Les entreprises humaines sont vouées à
disparaître, les organisations politiques peut-être plus que les autres. Le
Mouvement des jeunes socialistes créé en 1993 est au bord du gouffre. Parler
des jeunes socialistes, c'est déjà s'adresser à un public extrêmement
restreint, une « niche » politique de 5300 militants aujourd’hui
alors que l'organisation affirmait en avoir 10 000 au lendemain du mouvement
anti-CPE. Au congrès de Grenoble les 20, 21 et 22 novembre dernier le MJS avait
l'ambition de porter « la gauche au sommet ». Mieux, depuis lors sa
nouvelle présidente Laurianne Deniaud prétend faire table rase du passé au sein
de l'organisation, jouant à fond la partition du « plus rénovateur que moi
tu meurs ». Les jeunes socialistes peuvent-ils vraiment se rénover ?
La
dernière grande campagne du Mouvement des jeunes socialistes ? Un bide passé
sous silence. « C’est pas notre guerre !!! », contre l’envoi supplémentaire de
troupes françaises en Afghanistan a tout juste récolté quelques centaines de
signatures. Aujourd’hui le site de la campagne a fermé, sans laisser de traces,
même chez l'agence Zenhysteria qui l'a conçu. Une erreur politique isolée ?
Non. Le journal officiel du MJS, « Le temps des conquêtes », ne fonctionne
plus. Tout juste sert-il à envoyer les textes officiels des congrès. Le
président du mouvement depuis 2007, Antoine Detourné, est transparent. Les
trois quarts des socialistes sont incapables de citer son nom. Le MJS fondé en
1993 se meurt-il ?
Un étrange ballet avait lieu à chaque meeting
de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, une sorte de concurrence
libre (mais faussée) à celui qui sera le plus visible et le plus bruyant entre
le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) et la Ségosphère. Entre les jeunes
socialistes en rouge et les jeunes ségolénistes en mauve. Mise à part ce
spectacle parfois cocasse, on peut se demander concrètement à quoi a servi et à
quoi sert la Ségosphère ? Un partisan de Ségolène Royal en Poitou-Charentes
avait répondu il y a quelques mois à cette question : « il faut arrêter avec la
Ségosphère, ils ne servent à rien, c'est le rien politique... ».
Jean Jaurès avait
dit que « Sans la République, le socialisme est impuissant et sans le
socialisme la République est vide ». Nous vivons un moment de la vie politique
ou notre parole comme notre volonté d’action en tant que jeunes socialistes
sera cruciale. Notre capacité à enclencher une dynamique sera décisive tant
pour l’avenir du Mouvement des Jeunes Socialistes que pour nos futures
batailles politiques. Trois conditions doivent être réunies pour que nous
puissions réussir ce combat : l’affirmation de notre identité, l’éthique du
débat démocratique et l’ouverture puit le rassemblement.
Le choc du 21 avril 2002 fut en
fait double. Premièrement, l’arrivée de l’extrême droite xénophobe au second
tour de l’élection présidentielle sonnait le glas d’une résurgence des heures
les plus sombres de l’histoire française et mondiale. La jeunesse avez alors
combattu pour sauvegarder les valeurs qui sont celles de la démocratie, de
l’humanisme et de la pluralité culturelle. Le second choc fut pour la gauche «
plurielle » (socialiste, communiste et écologiste) de se rendre compte que
malgré un bilan politique et économique plus qu’honorable elle ne fut pas
reconduite dans ses fonctions de gouvernance (l’ironie veut que la pluralité
électorale fut une des raisons de cette défaite). La dureté de notre regard sur
l’effritement social de l’ère Jean Pierre Raffarin (2002-…) doit faire germer
en nous, jeunes citoyens et citoyennes, l’espoir que porte les forces
politiques de gauche pour continuer à créer une société plus égalitaire, plus
solidaire et plus heureuse.





