Bien sûr le président Sarkozy, avec sa
vulgarité habituelle, en fait (tactiquement) des tonnes sur la libération
d'Ingrid Betancourt, pour eclipser les sujets qui fâchent. Assurément le
président Uribe sera conforté dans sa politique musclée à l'égard des FARC
alors que c'est une opération plutôt fine (du moins en apparence) qui a permis
la libération de l'otage franco-colombienne. A coup sûr, nous assistons à un
déferlement médiatique ou certains sont plus proche du voyeurisme exécrable que
du journalisme. Mais quelque part on s'en fout complètement, car quel
enthousiasme de voir Ingrid Betancourt libre ! Sa lucidité sur l'horreur
humaine absolue qu'elle a vécu, sa connaissance aigue des implications
diplomatiques de sa libération, sa pugnacité étonnante quand à l'avenir
politique colombienne, sont autant d'indices de la grandeur de cette femme
politique. Il y a six mois lors de la libération de Clara Rojas nous rêvions
tous que Ingrid Betancourt « (...) citoyenne d'honneur de Paris puisse de
nouveau arpenter les rues de cette ville symbole de la liberté ». C'est
aujourd'hui une réalité.
A force de voir ces affiches sur les murs des
villes, ces photos dans les journaux, ces vidéos sur les écrans de télévision,
on a la triste impression que même en image Ingrid Betancourt n'est plus libre
et après tant d'années on a du mal à l'imaginer autrement que figée,
emprisonnée... Dans la dernière vidéo ou on l'aperçoit, on dirait que le temps,
que l'humanité s'est arrêté dans un coin de la jungle colombienne. Alors la
libération de Clara Rojas, les images de ses retrouvailles avec ses proches, le
simple fait de la voir bouger et parler en toute liberté est un formidable
espoir et ouvre la possibilité qu'un jour Ingrid Betancourt, elle aussi, soit
libre. La possibilité qu'un jour cette citoyenne d'honneur de Paris puisse de
nouveau arpenter les rues de cette ville symbole de la liberté. La mobilisation
internationale pour qu'un accord humanitaire se fasse entre le gouvernement
colombien et les FARC pour la libération d'un plus grand nombre possible
d'otages colombiens dont Ingrid Betancourt doit continuer. La discussion et la
négociation, d'où qu'elle vienne, doit être encouragée contre une fermeté et
des coups de force qui seraient fatales à la liberté (
Elle est gracieuse, elle est légère
quand elle descend de l’avion, c’est comme si elle survolait le tarmac.
Tellement naturelle et souriante qu’on en vient à se demander ce qu’on fait la
à la regarder. On est presque gêner car elle est si sereine alors que nous
sommes si fébriles, si émus. On voudrait oublier que ça fait 157 jours que l’on
voit ses doux yeux bleus sur les murs de nos villes, on voudrait oublier que ça
fait 157 jours que le regard plein de sagesse de Hussein se pose sur nous. Que
dire de lui, tellement majestueux quand il retrouve les siens. Il arrive tel un
prince dans son habit blanc. Il est tellement digne, tellement touchant face à
la fébrilité, face à l’émotion, face à la souffrance sans doute. Cette
humanité, cette force contre la violence et contre la guerre. Ils sont à
l’image que l’on s’est faites d’eux : des héros du combat pour la liberté. Ils
sont tellement rayonnants, ils respirent la liberté…nous respirons avec eux…
ils font respirer notre liberté. Dimanche 13 juin 2005 la liberté a retrouvé un
sourire. N'oublions pas la douleur de nombreux otages fait prisonniers en Irak
ou ailleurs dans le monde. Gauches soutien plus particulièrement Ingrid
Betancourt enlevée en Colombie le 23 février 2002 et le combat de sa famille
pour qu’elle retrouve la liberté (
Tout
d'abord, saluons la libération de la journaliste italienne Giuliana Sgrena
(enlevée le 4 février 2005 à Bagdad) et souhaitons lui un bon rétablissement.
Mais par ce que « Il n'y a pas de liberté sans liberté d'informer » (








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