
Si vous posez votre popotin sur un siège de
cinéma - plus ou moins confortable -, dans une salle d'art et d'essai, vous
pourriez avoir le privilège de voir le logo Europa cinemas apparaître
à l'écran. Créé en 1992, sur les deniers des Mesures pour encourager le
développement de l'industrie audiovisuelle (programme MEDIA), Europa
cinemas est le premier réseau de salles à programmer majoritairement des
films européens. Impulsé de France, présidé par le réalisateur français Claude
Miller, il s'étend aujourd’hui bien au-delà des frontières de l'Union
européenne. Aujourd'hui, il intègre des salles obscures des Balkans (Albanie,
Bosnie- Herzégovine, Serbie, Macédoine...) ou même du Caucase (Arménie,
Géorgie...). 45 pays en tout. Vers l'infini et au-delà ! Avec même des
ramifications spécifiques qui naissent en Asie ou en Méditerranée.
Depuis 188 ans à Cologne, il y a cinq saisons et
non plus quatre. Tous les ans, le onzième jour du onzième mois, à 11h11
précises, débute le Kölner Karneval, avec en point d'orgue de cette
(longue) saison de festivités les six jours qui précèdent mardi gras en février
et en mars. La ville de Rhénanie-Nord-Westphalie se drape alors de rouge et de
blanc, tous ses habitants se griment, se costument et se déguisent. Les
accoutrements des plus classiques côtoient les tenues des plus délurées dans
les bureaux, les voitures, les tramways, les parcs, les restaurants, les
bars... Couleurs partout, austérité nulle part.
« Les Italiens sont des Français de
bonne humeur » disait Jean Cocteau. Le 26 avril dernier, à Rome, lors du
vingt-neuvième sommet franco-italien, cette bonne humeur se lit sur les visages
du président de la République Nicolas Sarkozy comme du président du Conseil
Silvio Berlusconi. Le traité de Schengen ? A réviser disent d’une seule voix
les deux chefs d’États. L’OPA du groupe français Lactalis sur l’italien
Parmalat ? Les deux pays souhaitent « créer de grands groupes internationaux
franco-italiens, italo-français » répond Silvio Berlusconi. La candidature de
l’Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) ? «
Nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, nous le soutenons parce que
c’est un homme de qualité » affirme Nicolas Sarkozy. Un numéro digne des plus
grandes heures de la commedia dell’arte. Derrière les masques politiques, de
nombreux achoppements entre les deux cousins transalpins. Petit abécédaire.
« Honnêtement, j'ignore presque tout d'Anzhi
» concède l'international marocain Mbark Boussoufa en conférence de presse, «
les grands noms que le club a attirés et les contrats qu'il leur offre
traduisent leurs grandes ambitions » ajoute-il un rien mercantile. Anzhi, c'est
le FC Anzhi Makhachkala, club russe du Daguestan (Nord-Caucase), que le milieu
offensif a soudainement rejoint cet hiver moyennant un salaire de 2,5 millions
d'euros par an. Boussoufa, qui enchantait jusqu'ici le RSC Anderlecht
ainsi que le championnat de Belgique de football (soulier d'or en 2006 et
2010), intègre un effectif de 28 joueurs comprenant 15 étrangers. Le nouveau
capitaine d'Anzhi, fraichement arrivé lui aussi, est Roberto Carlos, champion
du monde en 2002 avec le Brésil. Le Caucase est bien le nouvel eldorado du
football.
Nous sommes en 2011, toute l'Union
européenne est dirigée par des capitalistes… Toute ? Non ! Car une
île peuplée d'irréductibles collectivistes résistent encore et toujours à
l'impérialisme et au capitalisme. La République de Chypre, ses 780 500
habitants, sa superficie proche de celle de la Corse… et son pouvoir
communiste. Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et son poing auréolé
d'un marteau, dominent depuis une décennie la scène politique de Chypre, l'île
au drapeau orné de deux branches d’oliviers et d'une carte couleur cuivre. Le
président Dimitris Christofias, élu aux élections présidentielles de février
2008, est le seul et unique chef d’État communiste au sein de l'Union
européenne. Un vestige soviétisant au milieu de la Méditerranée.
Banderoles, drapeaux, piquets, autocollants et
fumigènes... Le rite de la manifestation à la française est bien établit.
Nouveauté de cette cuvée 2010 : les vuvuzelas et un mouvement social contre la
réforme des retraites qui atteint un paroxysme historique. La bonhomie
(actuelle) des cortèges contraste avec une situation objectivement tendue. Les
ponts de la négociation ayant été coupés par l’autiste gouvernement Fillon dès
juin (MEDEF et syndicats sont d'ailleurs dans le même bateau), l'embouchure à
se fleuve social semble plus que ardue à trouver. Il est donc de bonne aloi de
se plonger dans la presse britannique. Oui allons voir ce qu'en pense le
Royaume-Uni, contrée du travaillisme old school et du welfare
state pendant les années d'après guerre, mis à l'amende à partir de 1979
par la révolution conservatrice de Margaret Thatcher. Pays ou le dernier
mouvement social significatif fut celui contre la poll tax en 1990.
Tournant à l'émeute il entraina, ironie de l'histoire, la fin de Maggie et de
la contestation sociale à la britannique.
De la gauche à la droite de
l'échiquier politique, le terme de régulation est devenu un incontournable. Un
quasi totem. Sur ce point, il y a clairement un avant et un après crise -
une dépression économico-financière qui a débutée il y a maintenant
pratiquement 2 ans. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, résume clairement
le constat en vigueur : « Laisser le marché tout régler ne fonctionne
pas ». Si dans le discours tout le monde s'accorde sur cette idée, même
ceux qui furent des plus néo-libéraux, dans les actes la chose est moins aisée.
Illustration de cette chimère régulatrice : la libéralisation des jeux d'argent
en ligne.
Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.





