Blog de Thibault Dumas

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Tag - Nicolas Sarkozy

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11 mai 2011

Le PS, nègre de Nicolas Sarkozy

Lingolsheim, charmante bourgade alsacienne limitrophe de Strasbourg. Le temps est maussade en ce mardi 8 décembre 2009, mais Nicolas Sarkozy est d'humeur goguenarde. Devant un parterre de 500 militants UMP, entourés de caciques gouvernementaux, le président de la République tacle la gauche à la carotide (à huis clos) « Vous savez, au fond, ce qui manque au Parti socialiste, c'est un directeur des ressources humaines. Ils ont des talents, ils ne savent pas s'en servir. Franchement. Donc, j'ai choisi d'être leur directeur des ressources humaines ». La graveleuse boutade n'est pas nouvelle. Le locataire de l'Elysée s'y était essayé lors de l'université d'été du MEDEF qui suivait son élection, alors que l'ouverture à gauche battait son plein. La Conquête, pour reprendre le titre du film de Xavier Durringer, c'était il y a quatre ans. Une éternité. Désormais le PS est le nègre de Nicolas Sarkozy. L'UMP vient d'éditer un éblouissant tract sur le sarkozysme en (ré)action intitulé "La République qui protège, la République qui agit", ouvrage dithyrambique de 76 pages à l'appui. La campagne socialiste (perdante) pour les législatives de juin 2007 s’intitulait "La gauche qui protège, la gauche qui agit".

06 mai 2011

France-Italie : l’abécédaire de la (més)entente

« Les Italiens sont des Français de bonne humeur » disait Jean Cocteau. Le 26 avril dernier, à Rome, lors du vingt-neuvième sommet franco-italien, cette bonne humeur se lit sur les visages du président de la République Nicolas Sarkozy comme du président du Conseil Silvio Berlusconi. Le traité de Schengen ? A réviser disent d’une seule voix les deux chefs d’États. L’OPA du groupe français Lactalis sur l’italien Parmalat ? Les deux pays souhaitent « créer de grands groupes internationaux franco-italiens, italo-français » répond Silvio Berlusconi. La candidature de l’Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) ? « Nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, nous le soutenons parce que c’est un homme de qualité » affirme Nicolas Sarkozy. Un numéro digne des plus grandes heures de la commedia dell’arte. Derrière les masques politiques, de nombreux achoppements entre les deux cousins transalpins. Petit abécédaire.

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04 février 2011

Informez-vous !

110. C'est le nombre d'essais politiques qui furent consacrés à Nicolas Sarkozy au cours des quatre mois qui ont suivi son arrivée à l’Élysée. 2435. C'est la somme des ouvrages référencés à ce jour pour les termes "Nicolas Sarkozy" par un fameux (et fumeux) site de commerce en ligne. A la surface de cet amas littéraire gargantuesque flotte un petit livre blanc. Point de Stéphane Hessel à la plume, mais un mystérieux envoyé spécial au Sarkozistan. Premier livre édité par Arrêt sur images, en partenariat avec Le Publieur, Crise au Sarkozistan tient autant des Monty Python que du Canard enchainé. 96 pages d'un soyeux mélange fait de journalisme d'investigation et d'un humour au second degré foncièrement anglo-saxon. La lucidité corrosive de notre reporter - enrichie par les illustrations drôlissimes du dessinateur Mor - nous donne beaucoup à apprendre sur le Sarkozistan. Un voyage stupéfiant.

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25 avril 2010

Le vrai Villepin

L'homme de gauche ne déteste pas Dominique de Villepin. Il éprouve une vielle empathie pour l'ancien ministre des Affaires étrangères. Elle est née le 14 février 2003 dans l'enceinte guindée du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce jour la, l'éloquence chevaleresque de Galouzeau de Villepin fit mouche face aux velléités pétrolo-guerrières de Bush fils en Irak : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix ». Derrière la vulgate gaulliste anachronique, le plaidoyer pacifiste et multilatéraliste ne pouvait que plaire à l'homme de gauche. Une empathie encore amplifiée par la haine d'un Nicolas Sarkozy voulant pendre Villepin « à un crochet de boucher ». C'est oublié la vie et l'œuvre de Dominique de Villepin, qui n'ont rien de progressiste ou de morale.

