Balade dans le centre de Paris l'autre jour. Au détour d'une rue une foule sur une petite placette. Des drapeaux tricolores, des cheveux blancs en masse, des crânes rasés pour les plus jeunes. Cela ressemble à une manifestation d'extrême droite. Des cris haineux bien qu'un peu forcés. Une voix étrangement familière. Une estrade avec un grande banderole « Constitution trahison ! ». C'est le vieux facho et son acolyte : Jean-Marie Le Pen et Bruno Golnisch. Ce n'est pas la forme des grands soirs d'avril ou on fait trembler la France. C'est le spectacle pathétique d'une fin de règne de celui qui a réussi à rassembler l'extrême droite pour en faire une force politique majeure. Bien sûr il y a la question de la succession. Le danger existe a travers Marine Le Pen que se refonde un grand parti national-populiste en recherche de respectabilité et d'alliances avec la droite. Cela dépendra de l'aile sectaire du FN. Mais c'est plus son problème au vieux facho. Certes il a perdu électoralement et financièrement, mais il a l'air
satisfait : il a gagné idéologiquement puisque son national-populisme
s'est dissout dans le sarkozysme triomphant.
Le combat contre l'extrême
droite et le dégoulinement de ses idées sur la droite parlementaire est
essentiel. Mais parfois la réalité sociale rattrape les certitudes politiques.
Je discute avec un ami d'enfance peu politisé entre les deux tours de la
présidentielle. Je le bassine pour savoir pour qui il a voté. « J'ai voté
pour tonton ». Je ne comprends pas pour qui il a voté. « Pour Jean-Marie Le
Pen... pourquoi ça te choque ? ». Sur le coup je suis abasourdit par cet
extrémisme de droite « ordinaire ». Quelques temps plus tard nous
débattons des raisons pour lesquelles il a voté Front national.
« C’est en faisant baisser l’extrême droite dans
les têtes que nous la ferons baisser dans les urnes ». Plus qu’une conviction
politique certains militants de gauche s’engagent contre le Front National par
impératif républicain et nécessité démocratique. Cet engagement partisan prend
une force particulière dans certaines régions de France. C’est le combat de
ceux qui militent dans ces localités ou l’extrême droite ne fait pas 16 % comme
un certain 21 avril 2002 mais régulièrement 28 % des suffrages. C’est le
courage de ceux qui manifestent aujourd’hui comme il y a 10 ans, 20 ans dans
ces endroits marqués de la peste brune. C’est la lutte de ceux qui portent la
tolérance par ce que nous sommes « tous différents, tous égaux ». C’est
l’inquiétude de ceux qui ne cessent de nous dire que loin de notre parisianisme
ce « fascisme rampant » est pour eux palpable au quotidien. Notre devoir
collectif est de déchiffrer les racines insupportables de l’ultra droite. Notre
conscience collective doit s’alarmer quand à ses perspectives de développement.
Notre action collective doit être de lutter avec de nouveaux moyens contre ce
totalitarisme des consciences.








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