les opinions on la trouvera totalement grotesque ou carrèment cynique, car non seulement cette droite est caricaturalement dévouée aux classes possédantes mais petit à petit elle se met à le revendiquer fièrement (suivant ainsi le chemin tracé par les républicains américains). Mais revenons au pouvoir d'achat de l'ensemble de la population, est-ce un terme et un concept pertinent ? De surplus d'un point de vue de gauche ?

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23 novembre 2007

Une grève n'est pas une prise d'otage

Après une phase de grèves de pratiquement une semaine, le terme « d'usagers pris en otage » a du être utilisé plusieurs centaines de fois. On peut d'ailleurs s'interroger sur des médias (audiovisuels) qui n'ont pas traités les tensions sociales sur le fond se contentent de descriptions plus ou moins fleuries de « la galère ». Faut il rappeler que l'exercice syndical et la grève sont des droits constitutionnels prévus aux articles 6 et 7 du préambule de 1946. Une prise d'otage (avec une triste actualité) est une violence physique et psychologique. Mélanger les deux est une confusion réactionnaire assez inquiétante. De plus, c'est bien Nicolas Sarkozy qui à conduit à cette situation en jouant les « dures » face à des syndicats « négociateurs ». Et quel quelque part n'a t'il pas été élu pour cela ? Pour entamer une révolution thatchérienne, pour aller au rapport de force quasi physique avec les syndicats.

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14 mars 2007

Pour un syndicalimse offensif

« Construire des stratégies syndicales mondiales pour contrer celles du capitalisme ». C'est avec cet objectif qu'à été créé en novembre dernier la Confédération Internationale syndicale (CIS). C'est un espoir formidable pour les travailleurs et les ouvriers du monde entier d'un syndicalisme puissant car organisé pour courber le cours de la mondialisation. Cet évènement historique et le mouvement social actuel à Airbus démontre aussi à quel point des mesures radicales doivent être prisent en France quand à la place des syndicats. Voici six volets de propositions pour favoriser l'émergence d'un syndicalisme offensif, combattant dans les négociations, représentatif des intêrets salariés, créateur de progrès sociaux face au pouvoir actionnarial et patronal accru dans la mondialisation.

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26 janvier 2006

Une mobilisation pour la solidarité et la durabilité sociale

Monsieur De Villepin, qui se présente comme le chevalier servant de notre modèle républicain n’est en fait qu’un saltimbanque libéral qui agite le social comme un pompon médiatique. Son souci de la « concertation sociale » est infirmé par son utilisation de la procédure parlementaire d’urgence pour avorter le débat de fond. Son discours de modération politique est démenti par la dureté pratique de ses mesures : diminution scandaleuse de l’imposition des plus aisés, précarisation de la vie professionnelle avec le CNE et le CPE. Ses affirmations sur la baisse du chômage ne trouve d’échos que dans les radiations de l’ANPE : les chômeurs seraint donc des erreurs statistiques ? Celui qui a bénéficié de la bienveillance de certains de nos concitoyens, à en fait le même souci de la morale politique que son éminent monarque en fin de règne Jacques Chirac 2nd : l'art du décalage abyssale entre parole et vérité. Notre mobilisation contre le Contrat Première Embauche et pour la solidarité, la durabilité sociale doit donc être totale.

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