L'existentialisme c'est d'abord une claque. Lire la philosophie de Jean-Paul Sartre - comme ce fut le cas pour moi à l'âge de 18 ans -  c'est s'ouvrir le champ des possibles. Face à des pensées rigides (Marx, Kant), angoissées (Pascal, Kirkegaard) ou apparaissant comme passéistes, l'existentialisme se révèle être une doctrine vivifiante, une dialectique de la liberté et de l'engagement. En cela l'existentialisme est un humanisme plein et entier, loin du sens classique qu'on le donne à ce terme. « L'Existentialisme est un humanisme » c'est d'ailleurs le nom d'une conférence que Sartre a donné le 29 octobre 1945 à la salle des Centraux dans une ambiance électrique - décrite par Boris Vian dans « L'Écume des jours » - qui devint ensuite un livre. Ce condensé philosophique outrepasse la richesse abrupte et inaccessible de « L'Être et le néant » pour aller à l'essentiel tout en répondant aux critiques acerbes. Sartre, lui même prendra par la suite distance avec le texte, considérant que l'exposé philosophique n'y était que trop sommaire.