
Mars 1991. 287 années de présence
militaire britannique qui prennent fin en quelques semaines. En ce mois de mars
1991, près de 2000 soldats de Sa Majesté, qui avaient pour mission « de
contrôler avec attention la population » de Gibraltar, quittent le Rocher. Seul
reste sur ce bout de territoire situé au sud de l'Espagne, en bordure du
détroit qui marque l'entrée de la Méditerranée, le « bataillon royal de
Gibraltar », uniquement constitué de Gibraltariens. Le conflit historique
opposant Espagne et Grande-Bretagne pour le contrôle du mont Tariq ("Jabel
Tariq" qui a donné son nom à Gibraltar) s’est amenuisé. Madrid ayant adhéré à
l'Otan (1982) puis à la CEE (1986), l’intérêt géostratégique est-il devenu
mineur pour Londres ? Non, c'est bien la souveraineté de Gibraltar qui est en
jeu.
Janvier 1982. Euskadi ta
Askatasuna ("Pays basque et liberté"), voilà la signification des trois
lettres de ETA, organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis
sa création (clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit
basque connait un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition
démocratique en Espagne, dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie
aux combattants de l'ETA , emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de
l'abandon de la violence. Le président du gouvernement central est convaincu
que « le problème du terrorisme n'est pas seulement, comme on le dit
régulièrement, un problème d’État, mais un problème majeur qui menace la
réalité même de l’État ».
Faut-il accorder du crédit aux propos de
Manuel Valls au regard de son poids politique ? « Nous devons
déverrouiller les 35 heures », le roquet d’Évry parle tel un Jean-Marie
Bockel de la nouvelle décennie. Un blairisme outrancier chevillé au corps
couplé à une influence proche de zéro au sein du PS - le curriculum vitae
parfait pour entrer au gouvernement. En 2005, lors du congrès du Mans, le
sénateur Bockel (Haut-Rhin) réalisait 0,7% avec sa motion « Pour un
socialisme libéral : vérité et action ». Manuel Valls pourra difficilement
plonger aussi profond - quoique - mais la réalité est la même. Il n'a pas pas
d’ancrage militant et peu de rayonnement idéologique. Reste le bruit (et
l'odeur) médiatique. Et le député de l'Essonne, né à Barcelone, compile ses
saillies droitières comme Xavi Hernández distille ses passes chez les
Blaugranas. Au millimètre.
La reconstitution historique a
tous les attributs du théâtre emmerdant : décors kitchs, jeu minimaliste ou
outrancier (c'est au choix), spectacle lénifiant... De ce point de vue
« l'Hermine noire » est renversante. Cette pièce de théâtre jouée a
maintes reprises cet été sur la presqu'ile Guérandaise (région à la lisière de
la Bretagne et des Pays de la Loire) met en scène l'histoire de Anne Bretgane
et les péripéties du rattachement (ou de la résistance diront certains) de la
Bretagne à la France. Emmerdant ? Pourtant le cocktail est pétaradant : sex,
war and politics au Pays Bigoudin. On couche, on flingue et on conspire à tour
de bras. Le tout donne une sorte de Tontons flingueurs sur planches ou de
Tarantino au Moyen Age, tant pour les dialogues que pour les fusillades.
L'existentialisme c'est
d'abord une claque. Lire la philosophie de Jean-Paul Sartre - comme ce fut le
cas pour moi à l'âge de 18 ans - c'est s'ouvrir le champ des possibles.
Face à des pensées rigides (Marx, Kant), angoissées (Pascal, Kirkegaard) ou
apparaissant comme passéistes, l'existentialisme se révèle être une doctrine
vivifiante, une dialectique de la liberté et de l'engagement. En cela
l'existentialisme est un humanisme plein et entier, loin du sens classique
qu'on le donne à ce terme. « L'Existentialisme est un humanisme » c'est
d'ailleurs le nom d'une conférence que Sartre a donné le 29 octobre 1945 à la
salle des Centraux dans une ambiance électrique - décrite par Boris Vian dans «
L'Écume des jours » - qui devint ensuite un livre. Ce condensé
philosophique outrepasse la richesse abrupte et inaccessible de « L'Être et le
néant » pour aller à l'essentiel tout en répondant aux critiques acerbes.
Sartre, lui même prendra par la suite distance avec le texte, considérant que
l'exposé philosophique n'y était que trop sommaire.
Toute la spécificité de Barack Obama est
la. Il « est » l'histoire avant même de l'écrire. Ainsi il devient prix Nobel
de la paix 9 mois à peine après sa prise de fonction. Une distinction non pas à
postériori, mais à priori « pour ses efforts extraordinaires en faveur du
renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les
peuples ». Une récompense pour sa vision du monde et un appel à l'action bien
plus qu'une consécration. Déjà son élection en novembre 2008 était un tournant
historique surprenant. Fin symbolique du racisme qui a marqué l'histoire
étasunienne, de l'esclavage jusqu'à la relégation sociale en passant par la
ségrégation raciale. Bannissement du néo-conservatisme de Bush fils qui a
souillé à jamais la face du monde. Renouvèlement du progressisme étasunien plus
en phase avec l'Amérique admirée des idéaux révolutionnaires de 1776.
La
dernière grande campagne du Mouvement des jeunes socialistes ? Un bide passé
sous silence. « C’est pas notre guerre !!! », contre l’envoi supplémentaire de
troupes françaises en Afghanistan a tout juste récolté quelques centaines de
signatures. Aujourd’hui le site de la campagne a fermé, sans laisser de traces,
même chez l'agence Zenhysteria qui l'a conçu. Une erreur politique isolée ?
Non. Le journal officiel du MJS, « Le temps des conquêtes », ne fonctionne
plus. Tout juste sert-il à envoyer les textes officiels des congrès. Le
président du mouvement depuis 2007, Antoine Detourné, est transparent. Les
trois quarts des socialistes sont incapables de citer son nom. Le MJS fondé en
1993 se meurt-il ?
Étrange sensation que celle de voter par
anticipation, 21 jours avant la « big election night ». La règle est simple :
l'enveloppe contenant le bulletin de vote doit arriver avant la fermeture de
son bureau de vote référant aux États-Unis le 4 novembre. 30% des américains
auraient optés pour ce mode de vote en avance. Avec des sondages aujourd'hui
très favorables à Obama, il y a de quoi encore creuser le trou dans lequel
s'enfonce le ticket Palin-McCain. Rétrospectivement on peut diviser la campagne
du démocrate en 3 phases : l'outsider fascinant (février 2007 - janvier 2008),
l'icône politique (février 2008 - août 2008) et le régulateur crédible
(septembre 2008 - novembre 2008). C'est bien sûr la transition entre la phase 2
et 3 qui fut la plus délicate pour le canidat progressiste. Aprés cette longue
campagne, ces 1,36 milliards de dollars levés, ces arguments valeureux comme
crasseux échangés, tout a été dit. Les américians vont voter plus informés que
jamais, surinformés même. Les États-Unis sont à la veille d'un point de rupture
de leur histoire. Les démocrates peuvent obtenir une « landslide victory »
inédite qui changerait à coup sûr la face du pays (avec toutes les difficultés
et désillusions que cela implique). En perdant ils pourraient aussi enfoncer
les USA dans une crise totale (un pays « qui vire au noir » selon l’économiste
Paul Krugman), l'une des plus graves depuis 1776. A chacun d'être
responsable.





