Faut-il accorder du crédit aux propos de
Manuel Valls au regard de son poids politique ? « Nous devons
déverrouiller les 35 heures », le roquet d’Évry parle tel un Jean-Marie
Bockel de la nouvelle décennie. Un blairisme outrancier chevillé au corps
couplé à une influence proche de zéro au sein du PS - le curriculum vitae
parfait pour entrer au gouvernement. En 2005, lors du congrès du Mans, le
sénateur Bockel (Haut-Rhin) réalisait 0,7% avec sa motion « Pour un
socialisme libéral : vérité et action ». Manuel Valls pourra difficilement
plonger aussi profond - quoique - mais la réalité est la même. Il n'a pas pas
d’ancrage militant et peu de rayonnement idéologique. Reste le bruit (et
l'odeur) médiatique. Et le député de l'Essonne, né à Barcelone, compile ses
saillies droitières comme Xavi Hernández distille ses passes chez les
Blaugranas. Au millimètre.
Ah, le nombre de soirées passées à fulminer
contre les positions droitières de Manuel Valls ! À s'égosiller contre le
tressage de lauriers pro-Sarkozy du député-maire d'Evry. À être vert de rage
après le torpillage en règle du Printemps des libertés du PS et mort de honte
du fait de sa présence dans le cortège d'un 1er mai tout sauf honteux pour les
socialistes. Alors quand Valls a raison autant le dire. Oui la gauche doit
devenir « post-Lang » en matière de culture. Le droit d'inventaire du
mitterandisme ne souffre d'aucune exception. Assez de cette bien pensance issue
des années 1980 qui conduit à soutenir l'inique loi HADOPI en 2009. Comme l'a
dit l'association RéSo « (...) ce texte porte frontalement atteinte aux
libertés individuelles et n’apporte aucune solution aux problèmes posés au
monde culturel par les évolutions technologiques ». Le vrai combat de gauche
c'est celui pour une culture des créations qui s'émancipe du carcan du marché.
Le vrai combat de gauche c'est celui pour des cultures accesibles à tous,
notamment aux classes populaires.





