Les bombes et les missiles israéliens pleuvent
sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion
guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le
flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur
absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui
pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix
au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying
contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre
pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de
s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des
plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont
le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la
justice en temps de guerre.
« Pluie d'été » contre « Plomb
durci ». Les noms des opérations militaires de Tsahal changent,
la folie guerrière reste. Les similitudes avec le conflit du Sud Liban en 2006
sont démoralisantes. La pratique de la terreur meurtrière par les tirs de
roquettes (hier du Hezbollah aujourd'hui du Hamas), les représailles d'une
violence inouïe par l'armée israélienne. Entre les deux, les
gazaouis, appauvrient par les uns pour être tués par les autres. Le
blocus, l'enclavement entre l'Égypte et Israël, le conflit Hamas / Fatah, la
guerre maintenant, tout consacre l'agonie de Gaza tout autant que la
désagrégation de l'unité palestinienne. Le Hamas pourtant affaiblit depuis son
arrivée au pouvoir, se retrouve revigoré par cette guerre. Plus simple de jouer
les martyrs terroristes en temps de guerre, que de redistribuer les richesses
et dialoguer pour faire la paix. La disproportion belliciste de Tsahal est tout
aussi alarmante. Les extrémistes va-t-en guerre israéliens comme palestiniens
semblent avoir des intérêts communs à ce conflit meurtrier.
Le
31 juillet 1914, Jean Jaurès père du socialisme humaniste français est
assassiné au Café du croissant. Le militant de la droite nationaliste
Raoul Villain anéanti l'espoir de la paix en tuant Jaurès. Les socialistes
se rallient à l'Union sacrée, la guerre commence trois jours pus tard. Le 14
janvier 2007, presque 100 ans après la mort du géant Jaurès, le petit Sarkozy
champion de cette droite haineuse cite à trois reprises le
socialiste dans son discours d'investiture autocratique en se demandant
"pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Jaurès ?". Espérons que Jean
Jaurès n'entende pas la voix de cette droite sarkozyste, cette droite
décomplexée qui assassine l'esprit du socialisme jauressien.
Malmenés, démentis, piétinés
ceux qui réclament et qui agissent pour la paix au Proche Orient. La situation
tant au Liban que dans la bande de Gaza s’empire de jour en jour, tandis que
l’espoir de la paix diminue de façon inquiétante. Je pense à ces camardes
progressistes, palestiniens et israéliens, qui se seraient la main il y a huit
mois de cela avec l’ambition d'une paix juste pour toutes les populations du
Proche Orient. Je pense à mes ami(e)s libanais, qui travaillaient dur pour
enfin vivre en paix et en liberté dans leur pays. Tous ces espoirs, toutes ces
ambitions, sont aujourd'hui réduient en cendres par le fracas des canons et les
tirs de missiles. Certains, à la lecture des réflexions, céderont à la
classification facile et fausse de pro-arabe ou pro-israélien. Mais face à
l'oppression envers les plus faibles, face aux extrémistes de tous bords, ceux
qui ont du sang sur les mains comme sur leurs consciences nous devons ensemble
choisir qu’un seul camp : le camp de la paix et de la justice.
Comme vous le savez une
catastrophe extrêmement violente a touché l'Asie du sud-est le 26 décembre
2004. Les pays victimes du tsunami consécutif aux tremblements de terre sont
nombreux : l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, L'inde, le Bangladesh, le
Myanmar (la Birmanie) et la Somalie. Selon le premier secrétaire de l'ONU
Monsieur Annan (intervention du 11.01.2005) le bilan final pourrait avoisiner
plusieurs centaines de milliers de morts et un nombre indéterminable blessés.
Néanmoins il faut rester prudent quand aux termes qualificatifs de cette
tragédie. On ne peut parler de " catastrophe du siècle " alors que celui ci n'a
historiquement commencé que depuis 4 ans. Le traitement médiatique de cet
évènement est révélateur de l'ambiguïté de l'occident face aux tragédies du
monde.





