Bonnet enfoncé sur la tête, barbe de
trois jours trahissant un tropisme boboïsant et l'Huma Dimanche fièrement mis
au devant de la poitrine. Sur un marché parisien, ce militant communiste, la
trentaine, a l'assurance et le calme de ceux dont les convictions sont
inébranlables. Cet idéalisme quasi-béa n'empêche en rien l'ultra-réalisme
électoral, au contraire : « Il faut être honnête, le Parti de gauche nous
sert juste a grappiller les 1 ou 2 points qui nous manquent pour être sûr
d'être au dessus de la barre des 5% ». Après une pause, il poursuit :
« Ce sont rien d'autre que des chieurs, il faut voir comment ils nous ont
emmerdé pour les listes aux régionales, résultat c'est un bordel
incompréhensible ». Depuis sa création en février 2009, le Parti de gauche (PG)
a fait de « l'union de l'autre gauche » la mère de toutes les
batailles. Dans les faits, partout ou il passe, la gauche radicale – et même la
gauche tout court – est encore un peu plus morcelée.
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon
est souvent vertement critiqué par ses petits camarades socialistes. Combien de
fois n'ai-je pas entendu dans les courants réformistes et l'aile droite du PS
qu'il fallait exclure ce gauchiste des rangs socialistes. Pour ma part, malgré
de multiples déssacords avec son courant d'idées, je pense que le PS est une
maison commune et que ce qu'il porte y a toute sa place. De plus, contrairement
à d'autres, il a le mérite de la constance dans le temps quand à ses opinions.
Mais je dois avouer que j'ai été surpris par les propos du chef de fil de Pour
la République Sociale (PRS) concernant la Chine dans un article intitulé « Je
ne suis pas d'accord avec le boycott des Jeux de Pékin et la propagande
anti-chinoise ». Je pense qu'il y fait de graves contresens.





