
Et la Cinecittà brûla. Un dépôt de
matériel, un court-circuit, des flammes hautes de 30 à 40 mètres et 4 000 m2 de
studios qui partent en fumée sur les 40 hectares que compte l'antre mythique du
cinéma italien. Bien sûr, cette nuit ravageuse du 9 au 10 août 2007 ne marque
pas matériellement la fin de l'Italie sur grand écran mais le symbole est fort,
l'image crépusculaire. Car le cinéma transalpin fut grand, immense, écrasant le
Vieux Continent de sa superbe. Les studios de la Cinecittà fêteront en
avril 2012 leurs 75 ans d'existence, pour 4 000 films produits. "L'usine à
rêves" a été érigée en 1937 dans le sud-est de Rome, coincée entre autoroutes
et rails. D'inspiration mussolinienne, l'idée d'un lieu majeur de création
culturelle populaire ne devint succès qu'après la seconde guerre mondiale... et
la disparition du régime fasciste.

« Les Italiens sont des Français de
bonne humeur » disait Jean Cocteau. Le 26 avril dernier, à Rome, lors du
vingt-neuvième sommet franco-italien, cette bonne humeur se lit sur les visages
du président de la République Nicolas Sarkozy comme du président du Conseil
Silvio Berlusconi. Le traité de Schengen ? A réviser disent d’une seule voix
les deux chefs d’États. L’OPA du groupe français Lactalis sur l’italien
Parmalat ? Les deux pays souhaitent « créer de grands groupes internationaux
franco-italiens, italo-français » répond Silvio Berlusconi. La candidature de
l’Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) ? «
Nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, nous le soutenons parce que
c’est un homme de qualité » affirme Nicolas Sarkozy. Un numéro digne des plus
grandes heures de la commedia dell’arte. Derrière les masques politiques, de
nombreux achoppements entre les deux cousins transalpins. Petit abécédaire.
Le 17 février dernier, l'Assemblée
nationale française votait à l’unanimité la création d'une allocation
d'accompagnement de la fin de vie. Des rangs de la gauche communiste,
écologiste et socialiste, en passant par ceux du centre, jusqu’à la majorité de
droite UMP, la réforme est soutenue par toute la représentation nationale.
C’est un progrès indéniable, bien qu'insuffisant, dans l’approche qu’a la
société française de la fin de vie. A l’inverse, en Italie, la droite
berlusconienne s'acharne et la société transalpine se déchire autour du cas
d'Eluana Englara. Cette jeune femme de 38 ans, dans le coma depuis 1992, a
obtenu (par le biais de sa famille) le droit à mourir auprès de la Cour de
cassation italienne. Elle est décédée le 8 février dernier à la clinique
« la Quiete » à Udine.





