Blog de Thibault Dumas

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16 août 2010

La dérégulation en jeux

De la gauche à la droite de l'échiquier politique, le terme de régulation est devenu un incontournable. Un quasi totem. Sur ce point, il y a clairement un avant et un après crise -  une dépression économico-financière qui a débutée il y a maintenant pratiquement 2 ans. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, résume clairement le constat en vigueur : « Laisser le marché tout régler ne fonctionne pas ». Si dans le discours tout le monde s'accorde sur cette idée, même ceux qui furent des plus néo-libéraux, dans les actes la chose est moins aisée. Illustration de cette chimère régulatrice : la libéralisation des jeux d'argent en ligne.

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16 mai 2010

L'Europe responsable de la crise grecque ?

Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur 3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à 2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.

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03 avril 2010

Des salariés éco-citoyens

La question écologique opposée à la question sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique. 94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet, consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette belle partition écologique dans les entreprises (podcast sur Euradio Nantes).

09 janvier 2010

Les traders sont éternels

Le « front office », le « carry trade », le « tick » et autres joyeusetés boursières sont pour vous un gloubi-boulga abracadabrantesque ? D’anciens caïds des salles de marchés, affreusement poussés au chômage et à la grande pauvreté par la grande crise débutée en septembre 2008, se feront un plaisir de vous éclairer sur ces voluptueuses notions financières - et sur leur responsabilité dans cette hérésie économique ? - lors de votre prochain séjour dans la ville de New York. En vous acquittant charitablement de la somme de 45 dollars par personne (soit environ 30 euros) et à condition d'être au moins au nombre de deux, vous aurez le plaisir légèrement masochiste de participer au « Tour de la Crise Financière ».

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20 décembre 2009

Le supermarché de la honte

On connaissait l’interdiction de stade pour sanctionner un « supporter » de football indélicat. Nos voisins helvétiques ont inventé l’interdiction de supermarché pour châtier le vol à l’étalage. Une décision judiciaire ? Non, une sentence unilatérale et contestable proclamée par le leader suisse de la grande distribution Migros à l’encontre d’une jeune femme de 29 ans habitant Vevey, au bord du Lac Léman. Les larcins incriminés ont été commis par Séverine (le prénom a été modifié) en début d’année 2009 : « Ça s’est passé deux fois et c’était chaque fois pour moins de 100 francs (environ 66 euros) de marchandises ». La jeune Suissesse plaide une passe difficile dans sa vie : « Je traversais une période de cleptomanie. Mon père venait de se faire agresser et casser les deux jambes par cinq jeunes à Genève. J’étais très en colère et peinais à gérer ce sentiment d’injustice ». Suite à ces vols, la chaîne d’hypermarchés lui fait parvenir plusieurs courriers pour lui signifier qu’elle a interdiction de remettre les pieds dans un des établissements de l’enseigne.

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29 octobre 2009

Le rapport Attali aux oubliettes

Le rapport de la commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali va fêter ses 2 ans en janvier 2010. Dans l'indifférence la plus totale. 6 mois de travaux, 43 membres, plus de 450 personnes auditionnées, 245 pages de rapport. Pour un résultat nul. Aucune des 316 « décisions fondamentales » n'a été explicitement reprise, a quoi bon puisque il s'agit d'un « ensemble cohérent » dans lequel on ne peut « picorer ». Le processus était biaisé dès le départ. Une commission sans aucune légitimité démocratique et républicaine excepté le bon vouloir de Nicolas Ier (Attali lui-même n'a jamais affronté le suffrage universel). Un cénacle rassemblent la crème de la crème des élites biberonnéss au libre-marché (« ceux qui savent »). Des conclusions passéistes : sous les traits d'un futurisme de pacotille, une note ultra-libérale salée. Mais combien a couté ce « mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices » ? Difficile à estimer, le Sénat ayant mis à disposition ses locaux pour les travaux de la commission. Par contre tout le bénéfice est pour Jacques Attali. 100 000 euros d'à valoir pour l'édition papier du rapport et un peu plus pour son égo. Son business quasi-raëlien de prédiction économique et technologique peut continuer.

27 septembre 2009

Faut-il nationaliser la diffusion de la Ligue 1 ?

Pour le fan de football dépourvu de Canal +, les week-end télévisuels c'est un peu l'aventure. Plusieurs solutions s'offrent à lui. Option un, il a un voisin avenant, abonné à la chaine crypté, qui est prêt à le tolérer tous les samedi et dimanche (un ami, un cousin peut aussi faire l'affaire). Option deux, il existe en bas de chez lui un bar sympathique ou l'on supporte la même équipe que lui. Option 3, il pirate ladite chaine numéro 4 par le biais du web. Option quatre, il est sensible au charme du commentaire sportif à la radio et attendra patiemment pour voir les buts à la télévision. Alors pour que n'importe quel amoureux du ballon rond puisse regarder la Ligue 1, faut-il nationaliser la diffusion de celle-ci ?

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18 avril 2009

Voyage au bout de l'obscenité

« L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I, l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la, totale, presque totalitaire

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