
Lancée en 1829, The Boat Race est
la plus ancienne compétition sportive du monde encore viable. Pour la 158e fois
cette année, elle a opposé l'Université de Oxford à la non moins prestigieuse
Université de Cambridge. Un duel d'avirons à huit avec barreur au prestige
jamais démenti : près de 300 000 spectateurs sur les bords de la Tamise à
Londres et une diffusion dans 200 pays par le biais de BBC One.
Particularité, les athlètes sont des étudiants, amateurs, qui ne perçoivent
nuls émoluments pour leurs exploits. Seul compte l'honneur de remporter - ou de
ne pas perdre - The Boat Race. Un retour aux sources du
sport ?
« Et je me permettrai de citer
Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : "Ils ont échoué
parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve" » lance François Hollande,
galvanisé par le foule, le 22 janvier dernier lors de son discours du Bourget.
Le candidat socialiste croit citer l'immense William Shakespeare, il reprend en
fait une phrase du peu connu Nicholas Shakespeare. C'est la presse britannique,
mi-amusée, mi-agacée, qui a relevé la bévue, ledit Shakespeare étant écrivain
et critique littéraire en chef du quotidien The Daily
Telegraph
Mars 1991. 287 années de présence
militaire britannique qui prennent fin en quelques semaines. En ce mois de mars
1991, près de 2000 soldats de Sa Majesté, qui avaient pour mission « de
contrôler avec attention la population » de Gibraltar, quittent le Rocher.
Seul reste sur ce bout de territoire situé au sud de l'Espagne, en bordure du
détroit qui marque l'entrée de la Méditerranée, le « bataillon royal de
Gibraltar », uniquement constitué de Gibraltariens. Le conflit historique
opposant Espagne et Grande-Bretagne pour le contrôle du mont Tariq ("Jabel
Tariq" qui a donné son nom à Gibraltar) s’est amenuisé. Madrid ayant adhéré à
l'Otan (1982) puis à la CEE (1986), l’intérêt géostratégique est-il devenu
mineur pour Londres ? Non, c'est bien la souveraineté de Gibraltar qui est en
jeu.
Banderoles, drapeaux, piquets, autocollants et
fumigènes... Le rite de la manifestation à la française est bien établit.
Nouveauté de cette cuvée 2010 : les vuvuzelas et un mouvement social contre la
réforme des retraites qui atteint un paroxysme historique. La bonhomie
(actuelle) des cortèges contraste avec une situation objectivement tendue. Les
ponts de la négociation ayant été coupés par l’autiste gouvernement Fillon dès
juin (MEDEF et syndicats sont d'ailleurs dans le même bateau), l'embouchure à
se fleuve social semble plus que ardue à trouver. Il est donc de bonne aloi de
se plonger dans la presse britannique. Oui allons voir ce qu'en pense le
Royaume-Uni, contrée du travaillisme old school et du welfare
state pendant les années d'après guerre, mis à l'amende à partir de 1979
par la révolution conservatrice de Margaret Thatcher. Pays ou le dernier
mouvement social significatif fut celui contre la poll tax en 1990.
Tournant à l'émeute il entraina, ironie de l'histoire, la fin de Maggie et de
la contestation sociale à la britannique.
Cher Monsieur Blair, je me permets de vous
interpeler en tant que simple militant de gauche, « la vielle
gauche » comme vous dites. Je vais être honnête, j'ai un vieux passif avec
vous car ma rupture intellectuelle avec le courant politique qui porte votre
nom (« le blairisme ») fut inhérente à mon engagement politique. Mais
je ne veux pas seulement vous parler ici d'une rupture intellectuelle mais
surtout d'une rupture morale. Elle a commencé par votre soutien total à la
diplomatie haineuse et sanguinaire de Bush fils. Elle a continué avec ces
innombrables textes communs signés avec messieurs Aznar et Berlusconi des
hommes politiques « progressistes » comme vous dites. Elle a prit un tour plus
personnel, pour nous français, quand au printemps dernier vous avez
frénétiquement soutenu Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, pourtant membre
du Parti Socialiste Européen tout comme vous, tout comme moi.
"L'Angleterre est le pire pays développé pour les enfants qui y
grandisse". Qui est l'auteur de ces phrases ? La Parti conservateur britannique
? L'extrême gauche anglaise ? Des anglosceptiques notoires ? Non, une étude de
l'UNICEF sur la pauvreté infantile dans les pays développés, passée inaperçue
en France, qui y place l'Angleterre au dernier rang juste derrière les
États-Unis. C'est selon moi la l'ultime démonstration de l'échec du néo
travaillisme anglais : échec social mais aussi européen et international.
C'est la défaite de cette digestion de l'héritage thatchérien par
l'institutionnalisation d'une société précaire et inégalitaire en échange de
quelques gouttes de justice sociale. C'est la défaite de l'opportunisme
politique articulé par le "spindoctoring" à outrance.








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