« Aujourd'hui nous verrons si le Parti
travailliste cède au reniement de Barak et s'autoliquide ». Yoel Marcus,
éditorialiste au journal israélien Haaretz avait prévenu. L'enterrement du
travaillisme israélien a bien eu lieu. C'est Ehud Barak, pianiste émérite, qui
en a joué la marche funèbre. Pour satisfaire ses ambitions personnelles. Pour
servir d'alibi et d'écran de fumée à une coalition de droite très dure
Netanyahu-Liebermann. Pour pérenniser son poste de ministre de la Défense. Pour
cacher le fait que c'est un piètre stratège politique. Barak a eu le culot de
se comparer à Moshe Dayan, qui avait rejoint le gouvernement de droite de Begin
en 1977. Mais celui-ci avait été courageux. Il avait quitté le Parti
travailliste. Il se sentait obligé de faire la paix après l'échec de la Guerre
du Kippour qui l'avait rendu dépressif.
Les bombes et les missiles israéliens pleuvent
sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion
guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le
flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur
absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui
pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix
au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying
contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre
pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de
s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des
plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont
le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la
justice en temps de guerre.
« Pluie d'été » contre « Plomb
durci ». Les noms des opérations militaires de Tsahal changent,
la folie guerrière reste. Les similitudes avec le conflit du Sud Liban en 2006
sont démoralisantes. La pratique de la terreur meurtrière par les tirs de
roquettes (hier du Hezbollah aujourd'hui du Hamas), les représailles d'une
violence inouïe par l'armée israélienne. Entre les deux, les
gazaouis, appauvrient par les uns pour être tués par les autres. Le
blocus, l'enclavement entre l'Égypte et Israël, le conflit Hamas / Fatah, la
guerre maintenant, tout consacre l'agonie de Gaza tout autant que la
désagrégation de l'unité palestinienne. Le Hamas pourtant affaiblit depuis son
arrivée au pouvoir, se retrouve revigoré par cette guerre. Plus simple de jouer
les martyrs terroristes en temps de guerre, que de redistribuer les richesses
et dialoguer pour faire la paix. La disproportion belliciste de Tsahal est tout
aussi alarmante. Les extrémistes va-t-en guerre israéliens comme palestiniens
semblent avoir des intérêts communs à ce conflit meurtrier.





