Naviguer dans les eaux glacées de
l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose
mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une
course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans
le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers
japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans
coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles
Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre
cette aventure de l'intérieur à bord de l'Esperenza, l'un des navires de
l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement
racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque
de portraits.
Les bombes et les missiles israéliens pleuvent
sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion
guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le
flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur
absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui
pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix
au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying
contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre
pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de
s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des
plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont
le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la
justice en temps de guerre.





