Blog de Thibault Dumas

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28 janvier 2012

Sports à la télévision : un droit fondamental

Les Argentins en ont rêvé, le gouvernement argentin l'a fait. Le 20 août 2009, la présidente Cristina Kirchner a signé un accord avec la Fédération argentine de football (AFA), concédant pour une décennie la diffusion de la première division argentine à la télévision publique. Mme Kirchner n'a pas fait les choses à moitié, à l'époque, quitte à verser dans le populisme. 110 millions d'euros alignés par l'État, grand raout aux côtés de Diego "El Pibe de Oro" Maradona, trémolos dans la voix et comparaison avec la dictature militaire de 1976-1983 : « Ils te séquestrent les buts jusqu'au dimanche comme ils te séquestrent les images et les mots. Comme ils ont séquestré trente mille Argentins ». Mais seule compte la vérité du terrain : désormais tous les argentins peuvent voir à la télévision, sans verser un centime, le clásico opposant à Buenos Aires Boca Juniors à River Plate.

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22 décembre 2011

David Beckham à Paris ou la fin de l'équité financière

C'est bien plus qu'un joueur de football vieillissant, qui vient de signer pour dix-huit mois au Paris Saint-Germain. David Beckham, 36 ans, est une "marque", exportable bien au -delà de l'Europe (particulièrement en Asie) pour le club de la capitale française, racheté par le fonds Qatar Sports Investments (QSI) l'été dernier. Déjà, lors de ses cinq saisons passées en Espagne, au Real Madrid entre 2003 et 2007, le natif de la banlieue de Londres aurait rapporté la coquette somme de 440 millions d'euros aux Madrilènes en produits divers. Quasiment six fois le budget du PSG pour la saison 2010-2011, avant son acquisition par les Qataris. C'est dire si du côté du Parc des Princes, on est désormais sur une autre planète financière entraînant, de force, l'ensemble du championnat de France dans une nouvelle galaxie.

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15 décembre 2011

Entre Eric Abidal et Barcelone, l'idylle est aussi fiscale

Des confettis dorés inondent le ciel de Londres, l'hymne de la Ligue des champions rugit, la moitié bleu et grenat du stade de Wembley exulte. En ce 28 mai 2011, Eric Abidal brandit la coupe aux grandes oreilles, affublé du brassard de capitaine du FC Barcelone. Eric le Lyonnais devient Eric le Catalan, deux mois quasiment jour pour jour après l'annonce d'une tumeur au foie. Un conte de fées narré par les Blaugranas, une guérison-rédemption saluée par le monde du football. Le retour à la réalité, ce fut il y a quelques semaines. L'international français, qui incarne « un nouveau Barça, plus humain », selon le directeur sportif du club, Andoni Zubizarreta, hésite à resigner. Comment ? le fils adoptif devenu prodigue se rebelle ? Officiellement, une sombre histoire de durée de contrat ; officieusement, une histoire claire de fiscalité.

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28 avril 2011

Le nouvel eldorado du football

« Honnêtement, j'ignore presque tout d'Anzhi » concède l'international marocain Mbark Boussoufa en conférence de presse, « les grands noms que le club a attirés et les contrats qu'il leur offre traduisent leurs grandes ambitions » ajoute-il un rien mercantile. Anzhi, c'est le FC Anzhi Makhachkala, club russe du Daguestan (Nord-Caucase), que le milieu offensif a soudainement rejoint cet hiver moyennant un salaire de 2,5 millions d'euros par an. Boussoufa, qui enchantait jusqu'ici le RSC Anderlecht  ainsi que le championnat de Belgique de football (soulier d'or en 2006 et 2010), intègre un effectif de 28 joueurs comprenant 15 étrangers. Le nouveau capitaine d'Anzhi, fraichement arrivé lui aussi, est Roberto Carlos, champion du monde en 2002 avec le Brésil. Le Caucase est bien le nouvel eldorado du football.

