Blog de Thibault Dumas

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08 juillet 2011

Les dix piteuses

Jadis Joseph Staline gommait Léon Trotsky des photos, aujourd'hui Martine Aubry efface François Hollande des textes. Lors de la Convention nationale du projet socialiste, le 28 mai dernier à Paris, l'actuelle Première secrétaire du PS convoque le passé et cite ses prédécesseurs présents dans l'assistance : « Sont la ceux qui représentent pour nous l'essentiel, c'est-à-dire les fondations de notre parti : Pierre Mauroy, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Henri Emmanueli, qui ont porté notre parti et qui ont toujours gardé les principes et les valeurs qui sont les leurs (...) ». Manque à cette liste éléphantesque, François Hollande pourtant assis au premier rang dans le public. Consciemment ou inconsciemment la maire de Lille fait ainsi table rase du passé hollandais du Parti socialiste. Le député de Corrèze, lui, assume les « réussites » et les « échecs » de cette période, mais relooké, amaigri et gominé, il abat la carte du changement, porté vers 2012 par des vents sondagiers favorables. C'est oublier les dix piteuses de la rue de Solférino, de 1997 à 2008.

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26 janvier 2011

La faucille et l'olivier

Nous sommes en 2011, toute l'Union européenne est dirigée par des capitalistes… Toute ? Non ! Car une île peuplée d'irréductibles collectivistes résistent encore et toujours à l'impérialisme et au capitalisme. La République de Chypre, ses 780 500 habitants, sa superficie proche de celle de la Corse… et son pouvoir communiste. Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et son poing auréolé d'un marteau, dominent depuis une décennie la scène politique de Chypre, l'île au drapeau orné de deux branches d’oliviers et d'une carte couleur cuivre. Le président Dimitris Christofias, élu aux élections présidentielles de février 2008, est le seul et unique chef d’État communiste au sein de l'Union européenne. Un vestige soviétisant au milieu de la Méditerranée.

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10 octobre 2010

L'éco-Joly n'est qu'un songe

Une écologiste en safari aux derniers jours d'aout. Eva Joly sort son fusil et tire sans sommation sur deux éléphants socialistes. La première salve est pour le maire de Paris Bertrand Delanoë à propos de l'accord passé avec l'UMP sur les emplois fictifs de l'ère Chirac : « C’est un mauvais deal au très haut niveau qui traduit une fois encore un mépris de la justice ». La seconde rafale est pour le directeur général du Fond monétaire international : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je l’ai mis en examen ». Cette boutade, auréolée du prix humour et politique 2010, ne fait pas rire tout le monde. Martine Aubry recadre vertement Cécile Duflot pour qu'elle tienne Joly. En vain ? « Il faut qu’ils comprennent qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS » clame l'eurodéputé - et proche d'Eva Joly - Yannick Jadot. La mue des Verts en Europe écologie n'est pas un long fleuve tranquille, ça n'est point un scoop. Mais le vrai talon d'Achille d'Eva Joly est ailleurs : sa faiblesse en matière économique et sociale.

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11 septembre 2009

La quadrature du cercle écologiste

Le vert est à nouveau tendance. Alors qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques, apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une véritable quadrature du cercle.

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27 août 2009

Mort d'un combattant du progrès

Le lion du Sénat est mort. Ted Edward Kennedy, frère de John et de Robert, est mort à l'âge de 77 ans d'une tumeur du cerveau près d'un demi siècle après sa première élection au Sénat des États-Unis d'Amérique. Quand « Teddy » est élu en 1962 comme sénateur du Massachusetts, John Fitzgerald Kennedy est à la Maison Blanche depuis un an et lance la conquête spatiale par son discours « Nous avons choisi d'aller sur la lune ». L'Amérique est encore largement ségrégationniste et raciste, même si le mouvement des droits civiques emmené par Martin Luther King obtient ses première victoires. JFK renforce l'engagement militaire étasunien dans la guerre du Viêt Nam, semant les graines du pacifisme étudiant et la nouvelle gauche des années 1970. Quand Ted Kennedy décède en 2009, les USA ont un président métisse progressiste, veulent retourner sur la Lune pour un jour marcher sur Mars et se désengagent du « nouveau Viêt Nam » irakien. Entre ces deux dates, 46 ans de lutte pour la justice sociale et contre la pauvreté.

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16 juin 2009

La gauche européenne au fond du trou

« Une triste soirée pour la social-démocratie » selon Martin Schultz, président du groupe socialiste au Parlement européen. Un euphémisme, même à froid. La gauche social-démocrate européenne est en lambeaux (21,5% des voix), tandis que la gauche ex-communiste rétrécie (4,3%) comme peau de chagrin et que les écologistes pèsent encore peu (7,2%). Un raz de marée bleu aux reflets gris a déferlé partout en Europe à l’exception de la Grèce, Malte, le Danemark et la Suède qui flottent tels des radeaux de survie rose. Le PPE libéral-conservateur, culmine à 35,9% des voix, tiré vers la droite par le sarko-berlusconisme et une extrême droite europhobe qui fait une percée aux alentours de 12,5%. On ne saurait élucider la défaite encore plus cruelle du PS en France par de simples explications nationales. Les mines déconfites des camardes socialistes, les séances d’auto-flagellation des cadres du PS sont le reflet d’une gauche européenne profondément en crise.

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12 mai 2009

Pour une fois Manuel Valls a raison

Ah, le nombre de soirées passées à fulminer contre les positions droitières de Manuel Valls ! À s'égosiller contre le tressage de lauriers pro-Sarkozy du député-maire d'Evry. À être vert de rage après le torpillage en règle du Printemps des libertés du PS et mort de honte du fait de sa présence dans le cortège d'un 1er mai tout sauf honteux pour les socialistes. Alors quand Valls a raison autant le dire. Oui la gauche doit devenir « post-Lang » en matière de culture. Le droit d'inventaire du mitterandisme ne souffre d'aucune exception. Assez de cette bien pensance issue des années 1980 qui conduit à soutenir l'inique loi HADOPI en 2009. Comme l'a dit l'association RéSo « (...) ce texte porte frontalement atteinte aux libertés individuelles et n’apporte aucune solution aux problèmes posés au monde culturel par les évolutions technologiques ». Le vrai combat de gauche c'est celui pour une culture des créations qui s'émancipe du carcan du marché. Le vrai combat de gauche c'est celui pour des cultures accesibles à tous, notamment aux classes populaires.

10 mai 2009

Le retour de la stratégie du radis

Dans son éditorial du 4 mai 2009 dans Libération, Laurent Joffrin est limpide: le Parti socialiste doit s’allier avec le MoDem dans une « grande coalition de l’après sarkozysme ». Cette stratégie en dehors d’une « combinaison d’appareils », qui intégrerait aussi les gaullistes sociaux et les écologistes serait la seule à même d’empêcher un second mandat de Nicolas Sarkozy. Mieux, par l’adoption d’une stratégie verticale peuple contre élites, en lieu et place d’une opposition horizontale gauche contre droite, on abattrait le néo-libéralisme chancelant. Le côté « pavé dans le mare » de cet édito ne doit pas effacer sa principale portée. Le retour anachronique de la stratégie du radis façon radical-socialisme. Le rouge dehors (l’après Sarkozy, l’après libéralisme), blanc dedans (le pot-pourri politique, le centrisme).

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