Blog de Thibault Dumas

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29 décembre 2010

Une grève oubliée

C'est une grande bâtisse typiquement art-nouveau, tendance anglo-saxonne des années 1930, avec une touche exotiquement coloniale. Sa façade se veut une représentation des territoires occupés d’antan, ces terres des Antilles, d'Océanie, d'Afrique et d'Asie. La Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) se dresse là, coincée entre les boulevards maréchaux et le périphérique parisien, le vert du bois de Vincennes et le rouge des immeubles en briques avoisinants. A l’intérieur de la Cité, au milieu des fresques et des expositions, c'est la colère sociale qui a pris ses quartiers. Depuis début octobre, 500 travailleurs sans-papiers occupent symboliquement le hall d'entrée de la CNHI. Leur revendication ? La régularisation de 6804 travailleurs franciliens qui sont en grève depuis plus d'un an, soutenus par le syndicat CGT. Une grève oubliée.

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15 février 2008

Un vote ethnique et communautaire ?

Les élections municipales dans le 13e arrondissement de Paris sont le théâtre d'une dérive politique inquiétante : le communautarisme électoral. Un certain Félix Wu se présente aux suffrages de ses concitoyens pour, selon ses affiches, « une plus juste représentation du 13e ». Bien qu'il fasse référence à une « diversité positive », sa liste veut « représenter la classe asiatique à la Mairie du 13e ». Il s'agit donc pour Félix Wu de rassembler exclusivement un vote communautariste voir ethnique (je n'aime pas utiliser ce terme mais c'est de cela qu'il s'agit). Cette candidature va à l'encontre de trois principes fondamentaux. Un, on appartient avant tout à une collectivité démocratique et solidaire (Ville, Région, État-nation, Europe), et ce quelle que soit son origine. Deux, un élu exerce son mandat dans le but de l'intérêt général de l'ensemble d'une population et non d'une communauté. Trois, se présenter au nom d'une communauté c'est s'y limiter et être en contradiction avec la métissage culturel.

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24 octobre 2007

Oppositions sans l'opposition

Laurent Joffrin a dit l'autre jour au Zénith « c'est le premier rassemblement d'opposition à Nicolas Sarkozy ». On a envie de dire enfin. Les premières oppositions consistantes au pouvoir néo-conservateur se font donc sentir. Mais l'ironie veut que « l'opposition »  ne soit pas le meneur principal de ces oppositions. Les trois principaux mouvements de contestation en cours (contre la réforme unilatérale des régimes spéciaux, le texte de loi sur l'immigration et les franchises médicales) se sont construit, dans le salariat et chez les citoyens, en dehors des organisations partisanes. Cette opposition trouve même un écho acéré dans l'intelligentsia démocrate américaine et cet édito du New York Times dénonçant « un sectarisme pseudo-scientifique en France » à propos des tests ADN.

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04 octobre 2007

Pourquoi Charles Pasqua est contre les tests génétiques

La révolte citoyenne et l'opposition contre le texte de loi sur l'Immigration et plus spécifiquement contre les tests ADN est plus que légitime, elle est moralement et humainement indispensable. Dans le flot des personnalités politiques opposées à ces tests on peut comprendre l'humanisme de certaines personnalités de droite ou l'opportunisme des chiraquiens avide d'épingler Nicolas Sarkozy. Plus surprenante est l'opposition de Charles Pasqua, initiateur des lois les plus répressives contre l'immigration. Pourquoi un tel positionnement ? Tout simplement par ce que la succession de Christian Poncelet à la présidence du Sénat va bientôt s'ouvrir avec le renouvellement partiel de la haute assemblée en 2008. Charles Pasqua est candidat à cette fonction. Mais pour être élu il doit rassembler au delà des sénateurs de droite, les voix de nombreux sénateurs humanistes de centre-gauche et de centre-droit des groupes Union centriste-UDF et RDSE (72 parlementaires). Pourtant, Charles Pasqua rattache toujours ses idées à celles de l'ultra droite « (...) sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité (parlementaire) ». Un cynisme écœurant...

30 mai 2007

Chronique d'un vote frontiste ordinaire

Le combat contre l'extrême droite et le dégoulinement de ses idées sur la droite parlementaire est essentiel. Mais parfois la réalité sociale rattrape les certitudes politiques. Je discute avec un ami d'enfance peu politisé entre les deux tours de la présidentielle. Je le bassine pour savoir pour qui il a voté. « J'ai voté pour tonton ». Je ne comprends pas pour qui il a voté. « Pour Jean-Marie Le Pen... pourquoi ça te choque ? ». Sur le coup je suis abasourdit par cet extrémisme de droite « ordinaire ». Quelques temps plus tard nous débattons des raisons pour lesquelles il a voté Front national.

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30 mars 2007

Que vive la dignité humaine !

Je discute avec une jeune femme sans-papiers. Outre la descente qui a été faite dans une école de la République il y a une semaine, elle me parle des méthodes policières utilisés dans le nord de Paris. Fermeture des sorties d'une station de métro pour un contrôle musclé des papiers d'identité de tous les voyageurs. Encerclement d'un marché en pleine air pour la aussi, une vérification agressive des papiers. Sans parler des expulsions arbitraires qui se font au mépris des réalités familiales et des dangers encouru dans certains pays. S'engager à gauche c'est porter un projet de société mais c'est aussi être révolté. Je suis indigné face aux méthodes politiques et policières qui sont employés contre les sans-papiers. Il n'y a pas de sous-hommes ou de sous-justice. Le respect de la dignité humaine est un droit pour n'importe qu'elle personne vivant en France.

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23 novembre 2006

Georges Frêche n'est pas digne d'être socialiste

Les propos de Georges Frêche ne sont pas un acte anodin, une parole isolée qui irait plus loin que sa pensée. Ils parachèvent une longue série de vociférations, de dérapages tout à fait contrôlés et répétés qui ont une caractéristique commune : le racisme et le mépris. Ces dires bafouent le poing qui est celui de lutte antiraciste et la rose qui est celle de la tolérance et du multiculturalisme. Ces déclarations souillent des hommes et des femmes, comme ils déshonorent l'histoire du socialisme et de la gauche. Nous ne pouvons avoir de faiblesse face à la haine raciste qui gangrène la société de l'extrême droite, en passant par la droite sarkozyste et qui se manifeste aujourd'hui chez quelqu'un qui se "réclame" de la gauche. Georges Frêche n'est pas digne d'être socialiste, il est une honte pour la gauche. Il n'a eu que trop de complaisances du fait de son poids politique. Il doit être exclu du Parti Socialiste et les forces progressistes du Langedoc-Rousillon doivent pousser à ce qu'il démissionne de ses fonctions.

20 octobre 2006

On ne peut pas piétiner l'humanisme monsieur Sarkozy

La politique d'immigration de Nicolas Sarkozy définit par l'interessé "humanité et fermeté". Termes déjà utilisés par un certain Jean-Louis Debré qui avant l'évacuation violente des sans papiers de Saint Bernard en 1996, déclaré qu'elle se ferait "avec humanité". On a beau cherché l'humanisme après l'évacuation, l'abandon des sans papiers de Cachan il est inexistant. On cherche l'humanité dans le traitement des enfants scolarisés, des parents sans papiers mais elle est absente. Les mots ont du sens et ils sont détruis par les faits : c'est le cynisme, l'intolérance et l'irresponsabilité qui a toujours primé, et prime dans la politique de Nicolas Sarkozy. Affirmons l'humanisme, la solidarité et la responsabilité.

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