Qui connaît Philippe Poutou ? Personne ou presque. Dans l’indifférence générale, aux premiers jours de l'été, cet ouvrier Girondin de 44 ans a été choisi pour porter les couleurs du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle de 2012. Une intronisation teintée de scepticisme au sein même de la formation trotskiste. Un quart des délégués du parti n'ont pas pris part à ce vote de désignation à Nanterre les 25 et 26 juin dernier, tandis qu'un autre quart s'est opposé à cette candidature. Un embarra dut à la défection de dernière minute du postier rouge Olivier Besancenot, « Ça aurait été plus simple que ce soit encore Olivier, il est très populaire » a résumé Alain Krivine, pilier de l’extrême gauche et de l'ex LCR. Car si Philippe Poutou, syndicaliste CGT chez Ford, a l'aura du sans grade altruiste, sa candidature est porteuse d'ostracisme. Preuve que le NPA se meurt déjà à petit feu.