Blog de Thibault Dumas

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07 février 2012

Gibraltar : l'étroit chemin de l'indépendance

Mars 1991. 287 années de présence militaire britannique qui prennent fin en quelques semaines. En ce mois de mars 1991, près de 2000 soldats de Sa Majesté, qui avaient pour mission « de contrôler avec attention la population » de Gibraltar, quittent le Rocher. Seul reste sur ce bout de territoire situé au sud de l'Espagne, en bordure du détroit qui marque l'entrée de la Méditerranée, le « bataillon royal de Gibraltar », uniquement constitué de Gibraltariens. Le conflit historique opposant Espagne et Grande-Bretagne pour le contrôle du mont Tariq ("Jabel Tariq" qui a donné son nom à Gibraltar) s’est amenuisé. Madrid ayant adhéré à l'Otan (1982) puis à la CEE (1986), l’intérêt géostratégique est-il devenu mineur pour Londres ? Non, c'est bien la souveraineté de Gibraltar qui est en jeu.

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07 décembre 2011

ETA : des négociations à la reddition

Janvier 1982. Euskadi ta Askatasuna ("Pays basque et liberté"), voilà la signification des trois lettres de ETA, organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis sa création (clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit basque connait un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition démocratique en Espagne, dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie aux combattants de l'ETA , emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de l'abandon de la violence. Le président du gouvernement central est convaincu que « le problème du terrorisme n'est pas seulement, comme on le dit régulièrement, un problème d’État, mais un problème majeur qui menace la réalité même de l’État ».

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06 janvier 2011

La valse d'un néo-socialiste

Faut-il accorder du crédit aux propos de Manuel Valls au regard de son poids politique ? « Nous devons déverrouiller les 35 heures », le roquet d’Évry parle tel un Jean-Marie Bockel de la nouvelle décennie. Un blairisme outrancier chevillé au corps couplé à une influence proche de zéro au sein du PS - le curriculum vitae parfait pour entrer au gouvernement. En 2005, lors du congrès du Mans, le sénateur Bockel (Haut-Rhin) réalisait 0,7% avec sa motion « Pour un socialisme libéral : vérité et action ». Manuel Valls pourra difficilement plonger aussi profond - quoique - mais la réalité est la même. Il n'a pas pas d’ancrage militant et peu de rayonnement idéologique. Reste le bruit (et l'odeur) médiatique. Et le député de l'Essonne, né à Barcelone, compile ses saillies droitières comme Xavi Hernández distille ses passes chez les Blaugranas. Au millimètre.

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03 septembre 2010

Les bretons flingueurs

La reconstitution historique a tous les attributs du théâtre emmerdant : décors kitchs, jeu minimaliste ou outrancier (c'est au choix), spectacle lénifiant... De ce point de vue « l'Hermine noire » est renversante. Cette pièce de théâtre jouée a maintes reprises cet été sur la presqu'ile Guérandaise (région à la lisière de la Bretagne et des Pays de la Loire) met en scène l'histoire de Anne Bretgane et les péripéties du rattachement (ou de la résistance diront certains) de la Bretagne à la France. Emmerdant ? Pourtant le cocktail est pétaradant : sex, war and politics au Pays Bigoudin. On couche, on flingue et on conspire à tour de bras. Le tout donne une sorte de Tontons flingueurs sur planches ou de Tarantino au Moyen Age, tant pour les dialogues que pour les fusillades.

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28 janvier 2010

La permanence exitentialiste

L'existentialisme c'est d'abord une claque. Lire la philosophie de Jean-Paul Sartre - comme ce fut le cas pour moi à l'âge de 18 ans -  c'est s'ouvrir le champ des possibles. Face à des pensées rigides (Marx, Kant), angoissées (Pascal, Kirkegaard) ou apparaissant comme passéistes, l'existentialisme se révèle être une doctrine vivifiante, une dialectique de la liberté et de l'engagement. En cela l'existentialisme est un humanisme plein et entier, loin du sens classique qu'on le donne à ce terme. « L'Existentialisme est un humanisme » c'est d'ailleurs le nom d'une conférence que Sartre a donné le 29 octobre 1945 à la salle des Centraux dans une ambiance électrique - décrite par Boris Vian dans « L'Écume des jours » - qui devint ensuite un livre. Ce condensé philosophique outrepasse la richesse abrupte et inaccessible de « L'Être et le néant » pour aller à l'essentiel tout en répondant aux critiques acerbes. Sartre, lui même prendra par la suite distance avec le texte, considérant que l'exposé philosophique n'y était que trop sommaire.

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09 octobre 2009

Barack Obama et l'histoire

Toute la spécificité de Barack Obama est la. Il « est » l'histoire avant même de l'écrire. Ainsi il devient prix Nobel de la paix 9 mois à peine après sa prise de fonction. Une distinction non pas à postériori, mais à priori « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Une récompense pour sa vision du monde et un appel à l'action bien plus qu'une consécration. Déjà son élection en novembre 2008 était un tournant historique surprenant. Fin symbolique du racisme qui a marqué l'histoire étasunienne, de l'esclavage jusqu'à la relégation sociale en passant par la ségrégation raciale. Bannissement du néo-conservatisme de Bush fils qui a souillé à jamais la face du monde. Renouvèlement du progressisme étasunien plus en phase avec l'Amérique admirée des idéaux révolutionnaires de 1776.

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29 avril 2009

Le Mouvement des jeunes socialistes meurt-il ?

La dernière grande campagne du Mouvement des jeunes socialistes ? Un bide passé sous silence. « C’est pas notre guerre !!! », contre l’envoi supplémentaire de troupes françaises en Afghanistan a tout juste récolté quelques centaines de signatures. Aujourd’hui le site de la campagne a fermé, sans laisser de traces, même chez l'agence Zenhysteria qui l'a conçu. Une erreur politique isolée ? Non. Le journal officiel du MJS, « Le temps des conquêtes », ne fonctionne plus. Tout juste sert-il à envoyer les textes officiels des congrès. Le président du mouvement depuis 2007, Antoine Detourné, est transparent. Les trois quarts des socialistes sont incapables de citer son nom. Le MJS fondé en 1993 se meurt-il ?

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16 octobre 2008

J'ai déjà voté pour Barack Obama

Étrange sensation que celle de voter par anticipation, 21 jours avant la « big election night ». La règle est simple : l'enveloppe contenant le bulletin de vote doit arriver avant la fermeture de son bureau de vote référant aux États-Unis le 4 novembre. 30% des américains auraient optés pour ce mode de vote en avance. Avec des sondages aujourd'hui très favorables à Obama, il y a de quoi encore creuser le trou dans lequel s'enfonce le ticket Palin-McCain. Rétrospectivement on peut diviser la campagne du démocrate en 3 phases : l'outsider fascinant (février 2007 - janvier 2008), l'icône politique (février 2008 - août 2008) et le régulateur crédible (septembre 2008 - novembre 2008). C'est bien sûr la transition entre la phase 2 et 3 qui fut la plus délicate pour le canidat progressiste. Aprés cette longue campagne, ces 1,36 milliards de dollars levés, ces arguments valeureux comme crasseux échangés, tout a été dit. Les américians vont voter plus informés que jamais, surinformés même. Les États-Unis sont à la veille d'un point de rupture de leur histoire. Les démocrates peuvent obtenir une « landslide victory » inédite qui changerait à coup sûr la face du pays (avec toutes les difficultés et désillusions que cela implique). En perdant ils pourraient aussi enfoncer les USA dans une crise totale (un pays « qui vire au noir » selon l’économiste Paul Krugman), l'une des plus graves depuis 1776. A chacun d'être responsable.

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