Blog de Thibault Dumas

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11 février 2010

Ces écologistes du bout du monde

Naviguer dans les eaux glacées de l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre cette aventure de l'intérieur à bord de  l'Esperenza, l'un des navires de l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque de portraits.

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23 novembre 2009

À contre-pied de la main

L'embrassement médiatique autour de la « main » - de Dieu ou du diable ? - de Thierry Henry a prit des proportions tout bonnement ridicules. Il se nourrit de l'illusion d'un football fait de justice et de mérite. Chimère synthétisée par l'expression : « les irlandais auraient mérité de gagner ». Le ballon rond depuis sa création et en l’état actuel de ses règles, n’a tout bonnement rien à voir avec le mérite ou la justice (tout comme le sport en général). Sinon les Verts auraient gagné la Coupe d’Europe 1976 face au Bayern Munich, les Algériens seraient sortis des poules lors de la Coupe du monde 1982 et les Australiens auraient éliminé l'Italie en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006. Les réactions allergiques à la « main » sont l’expression d’un puritanisme angélique, d'un certain retour en force de l'ordre moral.

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27 septembre 2009

Faut-il nationaliser la diffusion de la Ligue 1 ?

Pour le fan de football dépourvu de Canal +, les week-end télévisuels c'est un peu l'aventure. Plusieurs solutions s'offrent à lui. Option un, il a un voisin avenant, abonné à la chaine crypté, qui est prêt à le tolérer tous les samedi et dimanche (un ami, un cousin peut aussi faire l'affaire). Option deux, il existe en bas de chez lui un bar sympathique ou l'on supporte la même équipe que lui. Option 3, il pirate ladite chaine numéro 4 par le biais du web. Option quatre, il est sensible au charme du commentaire sportif à la radio et attendra patiemment pour voir les buts à la télévision. Alors pour que n'importe quel amoureux du ballon rond puisse regarder la Ligue 1, faut-il nationaliser la diffusion de celle-ci ?

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20 septembre 2009

Le burlesque militant des Yes Men

Combattre le néo-libéralisme par l'absurde, tel est le leitmotiv des Yes Men. Il y a chez Andy Bichlbaum et Mike Bonannodu de la candeur militante à la manière d'un Michael Moore, du burlesque visuel façon Jacques Tati, de l'inventivité loufoque dans le veine du professeur Tournesol. Le principe de ces deux trublions est simple : monter de faux sites internet de multinationales (Dow Chemicals, Halliburton, Exxon Mobil) pour se faire inviter dans les médias ou à de prestigieuses conférences. Vient ensuite le canular, sur le mode du discours trop beau pour être vrai ou de présentations ubuesques très « visuelles ». Les assistances biberonnées à la recherche du profit n'y voient que du feu. Le voile tombe, découvrant un cynisme total. A l'image de ce représentant d'une banque filmé en caméra caché après un canular : « Quoi que l'on fasse cela va couter des vies. Mais si cela rapporte de l'argent c'est acceptable ». Devant les péripéties des Yes Men on est plié de rire, révolté mais aussi revigoré. Le plafond de verre indestructible du tout marché vole en milles morceaux, le néo-libéralisme apparait alors pour ce qu'il est : absurde.

18 avril 2009

Voyage au bout de l'obscenité

« L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I, l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la, totale, presque totalitaire

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10 avril 2009

Haro sur Orelsan

Jusqu’ici Orlesan était un rappeur sympathique. Provincial dans un genre musical principalement parsiano-marseillais. Blanc ce qui lui vaut le qualificatif réducteur de « Eminem français ». Ostensiblement second degré dans un rap très bling-bling et premier degré. Puis patatras. Haro sur Orelsan. Lynchage politique autour de la chanson « Sale pute » (bien foutue musicalement d'ailleurs). Valérie Letard, Secrétaire d'État à la solidarité (Nouveau centre) : « une véritable incitation à la haine voire au meurtre en direction des femmes ». François Bonneau, président PS de la région Centre « dégradant, outrancier, en un mot inacceptable ». Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : « (…) une image particulièrement dégradante [des femmes] et justifiant tous les crimes à leur égard ».

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12 mars 2009

Bête de foire

« Faire traverser l'océan à un jeune pour le faire taper dans un ballon, j'appelle cela un trafic d'enfants ». Michel Platini, président de l'UEFA, a dit avec vigueur au Parlement européen sa volonté d'interdire les transferts de mineurs dans le football européen. Une mesure impopulaire. Si elle était en vigueur Lionel « la pulga » Messi ne jouerait pas au FC Barcelone. Mais mesure courageuse et indispensable. Le contraste est saisissant avec le cas de Madin Koroghli, petit garçon de sept ans qui vit à Roubaix. Comme des millions d'enfants Madin adore jouer au foot. Sauf que ses prouesses techniques précoces ont été diffusées sur Internet, entrainant un délire médiatique et financier autour de son (éventuel) avenir professionnel.

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06 février 2009

Quand Le Figaro fait du publireportage pour l'UMP

Dans son numéro du samedi 31 janvier 2008 l'hebdomadaire le Figaro Magazine a fait dans le lourd. De le page 22 à 26 c'est un véritable publireportage en faveur du plan de relance du gouvernement qui a été imprimé. Ce dossier intitulé « Plan de relance, c'est parti ! » est pour le moins partisan, sans nuances, dénué d'opinions alternatives. C'est très critiquable sur le plan du travail journalistique mais c'est le droit le plus strict du « Fig mag ». La ou le bas blesse c'est que chaque page est agrémentée d'un énorme logo gouvernemental « Plan de relance » avec adresse du site officiel en prime. Imaginons que Libération fasse la même chose avec le visuel « Agir vraiment contre la crise » du PS. Ridicule ! Le propriétaire du Figaro magazine, Serge Dassault, s'est il « coordonné » avec Patrick Devejian ? Est-ce une commande directe du gouvernement et de son communicateur en chef Thierry Saussez ?

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