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29 octobre 2009

Le rapport Attali aux oubliettes

Le rapport de la commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali va fêter ses 2 ans en janvier 2010. Dans l'indifférence la plus totale. 6 mois de travaux, 43 membres, plus de 450 personnes auditionnées, 245 pages de rapport. Pour un résultat nul. Aucune des 316 « décisions fondamentales » n'a été explicitement reprise, a quoi bon puisque il s'agit d'un « ensemble cohérent » dans lequel on ne peut « picorer ». Le processus était biaisé dès le départ. Une commission sans aucune légitimité démocratique et républicaine excepté le bon vouloir de Nicolas Ier (Attali lui-même n'a jamais affronté le suffrage universel). Un cénacle rassemblent la crème de la crème des élites biberonnéss au libre-marché (« ceux qui savent »). Des conclusions passéistes : sous les traits d'un futurisme de pacotille, une note ultra-libérale salée. Mais combien a couté ce « mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices » ? Difficile à estimer, le Sénat ayant mis à disposition ses locaux pour les travaux de la commission. Par contre tout le bénéfice est pour Jacques Attali. 100 000 euros d'à valoir pour l'édition papier du rapport et un peu plus pour son égo. Son business quasi-raëlien de prédiction économique et technologique peut continuer.

15 mars 2009

La gauche percutante sur les libertés

Le PS est à la politique ce que le PSG est au football : on adore le détester. Alors quand la « vielle maison » socialiste fait de la politique de façon percutante il faut le souligner. C'est le cas de l'ouvrage « La France en libertés surveillés » (le télécharger). Du côté des conservateurs on s'époumone, un « tract » (Jean François Copé) venant d'un « groupuscule d’extrême gauche » (Frédéric Lefebvre). Coordonné par Marie-Pierre De La Gontrie, ce livre est bien écrit, factuel et argumenté. Il donne une lecture globale à une kyrielles d'événements révoltants, déconnectés (en apparence) les uns des autres. Il démontre méthodiquement comment le sarkozysme fait reculer les libertés et corsète la société. C'est aussi une rénovation de la pensée du PS en matière de libertés publiques, rompant avec la logique « chevènementiste » voir sécuritaire du colloque de Villepinte en 1997. Ce livre incarne l'opposition de gauche telle qu'elle devrait être en permanence. En mouvement.

03 décembre 2008

Soutien au collectif citoyen Libre écran

Parfois, il est utile de relire la Déclaration des droits de l'Homme du Citoyen de 1789. Son article 11 garantit la liberté et la pluralité d'opinion : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ». Ce principe est aujourd'hui remis en cause dans le domaine de l'audiovisuel. Des pratiques politiques qui nous paraissaient scandaleuse, il y a quelques temps encore, en Italie voir en Russie, se dévellopent maintenant en France : mis à mal de l'accés à l'information, limitation de l'indépendance des médias, hyper-concentration des pouvoirs médiatiques, soutien aux grands groupes « amis » et au tout marchand, reprise en main politique et lynchage du service public audiovisuel. Ce dernier point est déterminent, les citoyens peuvent et doivent se mobiliser pour « leur » service public audiovisuel. C'est pour mener ce combat que se créer Libre écran, le collectif citoyen pour la défense de l'audiovisuel public. Les fondements démocratiques et culturels de notre société sont en jeu, alors agissons (lire l'appel).

11 mai 2008

Le 6 mai date maudite

« On ne tire pas sur une ambulance » avait dit François Giroud. On ne devrait donc pas tirer sur un Navire hôpital qui coule, c'est à dire la présidence de Nicolas Sarkozy après un an d'exercice. L'avocat zélé et populiste d'une rupture néo-conservatrice en France s'est transformé en vendeur de télé achat du tout et n'importe quoi réformiste sur la forme et de la liquidation inégalitaire sur le fond. Le hasard veut que dans l'histoire des démocrates, républicains et autres progressistes le 6 mai soit une date sombre. Le 6 mai 1682 Louis XIV s'installe à Versailles, le monarchisme de l'Ancien régime est à son zénith, opulent pour les nobles et oppressant pour le Tiers état. C'est un 6 mai 1941 que Joseph Staline prend la tête de l'URSS, les espoirs de la révolution bolchévique sont définitivement balayés et la dégénérescence dictatoriale du régime soviétique totale. Dans ces deux régimes dictatoriaux les forces démocratiques mirent respectivement 107 ans et 50 ans à gagner la bataille. Bien sûr Sarkozy n'est pas un dictateur ou un fasciste reste que dans l'apogée ou le crépuscule du sarkozysme l'opposition de gauche commet toujours la même facilité. Elle se place toujours par rapport à ce dernier et ne parle pas d'elle même aux citoyens, de son projet alternatif... et court le risque de ne jamais devenir majoritaire, elle.

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