Bonnet enfoncé sur la tête, barbe de trois jours trahissant un tropisme boboïsant et l'Huma Dimanche fièrement mis au devant de la poitrine. Sur un marché parisien, ce militant communiste, la trentaine, a l'assurance et le calme de ceux dont les convictions sont inébranlables. Cet idéalisme quasi-béa n'empêche en rien l'ultra-réalisme électoral, au contraire : « Il faut être honnête, le Parti de gauche nous sert juste a grappiller les 1 ou 2 points qui nous manquent pour être sûr d'être au dessus de la barre des 5% ». Après une pause, il poursuit : « Ce sont rien d'autre que des chieurs, il faut voir comment ils nous ont emmerdé pour les listes aux régionales, résultat c'est un bordel incompréhensible ». Depuis sa création en février 2009, le Parti de gauche (PG) a fait de « l'union de l'autre gauche » la mère de toutes les batailles. Dans les faits, partout ou il passe, la gauche radicale – et même la gauche tout court – est encore un peu plus morcelée.