Le vert est à nouveau tendance. Alors
qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition
politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur
éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du
printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les
querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions
historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques,
apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général
et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans
le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie
toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de
responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une
véritable quadrature du cercle.
Les élections européennes c’est un peu
comme l’histoire de la poule et de l’œuf. On ne sait qui des citoyens ou des
médias se sont désintéressés en premier de ce scrutin. Mais la réalité
démocratique est la. Depuis la première élection directe du Parlement européen
l’abstention n’a eu de cesse d’augmenter : de 39,3% en 1979 à 57,2% en
2004. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France puisque lors de ces
dernières élections l’abstention était de 55,5% en moyenne dans l’Union
européenne. Pourtant l’enjeu est crucial à l’aune d’une crise capitaliste d’une
rare violence, particulièrement pour les salariés et la jeunesse européenne. Il
y a urgence à renouer avec le fil d’une Europe sociale et démocratique, à
combattre le fanatisme libéral, qui sous les bons mots est toujours aussi
virulent en Europe. Voici 4 raisons de voter pour les listes du Parti
socialiste européen le 7 juin.
Dans son éditorial du 4 mai 2009 dans Libération,
Laurent Joffrin est limpide: le Parti socialiste doit s’allier avec le MoDem
dans une « grande coalition de l’après sarkozysme ». Cette stratégie en dehors
d’une « combinaison d’appareils », qui intégrerait aussi les gaullistes sociaux
et les écologistes serait la seule à même d’empêcher un second mandat de
Nicolas Sarkozy. Mieux, par l’adoption d’une stratégie verticale peuple contre
élites, en lieu et place d’une opposition horizontale gauche contre droite, on
abattrait le néo-libéralisme chancelant. Le côté « pavé dans le mare » de cet
édito ne doit pas effacer sa principale portée. Le retour anachronique de la
stratégie du radis façon radical-socialisme. Le rouge dehors (l’après Sarkozy,
l’après libéralisme), blanc dedans (le pot-pourri politique, le centrisme).
C'est le triomphe du chiraquisme. Après
la « claque » des élections municipales (terme utilisé par un élu anonyme mais
lucide de l'UMP), Nicolas Sarkozy et ses valets semblent sombrer dans les mêmes
travers que Jacques Chirac : dénie des résultats électoraux, surdité politique,
grands discours « gaullistes » creux, replis sur la forteresse élyséenne,
remaniements de façade. Reste qu'il n'y pas de fusible à Matignon, car le
conservatisme provincial bon teint de François Fillon est la dernière valeur
refuge de la majorité. L'autre différence est que Nicolas Sarkozy persiste à
fleureter avec l'extrême droite en faisant des « coups » très agressifs sur les
questions d'immigration et de sécurité. Si il se lance sur le terrain
économique et (anti) social, l'attente et les injustices sont tels qu'il risque
des mouvements sociaux massifs. Comme Jacques Chirac en son temps.
La gauche socialiste a longtemps été critiquée
pour son « surmoi marxiste », c'est à dire l'appréhension du
quand-dira-t'on communiste (hier) puis gauchiste (aujourd'hui). Cette peur l'a
souvent conduite à adopter un discours vulgairement et grossièrement marxiste.
Mais depuis l'élection présidentielle et à l'approche des élections municipales
un nouveau surmoi anime la gauche socialiste : « le surmoi
centriste ». La peur du quand dira-t-on centriste, le frétillement devant
l'électeur ou (plus rare) l'élu MoDem. L'adoption d'un discours platement
démocrate et le malaise sur les questions sociales. Ce comportement du PS est
pour le moins curieux. Il courtise un Mouvement Démocrate mal en point sans
même débattre clairement de cette stratégie d'alliance avec le centre.





