On connaissait l’interdiction de stade pour sanctionner un « supporter » de football indélicat. Nos voisins helvétiques ont inventé l’interdiction de supermarché pour châtier le vol à l’étalage. Une décision judiciaire ? Non, une sentence unilatérale et contestable proclamée par le leader suisse de la grande distribution Migros à l’encontre d’une jeune femme de 29 ans habitant Vevey, au bord du Lac Léman. Les larcins incriminés ont été commis par Séverine (le prénom a été modifié) en début d’année 2009 : « Ça s’est passé deux fois et c’était chaque fois pour moins de 100 francs (environ 66 euros) de marchandises ». La jeune Suissesse plaide une passe difficile dans sa vie : « Je traversais une période de cleptomanie. Mon père venait de se faire agresser et casser les deux jambes par cinq jeunes à Genève. J’étais très en colère et peinais à gérer ce sentiment d’injustice ». Suite à ces vols, la chaîne d’hypermarchés lui fait parvenir plusieurs courriers pour lui signifier qu’elle a interdiction de remettre les pieds dans un des établissements de l’enseigne.