
C'est bien plus qu'un joueur de football
vieillissant, qui vient de signer pour dix-huit mois au Paris Saint-Germain.
David Beckham, 36 ans, est une "marque", exportable bien au -delà de l'Europe
(particulièrement en Asie) pour le club de la capitale française, racheté par
le fonds Qatar Sports Investments (QSI) l'été dernier. Déjà, lors de
ses cinq saisons passées en Espagne, au Real Madrid entre 2003 et 2007, le
natif de la banlieue de Londres aurait rapporté la coquette somme de 440
millions d'euros aux Madrilènes en produits divers. Quasiment six fois le
budget du PSG pour la saison 2010-2011, avant son acquisition par les Qataris.
C'est dire si du côté du Parc des Princes, on est désormais sur une autre
planète financière entraînant, de force, l'ensemble du championnat de France
dans une nouvelle galaxie.
C'est une grande bâtisse typiquement
art-nouveau, tendance anglo-saxonne des années 1930, avec une touche
exotiquement coloniale. Sa façade se veut une représentation des territoires
occupés d’antan, ces terres des Antilles, d'Océanie, d'Afrique et d'Asie. La
Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) se dresse là, coincée
entre les boulevards maréchaux et le périphérique parisien, le vert du bois de
Vincennes et le rouge des immeubles en briques avoisinants. A l’intérieur de la
Cité, au milieu des fresques et des expositions, c'est la colère sociale qui a
pris ses quartiers. Depuis début octobre, 500 travailleurs sans-papiers
occupent symboliquement le hall d'entrée de la CNHI. Leur revendication ? La
régularisation de 6804 travailleurs franciliens qui sont en grève depuis plus
d'un an, soutenus par le syndicat CGT. Une grève oubliée.
« Le PSG, tu te fais chier 90 minutes, et
puis ensuite tu rêves pendant une semaine ». Les pathétiques errements
sarkozystes de l'ex-Nul Dominique Farrugia n'ont pas altéré sa drôlerie. Oui,
être supporter du PSG c'est s'infliger une souffrance footballistique larvée et
une détestation généralisée. Car l'arrogante agressivité du club de la capitale
démultiplie la motivation des formations provinciales pour battre les « parigos
». Pendant ce temps l'ennemi olympien a créé une empathie tous azimuts sur un
seul exploit (la Ligue des Champions 1993) et un bouillonnement populiste
continue. Mais le supporter du PSG s'en fout car il sait que pendant la piteuse
décennie 1998-2008 sur le plan du jeu, le PSG a ajouté cinq lignes à son
palmarès quand les sudistes ne glanaient qu'une minable Coupe Intertoto.
Pauleta a il est vrai sauvé le PSG du déshonneur décanal avec son
impitoyabilité dans les 18 mètres et Dhorasso a eu la bonne idée de planter son
seul pion sous le maillot bleu et rouge en finale de la Coupe de France 2006
face à... l'OM.
Croix imposante, prêtres en tenus, hauts
parleurs et chants pieux... c'est le défilé chrétien pour le moins démonstratif
qui a lieu tous les dimanches dans le parc de Bercy à Paris. Le tout est
organisé par la paroisse adjacente de Lachambaudie, réputé comme étant l'une
des plus conservatrices de la capitale. Ce prosélytisme régulier et agressif
dans un lieu public (surement pas un cas isolé en France) constitue une
atteinte banale mais avérée au principe de laïcité car contraire à l'article 28
de la loi de 1905 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun
signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement
public que ce soit (...) ». L'absence de réactions à ce genre de cérémonies
démontre l'emprise encore forte de la culture catholique sur la sphère publique
française. Imaginez les exclamations si une Synagogue ou une Mosquée organisait
pareil évènement dans un espace public à Paris ! La laïcité est précieuse,
moderne et essentielle pour la conscience individuelle et la vie collective, il
faut donc continuer à la faire respecter, même dans la banalité du
quotidien...
