La campagne électorale pour l'élection
présidentielle de 2012 est lancée... de l'autre côté de l'Atlantique. Par un
courriel adressé à son réseau de supporters, Barack Obama a sobrement annoncé
qu'il briguait un second mandat de président des États-Unis d'Amérique
« Aujourd'hui nous remplissons les formulaires pour lancer notre campagne
de 2012 ». L'argument avancé est celui de l’œuvre politique inachevée
« Nous avons toujours su qu'un changement durable ne serait ni rapide, ni
facile. Ce n'est jamais le cas ». Pour l'heure, les militants démocrates ne
doivent pas (encore) sortir le carnet de chèques. Mais cela ne saurait tarder
dans un contexte politique très clintonien. Du moins en apparences.
« Les fondamentaux des républicains sont
tels, qu'ils ont 20 ans de victoires devant eux ». Voila ce que l'on pouvait
entendre, de la part de nombreux commentateurs, au lendemain de la réélection
de Bush contre Kerry en 2004. On mesure ainsi le chemin parcouru par Obama et
les démocrates depuis. Mais alors que le monde entier se penche sur l'équipe et
la politique du nouveau président, il est pertinent de regarder du côté des
battus : la droite républicaine. Il faut reconnaitre que McCain fut tout en
dignité dans la défaite, contrastant avec une campagne dure et populiste (merci
Sarah Palin). Les « robot calls » annonçant le soutien de Fidel Castro à Obama
la veille du vote resteront dans les anales de l'histoire américaine. Mais
finalement le plus alarmant pour les républicains c'est que même en choisissant
le candidat le plus apte à capter les indépendants, le plus critique des années
Bush, ils ont subit une lourde défaite. Après cette débâcle en 2008, avec le
fiasco du néo-conservatisme, quelle nouvelle synthèse idéologique peuvent
choisir les républicains ?
Ron Paul est un homme politique américain
original, et ce pour deux raisons. En premier lieu, il détient le record de
levé de fonds en une journée sur internet pour une campagne électorale (6,2
millions d'euros). En second lieu, il essaye de ressusciter un courant
politique américain et républicain mort : la droite libertaire. Dans chaque
État ou les primaires républicaines ont eu lieu ce politique iconoclaste a fait
entre 8% et 10% des voix tandis que le vainqueur était par quatre fois
différent. Ces résultats ne sont pas anodins, ils montrent à quel point la
droite républicaine homogène et dominante depuis l'élection de Ronald Reagan en
1980 est hétérogène et divisé sur la gestion de l'après Bush.





