Les manifestants pour les Droits de l'homme en
Chine et au Tibet sont accusés de gâcher la fête de l'olympisme à Paris et
ailleurs. En réalité ils ont réhabilité l'humanisme olympique. Les crapules du
CIO se moquent de la dignité humaine et donnent les JO à la plus grande
dictature du 21ème siècle. Les oppresseurs qui dirigent la Chine font la
promotion acharnée de cette dictature nationaliste et répriment dans le sang
toute opposition. Les organisateurs de Pékin 2008 violent l'olympisme en
entourant la flamme d'une gestapo grotesque, en exigeant qu'on ne voit pas de
drapeau tibétain, en se scandalisant d'une banderole pour « les droits de
l'homme dans le monde ». Les autorités françaises ont rivalisé de cynisme,
tandis que l'Europe reste incapable de tenir une position commune forte face à
la Chine. A rebours de la connivence des discours officiels, les citoyens ont
criés l'exigence de la liberté. Peu importe si cela est trop tard, trop tôt,
désorganisé car c'est une opinion forte et légitime. Dans toutes les villes ces
cris sont autant de victoires sur un silence complice. Pour la première fois
les tortionnaires chinois qui roucoulaient sont contrariés. Alors continuons à
crier pour ces peuples qui sont étouffés : Vive le Tibet libre ! Vive les
Droits de l'homme pour les chinois !
Il doit y avoir un service chargé
d'éplucher les faits divers et les avis de décès à l'Elysée. En effet, le
président Nicolas Sarkozy se saisit de tout et de rien, mais surtout des
affaires les plus sordides, il mène la politique du fait divers pour proclamer
la République des victimes. Des victimes sélectionnés, triés sur le volet bien
sûr. La collectivité ne doit pas raisonner en termes de justice, de vérité, de
séparation des pouvoirs mais elle doit crier « réaction ! vengeance
! ». Le président, comme d'autres populistes en Europe, se déclare pro
peine de mort pour les pédophiles. Il fait appel aux sentiments les plus bas,
les plus haineux. Dormez tranquille, de toute façon il n'y a pas à vous
inquiéter, en bon père de famille c'est ce même président qui propose les lois,
vote les lois, applique les lois, maintient l'ordre et rend la justice. C'est
le pouvoir total, personnifié dans un rapport bonapartiste, direct et permanent
avec l'opinion.
Il y a quelques semaines lors d'un débat informel
sur la Chine avec deux adhérents de l'UMP, l'un me déclarait que l'état des
droits humains et sociaux dans ce pays n'avait que peu d'importance. L'autre me
disait que ça n'était pas grave « tant qu'ils travaillaient... ». On
expose le miracle économique chinois comme un modèle. On pavoise quand la
France passe des contrats commerciaux avec la Chine. Pourtant le régime de la
République populaire est bien une dictature violente. L'absence démocratique
est empiré par des tensions et des inégalités sociales grandissantes. Nous
devons nous en préoccuper.





