Blog de Thibault Dumas

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15 mars 2009

La gauche percutante sur les libertés

Le PS est à la politique ce que le PSG est au football : on adore le détester. Alors quand la « vielle maison » socialiste fait de la politique de façon percutante il faut le souligner. C'est le cas de l'ouvrage « La France en libertés surveillés » (le télécharger). Du côté des conservateurs on s'époumone, un « tract » (Jean François Copé) venant d'un « groupuscule d’extrême gauche » (Frédéric Lefebvre). Coordonné par Marie-Pierre De La Gontrie, ce livre est bien écrit, factuel et argumenté. Il donne une lecture globale à une kyrielles d'événements révoltants, déconnectés (en apparence) les uns des autres. Il démontre méthodiquement comment le sarkozysme fait reculer les libertés et corsète la société. C'est aussi une rénovation de la pensée du PS en matière de libertés publiques, rompant avec la logique « chevènementiste » voir sécuritaire du colloque de Villepinte en 1997. Ce livre incarne l'opposition de gauche telle qu'elle devrait être en permanence. En mouvement.

01 janvier 2009

La stratégie kamikaze de Ségolène Royal

Nous sommes, en ce début d'année 2009, à un moment charnière de la présidence Sarkozy. La tension sociale est palpable, c'est rien de le dire. La jeunesse hésite entre radicalité et résignation, un mouvement social massif peut démarrer à la moindre étincelle. La gauche réformiste est (enfin) entrée dans une opposition frontale au sarkozysme. Le PS a une nouvelle direction bosseuse et renouvelée, la nouvelle Première secrétaire s'oppose de façon intelligente et efficace, les contre-vœux en sont une illustration parmi d'autres. Le PS va objectivement mieux qu'il y a six mois. Dans ce contexte, la ligne de Ségolène Royal est tout simplement anachronique et kamikaze. Elle est rentrée dans une stratégie de friction interne permanente au PS alors que la situation du pays et du monde exige la mobilisation unitaire de la gauche. Son équipe s'exprime comme en plein Congrès alors que la phase démocratique interne est terminé depuis longtemps. Son courant qui devrait être à l'avant garde de la rénovation, mène une bataille d'arrière garde façon « vieux PS ». Quel décalage par rapport à la réalité politique et sociale !

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28 novembre 2008

Au boulot les socialistes

C'était à la Mutualité, quelques heures avant l'investiture de Martine Aubry comme Première secrétaire du PS. La pénombre, l'éclairage rouge du fond de scène, la rose au poing qui brille, la salle aux trois quarts vide : l'ambiance est à la fois surréaliste et intimiste. Dans le groupe de socialistes aubrystes qui s'est formée, « la belle lilloise » est une militante parmi d'autres. On pourrait la croire galvanisée par cette victoire qui vient de si loin, mais elle prend la parole calmement sans triomphalisme, le temps du travail à déjà commencé. Ce moment est à l'image de la campagne interne qui a durée pratiquement 8 mois : collective, fraternelle, organisée... une vraie épopée militante en fait malgré la rudesse du Congrès. D'ailleurs, un débat interne rude ne signifie pas automatiquement un échec, au contraire : « Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse  » comme le disait Nietzsche (et non Royal ou Jaurès !).

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18 novembre 2008

La lutte finale au PS

A l'arrivée à Reims c'est un épais brouillard et la pluie qui étaient au rendez-vous. Au départ c'est un ciel blanc avec de la bruine. Une météo à l'image du Congrès du PS, pas encore un grand souffle de changement à gauche mais des éléments rationnels pour y croire. Bien sûr les échos médiatiques sont très sévères, car pour les journalistes il n'y avait pas d'alternative : c'était soit le sacre, soit le massacre de Reims. Ce fut pourtant ni l'un, ni l'autre. Pour reprendre les mots de conclusion d'Adeline Hazan « Ce Congrès n’a été ni celui d’Epinay, ni celui de Rennes, juste le Congrès de Reims ». Je reviens pour ma part de ce 75ème Congrès socialiste avec un certain optimisme, il faudra que cela se confirme dans les urnes cette semaine.

