De la gauche à la droite de
l'échiquier politique, le terme de régulation est devenu un incontournable. Un
quasi totem. Sur ce point, il y a clairement un avant et un après crise -
une dépression économico-financière qui a débutée il y a maintenant
pratiquement 2 ans. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, résume clairement
le constat en vigueur : « Laisser le marché tout régler ne fonctionne
pas ». Si dans le discours tout le monde s'accorde sur cette idée, même
ceux qui furent des plus néo-libéraux, dans les actes la chose est moins aisée.
Illustration de cette chimère régulatrice : la libéralisation des jeux d'argent
en ligne.
Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.
La question écologique opposée à la question
sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de
la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les
salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus
de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés
est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique.
94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la
diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent
favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut
prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà
chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet,
consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus
uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme
une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond
et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette
belle partition écologique dans les entreprises (
Le « front office », le « carry trade », le
« tick » et autres joyeusetés boursières sont pour vous un gloubi-boulga
abracadabrantesque ? D’anciens caïds des salles de marchés, affreusement
poussés au chômage et à la grande pauvreté par la grande crise débutée en
septembre 2008, se feront un plaisir de vous éclairer sur ces voluptueuses
notions financières - et sur leur responsabilité dans cette hérésie économique
? - lors de votre prochain séjour dans la ville de New York. En vous acquittant
charitablement de la somme de 45 dollars par personne (soit environ 30 euros)
et à condition d'être au moins au nombre de deux, vous aurez le plaisir
légèrement masochiste de participer au « Tour de la Crise
Financière ».
On connaissait l’interdiction de stade pour
sanctionner un « supporter » de football indélicat. Nos voisins
helvétiques ont inventé l’interdiction de supermarché pour châtier le vol à
l’étalage. Une décision judiciaire ? Non, une sentence unilatérale et
contestable proclamée par le leader suisse de la grande distribution Migros à
l’encontre d’une jeune femme de 29 ans habitant Vevey, au bord du Lac Léman.
Les larcins incriminés ont été commis par Séverine (le prénom a été modifié) en
début d’année 2009 : « Ça s’est passé deux fois et c’était chaque fois
pour moins de 100 francs (environ 66 euros) de marchandises ». La jeune
Suissesse plaide une passe difficile dans sa vie : « Je traversais
une période de cleptomanie. Mon père venait de se faire agresser et casser les
deux jambes par cinq jeunes à Genève. J’étais très en colère et peinais à gérer
ce sentiment d’injustice ». Suite à ces vols, la chaîne d’hypermarchés lui fait
parvenir plusieurs courriers pour lui signifier qu’elle a interdiction de
remettre les pieds dans un des établissements de l’enseigne.
Le rapport de la commission pour la
libération de la croissance française présidée par Jacques Attali va fêter ses
2 ans en janvier 2010. Dans l'indifférence la plus totale. 6 mois de travaux,
43 membres, plus de 450 personnes auditionnées, 245 pages de rapport. Pour un
résultat nul. Aucune des 316 « décisions fondamentales » n'a été
explicitement reprise, a quoi bon puisque il s'agit d'un « ensemble
cohérent » dans lequel on ne peut « picorer ». Le processus était biaisé
dès le départ. Une commission sans aucune légitimité démocratique et
républicaine excepté le bon vouloir de Nicolas Ier (Attali lui-même n'a jamais
affronté le suffrage universel). Un cénacle rassemblent la crème de la crème
des élites biberonnéss au libre-marché (« ceux qui savent »). Des
conclusions passéistes : sous les traits d'un futurisme de pacotille, une note
ultra-libérale salée. Mais combien a couté ce « mode d’emploi pour des
réformes urgentes et fondatrices » ? Difficile à estimer, le Sénat ayant
mis à disposition ses locaux pour les travaux de la commission. Par contre tout
le bénéfice est pour Jacques Attali. 100 000 euros d'à valoir pour l'édition
papier du rapport et un peu plus pour son égo. Son business quasi-raëlien de
prédiction économique et technologique peut continuer.
Pour le fan de football dépourvu de Canal
+, les week-end télévisuels c'est un peu l'aventure. Plusieurs solutions
s'offrent à lui. Option un, il a un voisin avenant, abonné à la chaine crypté,
qui est prêt à le tolérer tous les samedi et dimanche (un ami, un cousin peut
aussi faire l'affaire). Option deux, il existe en bas de chez lui un bar
sympathique ou l'on supporte la même équipe que lui. Option 3, il pirate ladite
chaine numéro 4 par le biais du web. Option quatre, il est sensible au charme
du commentaire sportif à la radio et attendra patiemment pour voir les buts à
la télévision. Alors pour que n'importe quel amoureux du ballon rond puisse
regarder la Ligue 1, faut-il nationaliser la diffusion de celle-ci ?
«
L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à
l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller
le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire
Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I,
l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis
la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père
et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père
Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau
de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la,
totale, presque totalitaire





