Balade dans le centre de Paris l'autre jour. Au détour d'une rue une foule sur une petite placette. Des drapeaux tricolores, des cheveux blancs en masse, des crânes rasés pour les plus jeunes. Cela ressemble à une manifestation d'extrême droite. Des cris haineux bien qu'un peu forcés. Une voix étrangement familière. Une estrade avec un grande banderole « Constitution trahison ! ». C'est le vieux facho et son acolyte : Jean-Marie Le Pen et Bruno Golnisch. Ce n'est pas la forme des grands soirs d'avril ou on fait trembler la France. C'est le spectacle pathétique d'une fin de règne de celui qui a réussi à rassembler l'extrême droite pour en faire une force politique majeure. Bien sûr il y a la question de la succession. Le danger existe a travers Marine Le Pen que se refonde un grand parti national-populiste en recherche de respectabilité et d'alliances avec la droite. Cela dépendra de l'aile sectaire du FN. Mais c'est plus son problème au vieux facho. Certes il a perdu électoralement et financièrement, mais il a l'air
satisfait : il a gagné idéologiquement puisque son national-populisme
s'est dissout dans le sarkozysme triomphant.
Le
temps est à la nation. Henri Guaino refait avec Nicolas Sarkozy le coup du
nationalisme cocardier voir du néocolonialisme comme jadis le duo
Garaud-Juillet l'avait fait avec Jacques Chrirac. Il y a six mois, Ségolène
Royal dégaine (à la stupéfaction générale) le drapeau tricolore, la
Marseillaise et rengaine le drapeau européen comme l'Internationale. Même le
rugby sport collectif et solidaire par essence, est réduit à un magma de
chauvinisme par le rouleau compresseur TF1. Le temps est à la nation et au
nationalisme. Il faut donc plus que jamais parler d'Europe et porter un nouvel
idéal européen : progressiste, social et démocratique.
La génération
de nos grands parents a était celle de la construction de l’Europe de la paix
pour endiguer les haines et les nationalismes. La génération de nos parents est
celle qui à modeler l’Europe économique pour plus d’intégration et de
stabilité. C’est à notre génération qui l’appartient de construire l’Europe
démocratique et sociale. Pour le moment, il existe un véritable fossé politique
et informatif entre la vie européenne et nos vies locales. La télévision est
sorti d’un nationalisme de façade pou renter dans un chauvinisme latent. Les
journaux informent sur l’actualité de l’Europe et du monde mais ils restent
l’apanage des élites intellectuelles. Globalement la sphère informative
surmédiatise les nouvelles nationales mineures voir sans intérêts et délaisse
l’information européenne et internationale. C’est par la réappropriation des
peuples du projet européen que pourra se créer une véritable communauté
solidaire et multiculturelle.
Ce n’est plus
une option c’est une nécessité. Sorti d’un nationalisme de façade, la
télévision est rentrée dans un chauvinisme latent. Il suffit de se brancher sur
les réseaux d’informations hertziens pour s’en rendre compte. Le média
cathodique est franco centré à outrance. Surmédiatisant des nouvelles
nationales mineures voir sans intérêts, délaissant l’information européenne et
internationale. Tout en précisant ce constat , il faut démonter pourquoi cette
ouverture internationaliste est nécessaire et comment elle peut se mettre en
place.
La première
image choquante de ce 29 mai 2005 ne fut pas la joie des partisans du non à
l’annonce de cette victoire (réaction compréhensible) mais les drapeaux
français qui volaient chez les partisans de la droite souverainiste comme chez
les tenants du non de gauche. Les premiers mots qu’a eut Monsieur Emmanuelli
étaient « nation » et « France » mais n’est ce pas de l’Europe dont il
s’agissait ? C’est une lourde responsabilité qu’ont prit les partisans du non
de gauche en disant qu’on pouvait renégocier mieux, qu’on pouvait renégocier
plus progressiste. C’est une lourde responsabilité que vous avez prit face à la
gauche européenne, face au monde et face à l’histoire. Tout en prenant acte que
la ratification du traité continue en Europe il faut bien noter à quel point ce
vote massif contre le traité constitutionnel peut être porteur de désillusions
ou de fausses illusions quand à l’avenir de l’Union.





