« Le PSG, tu te fais chier 90 minutes, et
puis ensuite tu rêves pendant une semaine ». Les pathétiques errements
sarkozystes de l'ex-Nul Dominique Farrugia n'ont pas altéré sa drôlerie. Oui,
être supporter du PSG c'est s'infliger une souffrance footballistique larvée et
une détestation généralisée. Car l'arrogante agressivité du club de la capitale
démultiplie la motivation des formations provinciales pour battre les « parigos
». Pendant ce temps l'ennemi olympien a créé une empathie tous azimuts sur un
seul exploit (la Ligue des Champions 1993) et un bouillonnement populiste
continue. Mais le supporter du PSG s'en fout car il sait que pendant la piteuse
décennie 1998-2008 sur le plan du jeu, le PSG a ajouté cinq lignes à son
palmarès quand les sudistes ne glanaient qu'une minable Coupe Intertoto.
Pauleta a il est vrai sauvé le PSG du déshonneur décanal avec son
impitoyabilité dans les 18 mètres et Dhorasso a eu la bonne idée de planter son
seul pion sous le maillot bleu et rouge en finale de la Coupe de France 2006
face à... l'OM.
Aux
premiers jours de l'été 2009, tous les projecteurs se sont braqués sur la
petite ville de Hénin-Beaumont dans le Nord de la France. La République toute
entière a tremblé à l’occasion d'une municipale partielle dans cette commune de
26 000 habitants du Pas-de-Calais. L'extrême droite qui laboure depuis 15 ans
cette terre ouvrière sur le déclin sera passée à 528 voix d'une victoire
symbolique retentissante. Ce résultat confirme que si depuis 2007 le Front
national est affaiblit électoralement, il prospère idéologiquement. Son
national-populisme s'est dissout dans le sarkozysme triomphant. A l'échelle de
l'Europe la situation est encore plus préoccupante, l'ultra droite dans sa
version la plus xénophobe et fascisante connaît partout sur le vieux contient
une seconde jeunesse. Dans 18 pays européens elle est à son plus haut niveau
historique tandis que dans 5 d'rntre eux elle est au pouvoir avec la droite
libérale-conservatrice (Italie, Danemark, Suisse, Slovaquie et Lettonie).
Balade dans le centre de Paris l'autre jour. Au détour d'une rue une foule sur une petite placette. Des drapeaux tricolores, des cheveux blancs en masse, des crânes rasés pour les plus jeunes. Cela ressemble à une manifestation d'extrême droite. Des cris haineux bien qu'un peu forcés. Une voix étrangement familière. Une estrade avec un grande banderole « Constitution trahison ! ». C'est le vieux facho et son acolyte : Jean-Marie Le Pen et Bruno Golnisch. Ce n'est pas la forme des grands soirs d'avril ou on fait trembler la France. C'est le spectacle pathétique d'une fin de règne de celui qui a réussi à rassembler l'extrême droite pour en faire une force politique majeure. Bien sûr il y a la question de la succession. Le danger existe a travers Marine Le Pen que se refonde un grand parti national-populiste en recherche de respectabilité et d'alliances avec la droite. Cela dépendra de l'aile sectaire du FN. Mais c'est plus son problème au vieux facho. Certes il a perdu électoralement et financièrement, mais il a l'air
satisfait : il a gagné idéologiquement puisque son national-populisme
s'est dissout dans le sarkozysme triomphant.
La révolte citoyenne et l'opposition contre le
texte de loi sur l'Immigration et plus spécifiquement contre les tests ADN est
plus que légitime, elle est moralement et humainement indispensable. Dans le
flot des personnalités politiques opposées à ces tests on peut comprendre
l'humanisme de certaines personnalités de droite ou l'opportunisme des
chiraquiens avide d'épingler Nicolas Sarkozy. Plus surprenante est l'opposition
de Charles Pasqua, initiateur des lois les plus répressives contre
l'immigration. Pourquoi un tel positionnement ? Tout simplement par ce que la
succession de Christian Poncelet à la présidence du Sénat va bientôt s'ouvrir
avec le renouvellement partiel de la haute assemblée en 2008. Charles Pasqua
est candidat à cette fonction. Mais pour être élu il doit rassembler au delà
des sénateurs de droite, les voix de nombreux sénateurs humanistes de
centre-gauche et de centre-droit des groupes Union centriste-UDF et RDSE (72
parlementaires). Pourtant, Charles Pasqua rattache toujours ses idées à celles
de l'ultra droite « (...) sur l'essentiel, le Front national se réclame des
mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité (parlementaire) ». Un
cynisme écœurant...
Le combat contre l'extrême
droite et le dégoulinement de ses idées sur la droite parlementaire est
essentiel. Mais parfois la réalité sociale rattrape les certitudes politiques.
Je discute avec un ami d'enfance peu politisé entre les deux tours de la
présidentielle. Je le bassine pour savoir pour qui il a voté. « J'ai voté
pour tonton ». Je ne comprends pas pour qui il a voté. « Pour Jean-Marie Le
Pen... pourquoi ça te choque ? ». Sur le coup je suis abasourdit par cet
extrémisme de droite « ordinaire ». Quelques temps plus tard nous
débattons des raisons pour lesquelles il a voté Front national.
Les propos de Georges Frêche ne
sont pas un acte anodin, une parole isolée qui irait plus loin que sa pensée.
Ils parachèvent une longue série de vociférations, de dérapages tout à fait
contrôlés et répétés qui ont une caractéristique commune : le racisme et le
mépris. Ces dires bafouent le poing qui est celui de lutte antiraciste et la
rose qui est celle de la tolérance et du
« C’est en faisant baisser l’extrême droite dans
les têtes que nous la ferons baisser dans les urnes ». Plus qu’une conviction
politique certains militants de gauche s’engagent contre le Front National par
impératif républicain et nécessité démocratique. Cet engagement partisan prend
une force particulière dans certaines régions de France. C’est le combat de
ceux qui militent dans ces localités ou l’extrême droite ne fait pas 16 % comme
un certain 21 avril 2002 mais régulièrement 28 % des suffrages. C’est le
courage de ceux qui manifestent aujourd’hui comme il y a 10 ans, 20 ans dans
ces endroits marqués de la peste brune. C’est la lutte de ceux qui portent la
tolérance par ce que nous sommes « tous différents, tous égaux ». C’est
l’inquiétude de ceux qui ne cessent de nous dire que loin de notre parisianisme
ce « fascisme rampant » est pour eux palpable au quotidien. Notre devoir
collectif est de déchiffrer les racines insupportables de l’ultra droite. Notre
conscience collective doit s’alarmer quand à ses perspectives de développement.
Notre action collective doit être de lutter avec de nouveaux moyens contre ce
totalitarisme des consciences.





