Bruno Le Maire est un homme politique
respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à
2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une
certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme
(typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des
Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement
instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la
nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme.
Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires
européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en
effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la
classe politique française.
« Les fondamentaux des républicains sont
tels, qu'ils ont 20 ans de victoires devant eux ». Voila ce que l'on pouvait
entendre, de la part de nombreux commentateurs, au lendemain de la réélection
de Bush contre Kerry en 2004. On mesure ainsi le chemin parcouru par Obama et
les démocrates depuis. Mais alors que le monde entier se penche sur l'équipe et
la politique du nouveau président, il est pertinent de regarder du côté des
battus : la droite républicaine. Il faut reconnaitre que McCain fut tout en
dignité dans la défaite, contrastant avec une campagne dure et populiste (merci
Sarah Palin). Les « robot calls » annonçant le soutien de Fidel Castro à Obama
la veille du vote resteront dans les anales de l'histoire américaine. Mais
finalement le plus alarmant pour les républicains c'est que même en choisissant
le candidat le plus apte à capter les indépendants, le plus critique des années
Bush, ils ont subit une lourde défaite. Après cette débâcle en 2008, avec le
fiasco du néo-conservatisme, quelle nouvelle synthèse idéologique peuvent
choisir les républicains ?
« On ne tire pas sur une ambulance »
avait dit François Giroud. On ne devrait donc pas tirer sur un Navire hôpital
qui coule, c'est à dire la présidence de Nicolas Sarkozy après un an
d'exercice. L'avocat zélé et populiste d'une rupture néo-conservatrice en
France s'est transformé en vendeur de télé achat du tout et n'importe quoi
réformiste sur la forme et de la liquidation inégalitaire sur le fond. Le
hasard veut que dans l'histoire des démocrates, républicains et autres
progressistes le 6 mai soit une date sombre. Le 6 mai 1682 Louis XIV s'installe
à Versailles, le monarchisme de l'Ancien régime est à son zénith, opulent pour
les nobles et oppressant pour le Tiers état. C'est un 6 mai 1941 que Joseph
Staline prend la tête de l'URSS, les espoirs de la révolution bolchévique sont
définitivement balayés et la dégénérescence dictatoriale du régime soviétique
totale. Dans ces deux régimes dictatoriaux les forces démocratiques mirent
respectivement 107 ans et 50 ans à gagner la bataille. Bien sûr Sarkozy n'est
pas un dictateur ou un fasciste reste que dans l'apogée ou le crépuscule du
sarkozysme l'opposition de gauche commet toujours la même facilité. Elle se
place toujours par rapport à ce dernier et ne parle pas d'elle même aux
citoyens, de son projet alternatif... et court le risque de ne jamais devenir
majoritaire, elle.
Ron Paul est un homme politique américain
original, et ce pour deux raisons. En premier lieu, il détient le record de
levé de fonds en une journée sur internet pour une campagne électorale (6,2
millions d'euros). En second lieu, il essaye de ressusciter un courant
politique américain et républicain mort : la droite libertaire. Dans chaque
État ou les primaires républicaines ont eu lieu ce politique iconoclaste a fait
entre 8% et 10% des voix tandis que le vainqueur était par quatre fois
différent. Ces résultats ne sont pas anodins, ils montrent à quel point la
droite républicaine homogène et dominante depuis l'élection de Ronald Reagan en
1980 est hétérogène et divisé sur la gestion de l'après Bush.
Il doit y avoir un service chargé
d'éplucher les faits divers et les avis de décès à l'Elysée. En effet, le
président Nicolas Sarkozy se saisit de tout et de rien, mais surtout des
affaires les plus sordides, il mène la politique du fait divers pour proclamer
la République des victimes. Des victimes sélectionnés, triés sur le volet bien
sûr. La collectivité ne doit pas raisonner en termes de justice, de vérité, de
séparation des pouvoirs mais elle doit crier « réaction ! vengeance
! ». Le président, comme d'autres populistes en Europe, se déclare pro
peine de mort pour les pédophiles. Il fait appel aux sentiments les plus bas,
les plus haineux. Dormez tranquille, de toute façon il n'y a pas à vous
inquiéter, en bon père de famille c'est ce même président qui propose les lois,
vote les lois, applique les lois, maintient l'ordre et rend la justice. C'est
le pouvoir total, personnifié dans un rapport bonapartiste, direct et permanent
avec l'opinion.
Ce
n'est pas un KO ou la violence d'une seule estocade. C'est coup par coup que le
néo-conservatisme s'est imposé en France. Une droite avec le sécuritaire, une
autre droite avec le néo-libéralisme, un jeu de jambes atlantiste, puis un
uppercut avec le populisme et le communautarisme. L'élection de Nicolas Sarkozy
en 2007 me fait penser à celle de George Bush en 2004. On a l'impression
d'accrocher l'élection, de créer un mouvement populaire, mais au final la
résultat est nettement inverse. Si cette victoire signe la revanche d'une
certaine bourgeoisie qui n'aspire qu'à la saignée
Le
terme de darwinisme social a été utilisé 





