Naviguer dans les eaux glacées de
l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose
mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une
course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans
le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers
japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans
coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles
Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre
cette aventure de l'intérieur à bord de l'Esperenza, l'un des navires de
l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement
racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque
de portraits.
L'embrassement médiatique autour de la
« main » - de Dieu ou du diable ? - de Thierry Henry a prit des
proportions tout bonnement ridicules. Il se nourrit de l'illusion d'un football
fait de justice et de mérite. Chimère synthétisée par l'expression : « les
irlandais auraient mérité de gagner ». Le ballon rond depuis sa création et en
l’état actuel de ses règles, n’a tout bonnement rien à voir avec le mérite ou
la justice (tout comme le sport en général). Sinon les Verts auraient gagné la
Coupe d’Europe 1976 face au Bayern Munich, les Algériens seraient sortis des
poules lors de la Coupe du monde 1982 et les Australiens auraient éliminé
l'Italie en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006. Les réactions
allergiques à la « main » sont l’expression d’un puritanisme angélique,
d'un certain retour en force de l'ordre moral.
Pour le fan de football dépourvu de Canal
+, les week-end télévisuels c'est un peu l'aventure. Plusieurs solutions
s'offrent à lui. Option un, il a un voisin avenant, abonné à la chaine crypté,
qui est prêt à le tolérer tous les samedi et dimanche (un ami, un cousin peut
aussi faire l'affaire). Option deux, il existe en bas de chez lui un bar
sympathique ou l'on supporte la même équipe que lui. Option 3, il pirate ladite
chaine numéro 4 par le biais du web. Option quatre, il est sensible au charme
du commentaire sportif à la radio et attendra patiemment pour voir les buts à
la télévision. Alors pour que n'importe quel amoureux du ballon rond puisse
regarder la Ligue 1, faut-il nationaliser la diffusion de celle-ci ?
Combattre le néo-libéralisme par l'absurde, tel
est le leitmotiv des Yes Men. Il y a chez Andy Bichlbaum et Mike Bonannodu de
la candeur militante à la manière d'un Michael Moore, du burlesque visuel façon
Jacques Tati, de l'inventivité loufoque dans le veine du professeur Tournesol.
Le principe de ces deux trublions est simple : monter de faux sites internet de
multinationales (Dow Chemicals, Halliburton, Exxon Mobil) pour se faire inviter
dans les médias ou à de prestigieuses conférences. Vient ensuite le canular,
sur le mode du discours trop beau pour être vrai ou de présentations ubuesques
très « visuelles ». Les assistances biberonnées à la recherche du profit n'y
voient que du feu. Le voile tombe, découvrant un cynisme total. A l'image de ce
représentant d'une banque filmé en caméra caché après un canular : « Quoi que
l'on fasse cela va couter des vies. Mais si cela rapporte de l'argent c'est
acceptable ». Devant les péripéties des Yes Men on est plié de rire, révolté
mais aussi revigoré. Le plafond de verre indestructible du tout marché vole en
milles morceaux, le néo-libéralisme apparait alors pour ce qu'il est :
absurde.
«
L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à
l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller
le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire
Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I,
l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis
la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père
et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père
Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau
de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la,
totale, presque totalitaire
Jusqu’ici Orlesan était un rappeur sympathique.
Provincial dans un genre musical principalement parsiano-marseillais. Blanc ce
qui lui vaut le qualificatif réducteur de « Eminem français ».
Ostensiblement second degré dans un rap très bling-bling et premier degré. Puis
patatras. Haro sur Orelsan. Lynchage politique autour de la chanson « Sale
pute » (bien foutue musicalement d'ailleurs). Valérie Letard, Secrétaire
d'État à la solidarité (Nouveau centre) : « une véritable incitation à la haine
voire au meurtre en direction des femmes ». François Bonneau, président PS
de la région Centre « dégradant, outrancier, en un mot inacceptable ».
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : « (…) une image
particulièrement dégradante [des femmes] et justifiant tous les crimes à leur
égard ».
« Faire traverser l'océan à un jeune pour le
faire taper dans un ballon, j'appelle cela un trafic d'enfants ». Michel
Platini, président de l'UEFA, a dit avec vigueur au Parlement européen sa
volonté d'interdire les transferts de mineurs dans le football européen. Une
mesure impopulaire. Si elle était en vigueur Lionel « la pulga » Messi ne
jouerait pas au FC Barcelone. Mais mesure courageuse et indispensable. Le
contraste est saisissant avec le cas de Madin Koroghli, petit garçon de sept
ans qui vit à Roubaix. Comme des millions d'enfants Madin adore jouer au foot.
Sauf que ses prouesses techniques précoces ont été diffusées sur Internet,
entrainant un délire médiatique et financier autour de son (éventuel) avenir
professionnel.
Dans son numéro du samedi 31 janvier 2008
l'hebdomadaire le Figaro Magazine a fait dans le lourd. De le page 22 à 26
c'est un véritable publireportage en faveur du plan de relance du gouvernement
qui a été imprimé. Ce dossier intitulé « Plan de relance, c'est parti ! » est
pour le moins partisan, sans nuances, dénué d'opinions alternatives. C'est très
critiquable sur le plan du travail journalistique mais c'est le droit le plus
strict du « Fig mag ». La ou le bas blesse c'est que chaque page est agrémentée
d'un énorme logo gouvernemental « Plan de relance » avec adresse du site
officiel en prime. Imaginons que Libération fasse la même chose avec le visuel
« Agir vraiment contre la crise » du PS. Ridicule ! Le propriétaire du Figaro
magazine, Serge Dassault, s'est il « coordonné » avec Patrick Devejian ? Est-ce
une commande directe du gouvernement et de son communicateur en chef Thierry
Saussez ?





