
Désormais, on peut "crébilloner" en toute
tranquillité. La flânerie devant les boutiques chics de la rue Crébillon (et de
la place Royale) est depuis le 1er juillet dernier strictement piétonne.
Première pierre à l'édifice d'un centre-ville sans voitures ? Le
calendrier établit par la ville de Nantes le suggère : rénovation du cours
des 50 otages lancée cet été, livraison de la place du Bouffay et de la
promenade Feydeau "piétonnisée" avant la fin de l'année, mise en place d'une
zone à trafic limité en centre-ville mi-2012, sans oublier les réfections de la
place Graslin et de l'esplanade du Château qui courront jusqu'à l'automne 2013.
Ouf. Une entreprise urbaine que Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes,
justifie en ces termes « L’ambition est celle d’un centre-ville animé,
convivial, où il fait bon vivre, flâner, travailler. Où l’on profite pleinement
du charme de notre patrimoine, où l’on fait ses courses en toute tranquillité,
où l’on est protégé des nuisances de la circulation automobile ». Haro sur
la voiture donc, avec en ligne de mire les élections municipales de mars
2014.
Rachida Dati a des ressources physiques
inépuisables. Du moins c'est ce qu'elle s'échine à faire croire. Déjà en
janvier 2009, elle avait intégralement mis en scène son retour au conseil des
ministres, 5 jours à peine après son accouchement par césarienne. Manœuvre
grossière d'une disgraciée du sarkozysme dont les prérogatives (et l'agenda) se
réduisaient comme peau de chagrin au ministère de la justice. Aujourd'hui l'ex
garde des Sceaux est une ultra-cumularde. Maire du 7e arrondissement, elle est
aussi députée européenne. Ses négligences républicaines n'ont d'égales que ses
caprices politiques, qui visent à s'arroger toujours plus de pouvoir. Mais les
11 863 euros par mois qu'elle touche de ses mandats, avant impôts, ne suffisent
pas à couvrir son train de vie mondain. Alors Rachida Dati fait du
« conseil » et se lance même dans l'humanitaire. Un seul mot d'ordre
: mes intérêts particuliers avant l'intérêt général.
C'est le triomphe du chiraquisme. Après
la « claque » des élections municipales (terme utilisé par un élu anonyme mais
lucide de l'UMP), Nicolas Sarkozy et ses valets semblent sombrer dans les mêmes
travers que Jacques Chirac : dénie des résultats électoraux, surdité politique,
grands discours « gaullistes » creux, replis sur la forteresse élyséenne,
remaniements de façade. Reste qu'il n'y pas de fusible à Matignon, car le
conservatisme provincial bon teint de François Fillon est la dernière valeur
refuge de la majorité. L'autre différence est que Nicolas Sarkozy persiste à
fleureter avec l'extrême droite en faisant des « coups » très agressifs sur les
questions d'immigration et de sécurité. Si il se lance sur le terrain
économique et (anti) social, l'attente et les injustices sont tels qu'il risque
des mouvements sociaux massifs. Comme Jacques Chirac en son temps.
Sans doute la majorité de ceux qui ne vivent
pas dans le 12ème arrondissement de Paris ne connaissent toujours pas Michèle
Blumenthal. Pour la plupart des médias c'était « la candidate socialiste » ou «
la maire sortante socialiste » qui se présentait face au transfuge du siècle
Jean-Marie Cavada. A l'heure des petites phrases saignantes, des parachutages
clinquants, de la communication outrancière, Michèle Blumenthal est une
exception. A l'image de cette soirée de présentation de la liste municipale «
Un temps d'avance pour le 12ème ». Quelques journalistes lui pose des questions
et y répondre semblait être pour elle au mieux lassant, au pire un fardeau.
Tout au long de la campagne, alors qu'on l'interrogait souvent sur telle ou
telle polémique elle répondait innocemment « est ce que je peux vous parler de
mon projet pour le 12ème ? ».
Ce
samedi matin il fait un froid polaire sur le marché à Cours de Vincennes dans
le 12ème arrondissement de Paris. Jean-Marie Cavada arrive, visage fermé, ton
sec, même pas bonjour. L'ambiance est glaciale, plusieurs militants socialistes
et communistes le taquine. Une personne de l'UMP tend un tract, « je ne
vote pas pour les traîtres ! » lui répond un passant. Monsieur Cavada
s'énerve contre les militants de gauche, il dénonce confusément : les
logements, la Mairie, les socialistes ... pour rebrousser chemin,
visiblement vexé. Les militants UMP sont décontenancés, l'une demande inquiète
au téléphone « elle va venir la ministre ? » (Christine Lagarde). Il
est comme ça Jean-Marie Cavada à la fois hautain et glacial.
Les élections municipales dans le 13e
arrondissement de Paris sont le théâtre d'une dérive politique inquiétante : le
communautarisme électoral. Un certain Félix Wu se présente aux suffrages de ses
concitoyens pour, selon ses affiches, « une plus juste représentation du 13e ».
Bien qu'il fasse référence à une « diversité positive », sa liste veut «
représenter la classe asiatique à la Mairie du 13e ». Il s'agit donc pour Félix
Wu de rassembler exclusivement un vote communautariste voir ethnique (je n'aime
pas utiliser ce terme mais c'est de cela qu'il s'agit). Cette candidature va à
l'encontre de trois principes fondamentaux. Un, on appartient avant tout à une
collectivité démocratique et solidaire (Ville, Région, État-nation, Europe), et
ce quelle que soit son origine. Deux, un élu exerce son mandat dans le but de
l'intérêt général de l'ensemble d'une population et non d'une communauté.
Trois, se présenter au nom d'une communauté c'est s'y limiter et être en
contradiction avec la métissage culturel.





