Lance Armstrong n'a jamais caché son
appétit politique. En 2005, il déclarait au magazine Outside, dédié aux
activités en plein-air, ses ambitions pour le Texas : « peut-être que je
me présenterais pour devenir Gouverneur ». Le manoir du Gouverneur lui
plaît même beaucoup : « (…) c'est vraiment un beau manoir. Un bel endroit, une
belle maison ». Pas de second degré. Une cupidité assumée. Pour son retour
sur le Tour de France le texan a été tout aussi clair : « J’ai décidé de
revenir au cyclisme dans le but de sensibiliser l’opinion publique au fléau du
cancer ». Sa piqûre de rappel sur le circuit professionnel en 2009 ? Un
marche-pied pour la promotion millimétrée de Livestrong, son association
controversée de lutte contre le cancer. Son ONG, son Texas natal, deux piliers
d'un même appétit frénétique pour la politique.
Bruno Le Maire est un homme politique
respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à
2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une
certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme
(typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des
Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement
instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la
nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme.
Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires
européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en
effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la
classe politique française.
Vu d'Europe on ne se rend pas compte à
quel point la tournée de Barack Obama sur le vieux continent est
politiquement audacieuse et périlleuse. Car c'est cette « vielle
Europe » que vilipendait Donald Rumsfeld (lorsque ses peuples s'opposaient
à la guerre en Irak), c'est cette « allure d'européen » que l'on
reprochait vertement à John Kerry en 2004 (il parlait français, comble du
snobisme de gauche de la côte Est). Il est évident que chaque présidentielle au
pays à la bannière étoilée fait émerger la même problématique : le monde a les
yeux rivés sur l'Amérique, alors que les américains ont les yeux braqués sur...
eux même, dans un nombrilisme nationaliste accentuée par le 11 septembre 2001.
Même Ronald Reagan qui avait fait sa campagne de 1981 sur une politique
étrangère dure face à l'URSS avait toujours refusé de voyager à l'étranger pour
rencontrer des dirigeants européens, encore moins des pays de l'Est. Obama
incarne donc l'espoir d'un changement vers une politique étrangère des
Etats-Unis plus ouverte et multilatérale.
Cher Monsieur Blair, je me permets de vous
interpeler en tant que simple militant de gauche, « la vielle
gauche » comme vous dites. Je vais être honnête, j'ai un vieux passif avec
vous car ma rupture intellectuelle avec le courant politique qui porte votre
nom (« le blairisme ») fut inhérente à mon engagement politique. Mais
je ne veux pas seulement vous parler ici d'une rupture intellectuelle mais
surtout d'une rupture morale. Elle a commencé par votre soutien total à la
diplomatie haineuse et sanguinaire de Bush fils. Elle a continué avec ces
innombrables textes communs signés avec messieurs Aznar et Berlusconi des
hommes politiques « progressistes » comme vous dites. Elle a prit un tour plus
personnel, pour nous français, quand au printemps dernier vous avez
frénétiquement soutenu Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, pourtant membre
du Parti Socialiste Européen tout comme vous, tout comme moi.
Comme vous le savez une
catastrophe extrêmement violente a touché l'Asie du sud-est le 26 décembre
2004. Les pays victimes du tsunami consécutif aux tremblements de terre sont
nombreux : l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, L'inde, le Bangladesh, le
Myanmar (la Birmanie) et la Somalie. Selon le premier secrétaire de l'ONU
Monsieur Annan (intervention du 11.01.2005) le bilan final pourrait avoisiner
plusieurs centaines de milliers de morts et un nombre indéterminable blessés.
Néanmoins il faut rester prudent quand aux termes qualificatifs de cette
tragédie. On ne peut parler de " catastrophe du siècle " alors que celui ci n'a
historiquement commencé que depuis 4 ans. Le traitement médiatique de cet
évènement est révélateur de l'ambiguïté de l'occident face aux tragédies du
monde.





