Blog de Thibault Dumas

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05 novembre 2008

Docteur Barack et Mister Obama

C'est un matin très froid et humide de janvier 2008 dans l’Illinois, les températures sont négatives et David Plouffe comme David Axelrod, têtes pensantes de la campagne d'Obama, sont refroidies. Le National Journal, vénérable magazine politique américain, vient de publier sa 27ème étude annuelle sur les parlementaires américains. Le résultat est sans appel : elle place le sénateur Obama comme le plus à gauche des États-Unis sur la base de ses votes en 2007. Soi-disant un handicap incompressible pour se faire élire dans ce pays ou le mot « liberal » (de gauche) est revendiqué par 20 % des américains contre 40 % qui se disent « conservative ». Jusqu'à l'élection, le staff démocrate a passé sous silence cette étude pour privilégier à côté du discours de gauche de transformation (« change »), une image modérée. Cela n’a pas empêché une « landslide victory » d'Obama ce 4 novembre, historique depuis 1976 (pour les démocrates) et depuis 1908 (pour la participation). Dans ce moment émouvant, la période noire des années Bush défile en nous. Un cycle ultra-conservateur entamé en 1980 se referme, faire le changement devient possible. Pourtant il y a toujours cette question essentielle : qui sera le prochain président américain ? Docteur Barack qui renouvelle le progressisme américain ou Mister Obama rassembleur centriste ?

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16 octobre 2008

J'ai déjà voté pour Barack Obama

Étrange sensation que celle de voter par anticipation, 21 jours avant la « big election night ». La règle est simple : l'enveloppe contenant le bulletin de vote doit arriver avant la fermeture de son bureau de vote référant aux États-Unis le 4 novembre. 30% des américains auraient optés pour ce mode de vote en avance. Avec des sondages aujourd'hui très favorables à Obama, il y a de quoi encore creuser le trou dans lequel s'enfonce le ticket Palin-McCain. Rétrospectivement on peut diviser la campagne du démocrate en 3 phases : l'outsider fascinant (février 2007 - janvier 2008), l'icône politique (février 2008 - août 2008) et le régulateur crédible (septembre 2008 - novembre 2008). C'est bien sûr la transition entre la phase 2 et 3 qui fut la plus délicate pour le canidat progressiste. Aprés cette longue campagne, ces 1,36 milliards de dollars levés, ces arguments valeureux comme crasseux échangés, tout a été dit. Les américians vont voter plus informés que jamais, surinformés même. Les États-Unis sont à la veille d'un point de rupture de leur histoire. Les démocrates peuvent obtenir une « landslide victory » inédite qui changerait à coup sûr la face du pays (avec toutes les difficultés et désillusions que cela implique). En perdant ils pourraient aussi enfoncer les USA dans une crise totale (un pays « qui vire au noir » selon l’économiste Paul Krugman), l'une des plus graves depuis 1776. A chacun d'être responsable.

15 septembre 2008

La guerre des trois n'aura pas lieu

Le système politique américain si complexe est simple dans au moins un domaine : les partis. Le bipartisme fonctionne à fond, avec depuis les années 1890 un Parti démocrate grosso-modo progressiste contre un Parti républicain clairement conservateur. Ce schéma joue toujours pleinement en 2008, avec une présidentielle opposant Barack Obama à John McCain. Pourtant revient régulièrement le spectre d'un troisième candidat brouillant le duel classique. Le dernier en date fut Ralph Nader, qui en 2000 avec un fond politique contestataire, ancré à gauche et écologiste avait tout de même rassemblé 2,7% des suffrages et près de 3 millions de voix. Assez pour qu'après l'entourloupe anti-démocratique de la Floride le camp démocrate d'Al Gore crie à la trahison. Alors qui sont les « petits candidats » les plus significatifs en 2008 ? Pourquoi une véritable triangulaire est peu probable le 4 novembre ?

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20 mai 2008

Obama-McCain : les choses sérieuses commencent

Étrange sensation que procure cette fin de primaires démocrates. Obama va gagner l'investiture au bout d'un marathon inédit dans l'histoire américaine. Clinton feint, elle, de ne pas être disqualifiée et a fait perdre trois mois à son camp. On a l'impression que c'est le rideau tombe, qu'on a tout vécu dans cette pièce politico-dramatique, du pire (les dires du Pasteur Wright, les attaques de Bill Clinton) au meilleur (le discours de Obama sur « Les races en Amérique », les « come-backs » d'Hillary Clinton). Or il n'en est rien. Le combat le plus dur, celui contre les républicains et leur machiavélisme électoral n'a pas vraiment commencé. Le bushisme qui paraît si rejeté, si dépassé en Europe ne l'est pas complètement aux États-Unis. Alors quelles sont les forces et faiblesses respectives de Barack Obama et John McCain pour la vraie course qui s'engage jusqu'au 4 novembre 2008 ?

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