Tout commence sur un terrain de handball à 500 mètres du Camp Nou, le "nouveau stade" qui a remplacé en 1957 le "vieux stade" (Camp Vell) au sud-ouest de Barcelone. Des gamins jouent au foot à cinq contre cinq, coincés entre les imposants bâtiments qui jouxtent l'Avinguda Diagonal. Comme tous les enfants du monde ? Non. Ailleurs les footballeurs en herbe privilégient le dribble permanent ou la frappe perpétuelle, les petits Catalans, eux, passent, remisent puis passent. Sans relâche. Une musique, un ballet sans fioritures où le mouvement est permanent et le relâchement presque irritant. C'est cette insouciance récréative matinée de rigueur collective que l'on retrouve quatre heures plus tard sur le pré du Camp Nou, cathédrale footballistique de 99 354 places.