Nous sommes en 2011, toute l'Union
européenne est dirigée par des capitalistes… Toute ? Non ! Car une
île peuplée d'irréductibles collectivistes résistent encore et toujours à
l'impérialisme et au capitalisme. La République de Chypre, ses 780 500
habitants, sa superficie proche de celle de la Corse… et son pouvoir
communiste. Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et son poing auréolé
d'un marteau, dominent depuis une décennie la scène politique de Chypre, l'île
au drapeau orné de deux branches d’oliviers et d'une carte couleur cuivre. Le
président Dimitris Christofias, élu aux élections présidentielles de février
2008, est le seul et unique chef d’État communiste au sein de l'Union
européenne. Un vestige soviétisant au milieu de la Méditerranée.
Bonnet enfoncé sur la tête, barbe de
trois jours trahissant un tropisme boboïsant et l'Huma Dimanche fièrement mis
au devant de la poitrine. Sur un marché parisien, ce militant communiste, la
trentaine, a l'assurance et le calme de ceux dont les convictions sont
inébranlables. Cet idéalisme quasi-béa n'empêche en rien l'ultra-réalisme
électoral, au contraire : « Il faut être honnête, le Parti de gauche nous
sert juste a grappiller les 1 ou 2 points qui nous manquent pour être sûr
d'être au dessus de la barre des 5% ». Après une pause, il poursuit :
« Ce sont rien d'autre que des chieurs, il faut voir comment ils nous ont
emmerdé pour les listes aux régionales, résultat c'est un bordel
incompréhensible ». Depuis sa création en février 2009, le Parti de gauche (PG)
a fait de « l'union de l'autre gauche » la mère de toutes les
batailles. Dans les faits, partout ou il passe, la gauche radicale – et même la
gauche tout court – est encore un peu plus morcelée.
Le Parti communiste à bien changé et on ne s'en rend pas compte. La
candidate Marie-George Buffet se définit comme celle de la gauche populaire et
antilibérale, le terme communiste n'est que peu présent.. Le rouge typographié,
le souffle des affiches d'hier à laissé place à la multiplicité des couleurs et
à un côté réaliste, proche du peuple (qui allait de soit auparavant). Se ne
sont pas seuls des communistes qui ont fait le programme mais aussi "des
socialistes, des associatifs, des écologistes" disent les tracts. La lutte des
classes, la dictature du prolétariat a laissé place à la lutte (légitime)
contre le libéralisme, à la sauvergarde du communisme municipal et
parlementaire. Le contraste est vif entre les troskistes et les socialistes qui
ont connu le grand PCF hégémonique à gauche et nous qui voyons ce parti au
mieux comme un simple allié, au pire comme une nostalgie pereclitante. Oui le
Parti communiste à bien changé mais la question est arrivera t'il à se
transformer ?
Depuis bientôt un an,
un nouvel ensemble politique a fait son apparition la gauche dite
"antilibérale". Dénomination portée par ceux qui la compose et reprise comme
norme étymologique par l'ensemble des médias. L'origine du terme est
l'altermondialisme qui dénonce (à juste titre) le néolibéralisme mondialisé.
L'acte fondateur est la victoire du Non au référendum qui délimiterait une
tranchée entre la gauche antilibérale et le reste de la gauche qui serait
social-libérale. Or la vérité est que ce terme de gauche "antilibérale" est
totalement faux comme inadapté pour définir cette autre gauche. L'étude des
forces politiques qui la compose, des idées qui l'anime et de la réalité
politique de la gauche le démontre pleinement.





