Blog de Thibault Dumas

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Tag - Jacques Chirac

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07 janvier 2010

La disparition de la droite sociale

Être de gauche c'est (aussi) avoir de l'estime pour ceux qui, bien que de l'autre bord, sont dévoués à la République et sensibles à la question sociale. Philippe Séguin était de ceux là. Un président de la Cour des comptes pertinent et percutant, maniant l'ironie avec délectation, qui fit de son institution un véritable contre-pouvoir républicain. Il resta tout de même bien plus proche de Nicolas Sarkozy qu'on ne le dit. Ce natif de Tunis a aussi incarné les errements du conservatisme français par rapport à la question européenne, un flirt avec l'extrême droite dissimulé sous le terme de « souverainisme ». Il fut aussi mêlé - presque malgré lui - à la décrépitude peu ragoûtante du RPR et au cynisme libéral de Jacques Chirac (à l'image du plan de rationalisation de l'Assurance maladie de 1986 lorsque qu'il fut son Ministre des Affaires sociales). Reste qu'il incarnait, au delà de ses coups de sang et de son art oratoire, une certaine droite : soucieuse de l'intérêt général et non de celui d'une caste ou des milieux financiers. L'actuel locataire de l'Élysée en a pris l'exact contre-pied, détruisant méticuleusement ce sens de l'État. La mort des idées de Philippe Séguin a en quelque sorte précédée sa propre disparition.

02 septembre 2008

Le Jacques Chirac du PS

Cette édition 2008 de l'Université d'été du PS est de l'avis des « commentateurs » un échec, mais de quand date la dernière rentrée socialiste de La Rochelle perçue comme un succès ? De mémoire c'était celle de 1997 ou le nouveau Premier ministre Lionel Jospin venait de gagner brillament les législatives en pleine vague rose européenne. Deux mois après François Hollande devenait Premier secrétaire du PS, simple coïncidence ou symbole de son échec immobiliste ? Finalement l'élu corrézien aura été le Jacques Chirac de la gauche. Foncièrement sympathique, cultivant une bonhomie provinciale qui plaît (encore) aux militants socialistes, il a tous les trais du baron radical-socialiste façon IIIème République. Incapable de trancher sur le fond, de donner un sens à son « réformisme de gauche », il fut de toutes les batailles et avec tous les courants du PS pour maintenir le statut quo. La tactique de ce fan de football fut de rester au centre du PS pour être au centre du jeu solférinesque. Ne jamais se faire déborder ni sur son couloir droit, ni sur son couloir gauche. Ne jamais prendre de but quitte à ce que la « vielle maison » socialiste ne marque jamais. Sans être à la même échelle, Hollande a excellé comme Chirac dans la conquête et le maintien au pouvoir, mais pour faire quoi ?

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18 octobre 2007

Dominique de Villepin ou le traitre antique

Qui est ce membre véhément de l'opposition ? Qui dénonce avec une telle ardeur le pouvoir en place ? Va-t-il déposer une motion au prochain congrès du Parti socialiste ? Veut-il prendre le leadership de la gauche en vue des élections présidentielles de 2012 ? Non, c'est Dominique de Villepin qui fait ses gammes anti-sarkozystes. Ce qui délicieux à écouter l'ancien Premier ministre, c'est qu'il est un traite antique, usant de ses tirades comme autant d'armes contre l'Élysée. Héritier désigné par le vielle empereur Chirac, il fut écarté de la succession au pouvoir par le perfide Sarkozy, fils rejeté. Tel un traitre au nouveau César, Galouzeau de Villepin dénonce et poignarde sans relâche un pouvoir qu'il ne connaît que trop bien, pour y avoir exercé longtemps comme conseiller de l'ombre. Ainsi, il est le surmoi chiraquien, proclamant tout haut ce que l'empereur à la retraite n'ose dire que tout bas. Son éloquence désuette mais tellement inspirée a côté de la vulgarité de Nicolas Sarkozy, n'a d'égale que sa mauvaise foi. Car Dominique de Villepin ne dénonce pas tant les choix du pouvoir que le fait de ne pas être lui même au pouvoir. Il méprise tellement le suffrage universel et la démocratie qu'il pense que les luttes politiques ne se gagnent que dans l'ombre des officines et dans la lumière de ses envolées lyriques.

06 juin 2007

Continuons à porter la 6e République

Un bilan politique de la 5e République montre qu'elle s'est construite contre l'alternance politique et au mépris de la démocratie. Sur les 54 années de mandatures de 1958 à 2012, on compte 40 ans de présidence conservatrice, bientôt autant à l'Assemblée nationale, sans parler d'un Sénat de tous temps ancré à droite. Nicolas Sarkozy se fait le champion des excès de cette 5e République et de la concentration des pouvoirs politiques, financiers et médiatiques. La gauche reste mal à l'aise avec la personnalisation forcé qu'entraine ce régime qui va à l'encontre d'une exigence collective et démocratique. Nous devons donc continuer à porter une 6e République des citoyens, avec des contres pouvoirs et « gouvernable » institutionnellement.

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03 août 2006

Choisir le camp de la paix et de la justice

Malmenés, démentis, piétinés ceux qui réclament et qui agissent pour la paix au Proche Orient. La situation tant au Liban que dans la bande de Gaza s’empire de jour en jour, tandis que l’espoir de la paix diminue de façon inquiétante. Je pense à ces camardes progressistes, palestiniens et israéliens, qui se seraient la main il y a huit mois de cela avec l’ambition d'une paix juste pour toutes les populations du Proche Orient. Je pense à mes ami(e)s libanais, qui travaillaient dur pour enfin vivre en paix et en liberté dans leur pays. Tous ces espoirs, toutes ces ambitions, sont aujourd'hui réduient en cendres par le fracas des canons et les tirs de missiles. Certains, à la lecture des réflexions, céderont à la classification facile et fausse de pro-arabe ou pro-israélien. Mais face à l'oppression envers les plus faibles, face aux extrémistes de tous bords, ceux qui ont du sang sur les mains comme sur leurs consciences nous devons ensemble choisir qu’un seul camp : le camp de la paix et de la justice.

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13 décembre 2005

Mobilisation pour l'abrogation de l'article 4

« Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Cet extrait de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 montre à quel point la majorité actuelle se complet dans un néocolonialisme répugnant. Car la démocratie, le pouvoir législatif ne peut prétendre établir une vérité positive ou négative d’un évènement ou d’une période, tout ce qui importe c’est la vérité historique. Jacques Chirac qui paraît aujourd’hui s’émouvoir de ce texte l’a pourtant contresigné pour le promulguer, la droite reste finalement une caricature d’elle-même, prompte à considérer une population, une culture, voir une civilisation supérieure à une autre. Ce fait est d’autant plus écœurant que nous n’avons jamais fait le travail critique de mémoire et d’histoire qui s’impose concernant la période de la colonisation et de la décolonisation.

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