Blog de Thibault Dumas

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Tag - Mouvement social

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03 mars 2011

Les IUT à l'échafaud

IUT. Trois lettres pour désigner les Instituts universitaires de technologie. Longtemps ces établissements furent méprisés, assimilés à des sous-universités prolongeant dans le supérieur la médiocrité (supposée) des filières technologiques du secondaire. En 44 ans d'existence, les Instituts ont  péniblement redorés leur blason avec un argument imparable : un taux d'insertion professionnel qui rivalise avec la caste des écoles de commerce ou d'ingénieur. Au sortir d'un IUT, il faut en moyenne 3 mois et demi pour trouver un emploi et plus de 76% des contrats signés sont des CDI. De plus, les passerelles vers d'autres formations fonctionnent à plein régime. L'excellence universitaire en somme alors qu'en France, 23,3% des moins de 25 ans sont au chômage. Seule fausse note dans cette belle partition, les IUT pourraient disparaître corps et bien. Un effet collatéral de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Un drame éducationnel (quasi-cinématographique) en 4 étapes.

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14 octobre 2010

La grève vue d'outre-Manche

Banderoles, drapeaux, piquets, autocollants et fumigènes... Le rite de la manifestation à la française est bien établit. Nouveauté de cette cuvée 2010 : les vuvuzelas et un mouvement social contre la réforme des retraites qui atteint un paroxysme historique. La bonhomie (actuelle) des cortèges contraste avec une situation objectivement tendue. Les ponts de la négociation ayant été coupés par l’autiste gouvernement Fillon dès juin (MEDEF et syndicats sont d'ailleurs dans le même bateau), l'embouchure à se fleuve social semble plus que ardue à trouver. Il est donc de bonne aloi de se plonger dans la presse britannique. Oui allons voir ce qu'en pense le Royaume-Uni, contrée du travaillisme old school et du  welfare state pendant les années d'après guerre, mis à l'amende à partir de 1979 par la révolution conservatrice de Margaret Thatcher. Pays ou le dernier mouvement social significatif fut celui contre la poll tax en 1990. Tournant à l'émeute il entraina, ironie de l'histoire, la fin de Maggie et de la contestation sociale à la britannique.

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16 mai 2010

L'Europe responsable de la crise grecque ?

Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur 3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à 2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.

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29 avril 2009

Le Mouvement des jeunes socialistes meurt-il ?

La dernière grande campagne du Mouvement des jeunes socialistes ? Un bide passé sous silence. « C’est pas notre guerre !!! », contre l’envoi supplémentaire de troupes françaises en Afghanistan a tout juste récolté quelques centaines de signatures. Aujourd’hui le site de la campagne a fermé, sans laisser de traces, même chez l'agence Zenhysteria qui l'a conçu. Une erreur politique isolée ? Non. Le journal officiel du MJS, « Le temps des conquêtes », ne fonctionne plus. Tout juste sert-il à envoyer les textes officiels des congrès. Le président du mouvement depuis 2007, Antoine Detourné, est transparent. Les trois quarts des socialistes sont incapables de citer son nom. Le MJS fondé en 1993 se meurt-il ?

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01 février 2009

Le retour du mouvement social

Deux salariés côte à côte place de la Bastille. Le premier avec un autocollant CGT 94 engage la conversation : « vous êtes de Flins ? Courage ! » (l'usine Renault de Flins tourne au ralenti depuis décembre). Le second vêtu d'un gilet FO Flins lui répond « oui, mais cela ne dépend plus de nous ». Le cégétiste conclut « bon... en tout cas on est avec vous les gars ». Échange anodin mais qui en dit long sur le changement d'atmosphère sociale. Les mobilisations locales (parfois dures) des salariés n'ont pas manquées en 2007-2008, mais il n'y avait pas de « conjonction des luttes », de sens commun. Ce 29 janvier 2009 les mouvements sociaux ont dépassés leurs spécificités catégorielles pour devenir « le » mouvement social. « Énièmes manifs », « rituel de la grève » pour les libéraux-conservateurs et les réactionnaires. Pourtant, au delà de son opposition massive au sarkozysme, ce mouvement social a des caractéristiques inédites.

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09 octobre 2008

Quand des millionaires font grève

Des journaux télévisés, en passant par le Café du coin, jusque dans les hautes sphères politico-financières le mot « crise » a remplacé partout le terme « pouvoir d'achat », prédominant depuis deux ans. A l'heure ou bizarrement le citoyen lambda se tient informé quotidienement des convulsions boursières alors que jusqu'ici il n'en avait rien foutre (excepté une caste d'illuminés du marché à la Jean-Marc Sylvestre). Au moment ou il est possible de trouver des centaines de milliards d'euros pour renflouer voir nationaliser des banques, alors qu'hier il était impossible de trouver quelques milliards d'euros pour assurer la pérennité des services publics et pour aider les salariés précarisés, surendettés voir expulsés de leur logement. Bref à l'instant ou le capitalisme le plus « libéré » montre toute l'étendu de sa folie et de sa violence, des millionnaires vont se mettre en grève. En effet le week-end du 24 au 26 octobre, l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) appelle à une grève des joueurs pro sur les terrains de France. Précisons d'emblée que la moyenne de salaire en L1 est de 48 000 euros mais que de nombreux joueurs de ligues inférieurs vivotent avec des revenus ordinaires pour une carrière courte.

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23 novembre 2007

Une grève n'est pas une prise d'otage

Après une phase de grèves de pratiquement une semaine, le terme « d'usagers pris en otage » a du être utilisé plusieurs centaines de fois. On peut d'ailleurs s'interroger sur des médias (audiovisuels) qui n'ont pas traités les tensions sociales sur le fond se contentent de descriptions plus ou moins fleuries de « la galère ». Faut il rappeler que l'exercice syndical et la grève sont des droits constitutionnels prévus aux articles 6 et 7 du préambule de 1946. Une prise d'otage (avec une triste actualité) est une violence physique et psychologique. Mélanger les deux est une confusion réactionnaire assez inquiétante. De plus, c'est bien Nicolas Sarkozy qui à conduit à cette situation en jouant les « dures » face à des syndicats « négociateurs ». Et quel quelque part n'a t'il pas été élu pour cela ? Pour entamer une révolution thatchérienne, pour aller au rapport de force quasi physique avec les syndicats.

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24 octobre 2007

Oppositions sans l'opposition

Laurent Joffrin a dit l'autre jour au Zénith « c'est le premier rassemblement d'opposition à Nicolas Sarkozy ». On a envie de dire enfin. Les premières oppositions consistantes au pouvoir néo-conservateur se font donc sentir. Mais l'ironie veut que « l'opposition »  ne soit pas le meneur principal de ces oppositions. Les trois principaux mouvements de contestation en cours (contre la réforme unilatérale des régimes spéciaux, le texte de loi sur l'immigration et les franchises médicales) se sont construit, dans le salariat et chez les citoyens, en dehors des organisations partisanes. Cette opposition trouve même un écho acéré dans l'intelligentsia démocrate américaine et cet édito du New York Times dénonçant « un sectarisme pseudo-scientifique en France » à propos des tests ADN.

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