
Entre deux tours des primaires
citoyennes organisées par le Parti socialiste en France. Face à face, Martine
Aubry, mairie de Lille, et François Hollande, député de Corrèze. Mais quelle
place pour l’Europe dans des débats souvent très nationaux ? Les deux candidats
revendiquent l’héritage européen de Jacques Delors, président (emblématique) de
la Commission européenne de 1985 à 1994, l’une comme "fille de", l’autre comme
ex président du delorien Club témoin. Pour ce second volet, Euros du
Village analyse les propositions de l’ancien Premier secrétaire du PS.
Entretien avec l’eurodéputé Stéphane Le Foll, vice-président du groupe des
socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, en charge de
l’animation de la campagne de François Hollande..
Entre deux tours des primaires
citoyennes organisées par le Parti socialiste en France. Face à face, Martine
Aubry, mairie de Lille, et François Hollande, député de Corrèze. Mais quelle
place pour l’Europe dans des débats souvent très nationaux ? Les deux candidats
revendiquent l’héritage européen de Jacques Delors, président (emblématique) de
la Commission européenne de 1985 à 1994, l’une comme « fille de », l’autre
comme ex président du delorien Club témoin. Pour ce premier volet, Euros du
Village s’est entretenu avec Pervenche Berès eurodéputée reconnue, chargée
des questions européennes dans la campagne de Martine Aubry.
Jadis Joseph Staline gommait Léon
Trotsky des photos, aujourd'hui Martine Aubry efface François Hollande des
textes. Lors de la Convention nationale du projet socialiste, le 28 mai dernier
à Paris, l'actuelle Première secrétaire du PS convoque le passé et cite ses
prédécesseurs présents dans l'assistance : « Sont la ceux qui représentent
pour nous l'essentiel, c'est-à-dire les fondations de notre parti : Pierre
Mauroy, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Henri Emmanueli, qui ont porté notre
parti et qui ont toujours gardé les principes et les valeurs qui sont les leurs
(...) ». Manque à cette liste éléphantesque, François Hollande pourtant
assis au premier rang dans le public. Consciemment ou inconsciemment la maire
de Lille fait ainsi table rase du passé hollandais du Parti socialiste. Le
député de Corrèze, lui, assume les « réussites » et les
« échecs » de cette période, mais relooké, amaigri et gominé, il abat
la carte du changement, porté vers 2012 par des vents sondagiers favorables.
C'est oublier les dix piteuses de la rue de Solférino, de 1997 à 2008.
Rose sur rose, rien ne bouge. Six sièges
socialistes de conseillers généraux en jeu, six cantons qui restent à gauche.
Avec ce grand chelem à Nantes, le PS transforme l’essai lors du second tour des
cantonales. Le sarkozyste Xavier Fournier (28 ans), candidat sur le canton de
Nantes-1, appelait pourtant à « s’opposer à Jean-Marc Ayrault, qui tire les
ficelles sur le territoire », tendant même la main aux écologistes. Un échec.
C’est la candidate PS Fabienne Padovani qui l’emporte, avec 53,45 % des
suffrages. Les cantons nantais n° 7 et n° 9 sont une formalité pour la gauche.
Les socialistes Pascal Bolo et Catherine Touchefeu sont largement réélus, avec
plus de deux tiers des voix.
Cantonales tests pour la gauche à
Nantes, avec six cantons roses dans la balance. Cinq conseillers généraux
socialistes remettaient leur mandat en jeu dimanche dernier, tandis que la
succession de Patrick Mareschal, par ailleurs futur ex-président du conseil
général de Loire-Atlantique, se décidait dans le 11e canton de Nantes. Et les
choses se présentent plutôt bien pour sa dauphine désignée, Johanna Rolland,
avec 41,46 % des suffrages au premier tour. Un large réservoir de voix
écologistes (Europe écologie-Les Verts confirme son bon score des régionales à
Nantes) devrait conduire à son élection dimanche prochain.
10 Juin 1998, Clairefontaine, avant veille du
premier match des bleus à la Coupe du monde. Aimé Jacquet, alors coach très
décrié de l'équipe de France de football, délivre sa causerie d'avant match.
Tel un père s'adressant à son fils, il interpelle Robert Pirès :
« Muscle ton jeu ! muscle ton jeu Robert ! ». Le futur joueur de
l'OM, bien que très technique, est trop peu physique au milieu d'une cohorte de
joueurs évoluant dans le calcio italien (Blanc, Boghossian, Candela, Desailly,
Deschamps, Djorkaeff, Thuram, Zidane). Jacquet renchérit : « Si tu ne
muscles pas ton jeu, fait attention. Je t'assure, tu vas voir, tu vas avoir des
déconvenues par ce que tu es trop gentil ». Un avertissement qui pourrait
s'adresser à Dominique Strauss-Kahn, actuel meneur de jeu du Fonds monétaire
international (FMI) et hypothétique attaquant de pointe du Parti socialiste
(PS).
Faut-il accorder du crédit aux propos de
Manuel Valls au regard de son poids politique ? « Nous devons
déverrouiller les 35 heures », le roquet d’Évry parle tel un Jean-Marie
Bockel de la nouvelle décennie. Un blairisme outrancier chevillé au corps
couplé à une influence proche de zéro au sein du PS - le curriculum vitae
parfait pour entrer au gouvernement. En 2005, lors du congrès du Mans, le
sénateur Bockel (Haut-Rhin) réalisait 0,7% avec sa motion « Pour un
socialisme libéral : vérité et action ». Manuel Valls pourra difficilement
plonger aussi profond - quoique - mais la réalité est la même. Il n'a pas pas
d’ancrage militant et peu de rayonnement idéologique. Reste le bruit (et
l'odeur) médiatique. Et le député de l'Essonne, né à Barcelone, compile ses
saillies droitières comme Xavi Hernández distille ses passes chez les
Blaugranas. Au millimètre.
Séducteur, Dominique Strauss-Kahn l'a toujours
été. Dans tous les sens du terme. Charismatique et brillant sur le plan
intellectuel, indéniablement DSK l'est. L'anecdote raconte qu'en 1996 il
inventa pour la gauche les 35 heures et les emplois jeunes... sur un coin de
table. En 2002 il publia La Flamme et la Cendre, aggiornamento
socialiste le plus bandant de ce début 21e siècle - qui a d'ailleurs motivé
l'engagement de nombreux strauss-kahniens. L'ancien pilier de la dream team de
Lionel Jospin surfe sur des vagues de sondages outrancièrement favorables.
Pourtant Kahn do pourrait bien boire la tasse lors de la session présidentielle
de 2012. En cause, son éloignement des messes basses du PS, son positionnement
politique et son déficit de fibre populaire.