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13 novembre 2008

Les deux impasses à éviter

« C'est le bordel, je ne comprend rien à ce qui se passe » voila ce que l'on entend le plus souvent dans les bouches socialistes depuis le vote du 6 novembre. Ce scrutin a démontré l'utilité des procédures démocratiques internes du PS, ce parti n'est pas encore la SFIO ou le Parti radical : il bouge. Encore faut-il le bouger dans la bonne direction. Les portes paroles de l'UMP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé (la brute et le truand du sarkozysme), peuvent déverser des torrents de communiqués de presse insultants sur le PS, la réalité est que la droite ne comprend rien à cette démocratie interne de parti. Laissons leurs les attributs du bonapartisme marketing. Mais revenons au vote, selon moi il a des significations claires et parfois contradictoires. Surtout il impose d'éviter deux impasses pour la suite du Congrès de Reims : le présidentialisme hystérique et le retour du hollandisme immobiliste.

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22 octobre 2008

Approches du socialisme

Ce Congrès du PS n'est pas si mal engagé qu'on le dit. Certains sont peut-être un peu gênés par la faiblesse de leur texte face à la crise du capitalisme et préféraient reporter le Congrès de Reims, mais le socialisme doit être une analyse implacable du monde actuel et une méthode réformiste radicale pour le transformer, alors tant pis pour eux. Bien sûr comme je l'ai déjà dit il y a la plupart du temps une surpersonnalisation des débats, d'un côté les « Bertrand il est sympa », « Ségolène elle est fraternelle », « Martine elle est bosseuse » et de l'autre les « Bertrand il est cassant », « Ségolène elle est inconsistante », « Martine elle est dure ». Même l'aile gauche socialiste, soit disant allergique au présidentialisme, croit avoir trouvée en Benoit Hamon une sorte de Barack Obama à la française, une dose de pseudo marxisme en plus. J'ai envie de dire que toutes ces considérations personnelles on s'en fout, l'important étant l'approche que l'on va choisir pour remettre la gauche au travail et transformer la société.

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30 septembre 2008

Pourquoi je soutiens la motion de Martine Aubry

Quand on me demande comment va le PS, je réponds systématiquement par une moue désabusée : « mal ». Soyons honnêtes depuis l’élection de Nicolas Sarkozy la gauche est lamentable. De ce point de vue les victoires municipales et sénatoriales sont un bien pour un mal : elles confortent une baronite électoraliste et donc une opposition de confort, à minima. Car en réalité les socialistes sont pris en tenaille dans une double problématique. Celle commune à la gauche européenne, quel projet socialiste réformiste face au « capitalisme fou » du 21ème siècle ? Celle spécifique à la gauche française, comment sortir du présidentialisme destructeur de la 5ème République ? Celui la même qu’a imposé « de force » François Mitterrand au PS et qui fut fatal à Lionel Jospin. C’est à cette tenaille que doit remédier le PS au Congrès de Reims.

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02 septembre 2008

Le Jacques Chirac du PS

Cette édition 2008 de l'Université d'été du PS est de l'avis des « commentateurs » un échec, mais de quand date la dernière rentrée socialiste de La Rochelle perçue comme un succès ? De mémoire c'était celle de 1997 ou le nouveau Premier ministre Lionel Jospin venait de gagner brillament les législatives en pleine vague rose européenne. Deux mois après François Hollande devenait Premier secrétaire du PS, simple coïncidence ou symbole de son échec immobiliste ? Finalement l'élu corrézien aura été le Jacques Chirac de la gauche. Foncièrement sympathique, cultivant une bonhomie provinciale qui plaît (encore) aux militants socialistes, il a tous les trais du baron radical-socialiste façon IIIème République. Incapable de trancher sur le fond, de donner un sens à son « réformisme de gauche », il fut de toutes les batailles et avec tous les courants du PS pour maintenir le statut quo. La tactique de ce fan de football fut de rester au centre du PS pour être au centre du jeu solférinesque. Ne jamais se faire déborder ni sur son couloir droit, ni sur son couloir gauche. Ne jamais prendre de but quitte à ce que la « vielle maison » socialiste ne marque jamais. Sans être à la même échelle, Hollande a excellé comme Chirac dans la conquête et le maintien au pouvoir, mais pour faire quoi ?

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