Les manifestants pour les Droits de l'homme en
Chine et au Tibet sont accusés de gâcher la fête de l'olympisme à Paris et
ailleurs. En réalité ils ont réhabilité l'humanisme olympique. Les crapules du
CIO se moquent de la dignité humaine et donnent les JO à la plus grande
dictature du 21ème siècle. Les oppresseurs qui dirigent la Chine font la
promotion acharnée de cette dictature nationaliste et répriment dans le sang
toute opposition. Les organisateurs de Pékin 2008 violent l'olympisme en
entourant la flamme d'une gestapo grotesque, en exigeant qu'on ne voit pas de
drapeau tibétain, en se scandalisant d'une banderole pour « les droits de
l'homme dans le monde ». Les autorités françaises ont rivalisé de cynisme,
tandis que l'Europe reste incapable de tenir une position commune forte face à
la Chine. A rebours de la connivence des discours officiels, les citoyens ont
criés l'exigence de la liberté. Peu importe si cela est trop tard, trop tôt,
désorganisé car c'est une opinion forte et légitime. Dans toutes les villes ces
cris sont autant de victoires sur un silence complice. Pour la première fois
les tortionnaires chinois qui roucoulaient sont contrariés. Alors continuons à
crier pour ces peuples qui sont étouffés : Vive le Tibet libre ! Vive les
Droits de l'homme pour les chinois !
C'est le triomphe du chiraquisme. Après
la « claque » des élections municipales (terme utilisé par un élu anonyme mais
lucide de l'UMP), Nicolas Sarkozy et ses valets semblent sombrer dans les mêmes
travers que Jacques Chirac : dénie des résultats électoraux, surdité politique,
grands discours « gaullistes » creux, replis sur la forteresse élyséenne,
remaniements de façade. Reste qu'il n'y pas de fusible à Matignon, car le
conservatisme provincial bon teint de François Fillon est la dernière valeur
refuge de la majorité. L'autre différence est que Nicolas Sarkozy persiste à
fleureter avec l'extrême droite en faisant des « coups » très agressifs sur les
questions d'immigration et de sécurité. Si il se lance sur le terrain
économique et (anti) social, l'attente et les injustices sont tels qu'il risque
des mouvements sociaux massifs. Comme Jacques Chirac en son temps.
Sans doute la majorité de ceux qui ne vivent
pas dans le 12ème arrondissement de Paris ne connaissent toujours pas Michèle
Blumenthal. Pour la plupart des médias c'était « la candidate socialiste » ou «
la maire sortante socialiste » qui se présentait face au transfuge du siècle
Jean-Marie Cavada. A l'heure des petites phrases saignantes, des parachutages
clinquants, de la communication outrancière, Michèle Blumenthal est une
exception. A l'image de cette soirée de présentation de la liste municipale «
Un temps d'avance pour le 12ème ». Quelques journalistes lui pose des questions
et y répondre semblait être pour elle au mieux lassant, au pire un fardeau.
Tout au long de la campagne, alors qu'on l'interrogait souvent sur telle ou
telle polémique elle répondait innocemment « est ce que je peux vous parler de
mon projet pour le 12ème ? ».
Ce
samedi matin il fait un froid polaire sur le marché à Cours de Vincennes dans
le 12ème arrondissement de Paris. Jean-Marie Cavada arrive, visage fermé, ton
sec, même pas bonjour. L'ambiance est glaciale, plusieurs militants socialistes
et communistes le taquine. Une personne de l'UMP tend un tract, « je ne
vote pas pour les traîtres ! » lui répond un passant. Monsieur Cavada
s'énerve contre les militants de gauche, il dénonce confusément : les
logements, la Mairie, les socialistes ... pour rebrousser chemin,
visiblement vexé. Les militants UMP sont décontenancés, l'une demande inquiète
au téléphone « elle va venir la ministre ? » (Christine Lagarde). Il
est comme ça Jean-Marie Cavada à la fois hautain et glacial.





