
Traitement à la marge de
l'actualité européenne par les médias traditionnels, difficile appréhension des
institutions de l'Union, frilosité des rédactions, endormissement des
correspondants bruxellois, autant d'obstacles à « la construction d’un espace
public à l’échelle de l’Europe ». Et si l'émergence de cette information
européenne empruntait des chemins alternatifs ? Grand reporter « de Brest à
Diyarbakir, du Cap Nord à Gibraltar » pendant 25 ans, Renaud de Chazournes est
le co-fondateur et directeur de la rédaction du site d'information
myEurop.info. Une ambition : « regarder ailleurs pour comprendre ici »
et un regard aiguisé sur le travail des médias mainstream.
18,7 millions d'articles en ligne, 29
millions d'utilisateurs inscrits, 281 langues utilisées (anglais, allemand et
français en tête), 7e site le plus fréquenté au monde. Voilà la carte de visite
de l'encyclopédie universelle et collaborative Wikipédia - wiki
signifiant "rapide" en hawaïen - créée il y a un peu plus de dix ans, le 15
janvier 2001. Derrière ces chiffres, une aspiration et une illusion millénaire
pour l'homme, celle de la connaissance universelle. « L'âme de l'homme est
faite pour embrasser dans sa pensée toutes les œuvres que le principe des
choses a laissé sortir hors de son sein », énonçait Louis-Claude de
Saint-Martin, penseur français du XVIIIe siècle, autoproclamé le "philosophe
inconnu" !
110. C'est le nombre d'essais
politiques qui furent consacrés à Nicolas Sarkozy au cours des quatre mois qui
ont suivi son arrivée à l’Élysée. 2435. C'est la somme des ouvrages référencés
à ce jour pour les termes "Nicolas Sarkozy" par un fameux (et fumeux) site de
commerce en ligne. A la surface de cet amas littéraire gargantuesque flotte un
petit livre blanc. Point de Stéphane Hessel à la plume, mais un mystérieux
envoyé spécial au Sarkozistan. Premier livre édité par Arrêt sur
images, en partenariat avec Le Publieur, Crise au Sarkozistan
tient autant des Monty Python que du Canard enchainé. 96 pages d'un
soyeux mélange fait de journalisme d'investigation et d'un humour au second
degré foncièrement anglo-saxon. La lucidité corrosive de notre reporter -
enrichie par les illustrations drôlissimes du dessinateur Mor - nous donne
beaucoup à apprendre sur le Sarkozistan. Un voyage stupéfiant.
«
L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à
l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller
le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire
Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I,
l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis
la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père
et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père
Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau
de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la,
totale, presque totalitaire
Dans son numéro du samedi 31 janvier 2008
l'hebdomadaire le Figaro Magazine a fait dans le lourd. De le page 22 à 26
c'est un véritable publireportage en faveur du plan de relance du gouvernement
qui a été imprimé. Ce dossier intitulé « Plan de relance, c'est parti ! » est
pour le moins partisan, sans nuances, dénué d'opinions alternatives. C'est très
critiquable sur le plan du travail journalistique mais c'est le droit le plus
strict du « Fig mag ». La ou le bas blesse c'est que chaque page est agrémentée
d'un énorme logo gouvernemental « Plan de relance » avec adresse du site
officiel en prime. Imaginons que Libération fasse la même chose avec le visuel
« Agir vraiment contre la crise » du PS. Ridicule ! Le propriétaire du Figaro
magazine, Serge Dassault, s'est il « coordonné » avec Patrick Devejian ? Est-ce
une commande directe du gouvernement et de son communicateur en chef Thierry
Saussez ?
Parfois, il est utile de relire la
Déclaration des droits de l'Homme du Citoyen de 1789. Son article 11 garantit
la liberté et la pluralité d'opinion : « La libre communication des pensées et
des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ». Ce principe est
aujourd'hui remis en cause dans le domaine de l'audiovisuel. Des pratiques
politiques qui nous paraissaient scandaleuse, il y a quelques temps encore, en
Italie voir en Russie, se dévellopent maintenant en France : mis à mal de
l'accés à l'information, limitation de l'indépendance des médias,
hyper-concentration des pouvoirs médiatiques, soutien aux grands groupes « amis
» et au tout marchand, reprise en main politique et lynchage du service public
audiovisuel. Ce dernier point est déterminent, les citoyens peuvent et doivent
se mobiliser pour « leur » service public audiovisuel. C'est pour mener ce
combat que se créer Libre écran, le collectif citoyen pour la défense de
l'audiovisuel public. Les fondements démocratiques et culturels de notre
société sont en jeu, alors agissons (
Entre Roland Garros, l'Euro et les Jeux
Olympiques on peut dire que l'été 2008 est riche en évènements sportifs. Malgré
les turpitudes et les aléas propre au sport, la France demeure un grand pays
dans ce domaine. Grâce principalement à la prise en charge du sport par la
puissance publique (États et collectivités), couplé à la force associative (264
700 associations en 2005). Ces deux piliers qui se structurent au sein des
fédérations permettaient depuis le Front populaire de tendre vers le but voulu
par Léo Lagrange « (...) tout en ne négligeant pas le côté spectacle et la
création du champion, c’est du côté des grandes masses qu’il faut porter le
plus grand effort ». Cette force est enviée en Europe de l'Est ou les champions
sont formés aux États-Unis et le sport de masse décrépit voir corrompu. Car la
marchandisation a malheureusement gangréné le sport. Aujourd'hui, même le
système fédéral français est remis en cause par la concurrence de filières
privés, à l'image du « Team Lagardère ».
Nicolas
Sarkozy a été cité 110 fois sur ce blog sans prendre en compte ce billet. Au
delà de cette anecdote les médias de masse français semble être atteint d'une
sarkozite aigu qui consiste à relayer la stratégie agressive de
sur-communication de l'hôte de l'Elysée. Un évènement témoigne de ce climat ou
on a la curieuse impression d'être beaucoup informé sans être réellement
informé du fait d'une hyper-concentration sans précédent des pouvoirs
politique, financier et médiatique. Le 18 et 19 octobre dernier lors de la
préparation du sommet de Lisbonne le président français se lance dans une
diatribe contre le « trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et
soutien avec virulence « le choc des civilisations » (





