
Cantonales tests pour la gauche à
Nantes, avec six cantons roses dans la balance. Cinq conseillers généraux
socialistes remettaient leur mandat en jeu dimanche dernier, tandis que la
succession de Patrick Mareschal, par ailleurs futur ex-président du conseil
général de Loire-Atlantique, se décidait dans le 11e canton de Nantes. Et les
choses se présentent plutôt bien pour sa dauphine désignée, Johanna Rolland,
avec 41,46 % des suffrages au premier tour. Un large réservoir de voix
écologistes (Europe écologie-Les Verts confirme son bon score des régionales à
Nantes) devrait conduire à son élection dimanche prochain.
Aux
premiers jours de l'été 2009, tous les projecteurs se sont braqués sur la
petite ville de Hénin-Beaumont dans le Nord de la France. La République toute
entière a tremblé à l’occasion d'une municipale partielle dans cette commune de
26 000 habitants du Pas-de-Calais. L'extrême droite qui laboure depuis 15 ans
cette terre ouvrière sur le déclin sera passée à 528 voix d'une victoire
symbolique retentissante. Ce résultat confirme que si depuis 2007 le Front
national est affaiblit électoralement, il prospère idéologiquement. Son
national-populisme s'est dissout dans le sarkozysme triomphant. A l'échelle de
l'Europe la situation est encore plus préoccupante, l'ultra droite dans sa
version la plus xénophobe et fascisante connaît partout sur le vieux contient
une seconde jeunesse. Dans 18 pays européens elle est à son plus haut niveau
historique tandis que dans 5 d'rntre eux elle est au pouvoir avec la droite
libérale-conservatrice (Italie, Danemark, Suisse, Slovaquie et Lettonie).
La révolte citoyenne et l'opposition contre le
texte de loi sur l'Immigration et plus spécifiquement contre les tests ADN est
plus que légitime, elle est moralement et humainement indispensable. Dans le
flot des personnalités politiques opposées à ces tests on peut comprendre
l'humanisme de certaines personnalités de droite ou l'opportunisme des
chiraquiens avide d'épingler Nicolas Sarkozy. Plus surprenante est l'opposition
de Charles Pasqua, initiateur des lois les plus répressives contre
l'immigration. Pourquoi un tel positionnement ? Tout simplement par ce que la
succession de Christian Poncelet à la présidence du Sénat va bientôt s'ouvrir
avec le renouvellement partiel de la haute assemblée en 2008. Charles Pasqua
est candidat à cette fonction. Mais pour être élu il doit rassembler au delà
des sénateurs de droite, les voix de nombreux sénateurs humanistes de
centre-gauche et de centre-droit des groupes Union centriste-UDF et RDSE (72
parlementaires). Pourtant, Charles Pasqua rattache toujours ses idées à celles
de l'ultra droite « (...) sur l'essentiel, le Front national se réclame des
mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité (parlementaire) ». Un
cynisme écœurant...
Le combat contre l'extrême
droite et le dégoulinement de ses idées sur la droite parlementaire est
essentiel. Mais parfois la réalité sociale rattrape les certitudes politiques.
Je discute avec un ami d'enfance peu politisé entre les deux tours de la
présidentielle. Je le bassine pour savoir pour qui il a voté. « J'ai voté
pour tonton ». Je ne comprends pas pour qui il a voté. « Pour Jean-Marie Le
Pen... pourquoi ça te choque ? ». Sur le coup je suis abasourdit par cet
extrémisme de droite « ordinaire ». Quelques temps plus tard nous
débattons des raisons pour lesquelles il a voté Front national.
« C’est en faisant baisser l’extrême droite dans
les têtes que nous la ferons baisser dans les urnes ». Plus qu’une conviction
politique certains militants de gauche s’engagent contre le Front National par
impératif républicain et nécessité démocratique. Cet engagement partisan prend
une force particulière dans certaines régions de France. C’est le combat de
ceux qui militent dans ces localités ou l’extrême droite ne fait pas 16 % comme
un certain 21 avril 2002 mais régulièrement 28 % des suffrages. C’est le
courage de ceux qui manifestent aujourd’hui comme il y a 10 ans, 20 ans dans
ces endroits marqués de la peste brune. C’est la lutte de ceux qui portent la
tolérance par ce que nous sommes « tous différents, tous égaux ». C’est
l’inquiétude de ceux qui ne cessent de nous dire que loin de notre parisianisme
ce « fascisme rampant » est pour eux palpable au quotidien. Notre devoir
collectif est de déchiffrer les racines insupportables de l’ultra droite. Notre
conscience collective doit s’alarmer quand à ses perspectives de développement.
Notre action collective doit être de lutter avec de nouveaux moyens contre ce
totalitarisme des consciences.