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09 avril 2011

Bandes passantes

Grands yeux bleus, cheveux courts, jean et veste de sport américaine, Nicolas (le prénom a été modifié) a aujourd'hui 27 ans. Il y a dix ans, il intégrait un groupe de supporters ultras d'un club de football français : « Je faisais partie de ce qu'on appelle le noyau du groupe, c'est-à-dire les membres importants ». Cette entrée dans le monde du supporterisme tout autant que dans un groupe de jeunes coïncide avec un échec au baccalauréat et des atermoiements quant à son orientation. Ce n'est pas la testostérone d'une escouade très masculine qui lui plaît mais plutôt un sentiment d'épanouissement collectif : « Je me sentais bien auprès du groupe et j'y ai découvert des amis de tous horizons et à l'époque il y avait vraiment une bonne ambiance ». Le groupe de jeunes gens a sa maison (le local), ses rites (les préparatifs, les déplacements), mais aussi ses turpitudes : altercations, bagarres, caillassages. « La violence? Oui, j'y ai été confronté mais pas aussi souvent qu'on pourrait le penser », précise Nicolas. Des brutalités pour s'affirmer vis-à-vis de l’extérieur mais aussi pour souder la bande en interne.

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20 mars 2011

Muscle ton jeu Dominique

10 Juin 1998, Clairefontaine, avant veille du premier match des bleus à la Coupe du monde. Aimé Jacquet, alors coach très décrié de l'équipe de France de football, délivre sa causerie d'avant match. Tel un père s'adressant à son fils, il interpelle Robert Pirès : « Muscle ton jeu ! muscle ton jeu Robert ! ». Le futur joueur de l'OM, bien que très technique, est trop peu physique au milieu d'une cohorte de joueurs évoluant dans le calcio italien (Blanc, Boghossian, Candela, Desailly, Deschamps, Djorkaeff, Thuram, Zidane). Jacquet renchérit : « Si tu ne muscles pas ton jeu, fait attention. Je t'assure, tu vas voir, tu vas avoir des déconvenues par ce que tu es trop gentil ». Un avertissement qui pourrait s'adresser à Dominique Strauss-Kahn, actuel meneur de jeu du Fonds monétaire international (FMI) et hypothétique attaquant de pointe du Parti socialiste (PS).

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28 juillet 2010

Voir Strasbourg mourir

Une foule de supporters bariolés de ciel et blanc, des verres de bière à toutes les mains, des chants a n'en plus finir... L'unique entrée du Stade de la Meinau de Strasbourg est un goulet d'étranglement humain. On pénètre ensuite dans l'arène, forcément immense quand on la découvre avec ses yeux d'enfant. Puis on se place debout dans le quart de virage - point de places assises en catégorie « populaire » à cette époque - alors qu'en face les ultras strasbourgeois des UB90 rugissent déjà. On aimerait en être. Les équipes rentrent sur le terrain, les tifos et les fumigènes recouvrent toutes les tribunes de la Meinau. C'est un derby RC Strasbourg contre FC Metz, le stade est comme en fusion. 90 minutes plus tard l'enceinte explose : ce 11 avril 1995 Strasbourg va en finale de Coupe de France en s'imposant 1-0. 14 mai 2010, soit 15 ans plus tard, le RCS descend en National et flirte avec la rétrogradation administrative en CFA.

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14 mars 2010

Le spleen du supporter du PSG

« Le PSG, tu te fais chier 90 minutes, et puis ensuite tu rêves pendant une semaine ». Les pathétiques errements sarkozystes de l'ex-Nul Dominique Farrugia n'ont pas altéré sa drôlerie. Oui, être supporter du PSG c'est s'infliger une souffrance footballistique larvée et une détestation généralisée. Car l'arrogante agressivité du club de la capitale démultiplie la motivation des formations provinciales pour battre les « parigos ». Pendant ce temps l'ennemi olympien a créé une empathie tous azimuts sur un seul exploit (la Ligue des Champions 1993) et un bouillonnement populiste continue. Mais le supporter du PSG s'en fout car il sait que pendant la piteuse décennie 1998-2008 sur le plan du jeu, le PSG a ajouté cinq lignes à son palmarès quand les sudistes ne glanaient qu'une minable Coupe Intertoto. Pauleta a il est vrai sauvé le PSG du déshonneur décanal avec son impitoyabilité dans les 18 mètres et Dhorasso a eu la bonne idée de planter son seul pion sous le maillot bleu et rouge en finale de la Coupe de France 2006 face à... l'OM.

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