Qui connaît Philippe Poutou ? Personne ou
presque. Dans l’indifférence générale, aux premiers jours de l'été, cet ouvrier
Girondin de 44 ans a été choisi pour porter les couleurs du Nouveau parti
anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle de 2012. Une intronisation
teintée de scepticisme au sein même de la formation trotskiste. Un quart des
délégués du parti n'ont pas pris part à ce vote de désignation à Nanterre les
25 et 26 juin dernier, tandis qu'un autre quart s'est opposé à cette
candidature. Un embarra dut à la défection de dernière minute du postier rouge
Olivier Besancenot, « Ça aurait été plus simple que ce soit encore
Olivier, il est très populaire » a résumé Alain Krivine, pilier de
l’extrême gauche et de l'ex LCR. Car si Philippe Poutou, syndicaliste CGT chez
Ford, a l'aura du sans grade altruiste, sa candidature est porteuse
d'ostracisme. Preuve que le NPA se meurt déjà à petit feu.
L'extrême gauche trotskiste, exception
politique française, est-elle en train de changer ? La LCR s'adapte à l'ère de
la personnalisation et de la communication politique aiguë en se transformant
en NPA. Lutte ouvrière change de visage. Certes, LO diffuse toujours les mêmes
affiches sépia à base de rouge, de noir et de jaune. Mais point de Arlette
Laguiller sur les murs des villes. Une nouvelle photo remplace celle de la
« petite fiancée de Trotski ». Celle de Nathalie Arthaud, 39 ans,
nouvelle égérie de la très fermée Union communiste (véritable nom de LO). Car
même si Arlette Laguiller a du mal a lâcher le job et son parti l'aura
médiatique qui va avec, elle est bien la nouvelle porte-parole du parti
trotskyste depuis décembre 2008.
Depuis bientôt un an,
un nouvel ensemble politique a fait son apparition la gauche dite
"antilibérale". Dénomination portée par ceux qui la compose et reprise comme
norme étymologique par l'ensemble des médias. L'origine du terme est
l'altermondialisme qui dénonce (à juste titre) le néolibéralisme mondialisé.
L'acte fondateur est la victoire du Non au référendum qui délimiterait une
tranchée entre la gauche antilibérale et le reste de la gauche qui serait
social-libérale. Or la vérité est que ce terme de gauche "antilibérale" est
totalement faux comme inadapté pour définir cette autre gauche. L'étude des
forces politiques qui la compose, des idées qui l'anime et de la réalité
politique de la gauche le démontre pleinement.





