Surprise en ouvrant ma boite aux lettres
l’autre jour, je reçois une enveloppe officielle de vote à distance de mon
bureau électoral de Belmont (banlieue de Boston) dans le Massachusetts. Je
croyais que c'était (déjà) le vote par correspondance pour la présidentielle
US, en fait non. C'était en réalité pour les primaires du 16 septembre de
désignation des candidats démocrates à plusieurs élections. En effet le 4
novembre beaucoup d'institutions sont renouvelés outre la Maison Blanche : la
totalité de la Chambre des Représentants, un tiers du Sénat, un cinquième des
Gouverneurs et beaucoup d'autres mandats locaux. Or le Massachusetts est un
bastion indéboulonnable du Parti démocrate (les 13 élus au Congrès sont tous
membres du Parti de l'âne), c'est l'État qui à la gouvernance la plus
progressiste des États-Unis. La peine de mort comme la libre circulation des
armes y est proscrite et un système d'assurance maladie socialisé a été mise en
place en 2006. Tout cela pour dire que les primaires démocrates de l'État sont
en réalité l'élection la plus importante (débats télévisés, meetings...)
puisque le vainqueur est pratiquement sûr d'être élu au 111ème Congrès.
Il est à peu près 23 heures dans cette longue nuit du 2 au 3 novembre 2004. Une
première tendance donne les démocrates majoritaires, fort taux de
participation, John Forbes Kerry est projeté vainqueur grâce aux « balance
States ». L’émotion me submerge, est ce la fin d’une période noire pour
l’Amérique ? Les néoconservateurs s’agitent sur les plateaux, ils reconnaissent
leur défaite électorale, la tendance se confirme. Il est maintenant
pratiquement 3 heures du matin, nouvelles estimations et retournement de
situation. Les républicains sont largement en avance, la carte électorale
tourne au rouge, les bastions démocrates sont les seuls à rester bleues. La
déception est vive. Quelques tergiversations sur les votes de l’Iowa et
l’expression démocratique est sans appel. A 6 heures du matin George Walker
Bush est réélu président des Etats-Unis d’Amérique avec 286 grands électeurs et
3,4 millions de voix d’avance sur son adversaire. La déception puit les doutes
m’emparent. Pour quelles raisons l’émergence d’une force « liberal » (de
gauche) gouvernante est-elle si difficile aux Etats Unis d’Amérique ?





