
Mars 1991. 287 années de présence
militaire britannique qui prennent fin en quelques semaines. En ce mois de mars
1991, près de 2000 soldats de Sa Majesté, qui avaient pour mission « de
contrôler avec attention la population » de Gibraltar, quittent le Rocher. Seul
reste sur ce bout de territoire situé au sud de l'Espagne, en bordure du
détroit qui marque l'entrée de la Méditerranée, le « bataillon royal de
Gibraltar », uniquement constitué de Gibraltariens. Le conflit historique
opposant Espagne et Grande-Bretagne pour le contrôle du mont Tariq ("Jabel
Tariq" qui a donné son nom à Gibraltar) s’est amenuisé. Madrid ayant adhéré à
l'Otan (1982) puis à la CEE (1986), l’intérêt géostratégique est-il devenu
mineur pour Londres ? Non, c'est bien la souveraineté de Gibraltar qui est en
jeu.
Si vous posez votre popotin sur un siège de
cinéma - plus ou moins confortable -, dans une salle d'art et d'essai, vous
pourriez avoir le privilège de voir le logo Europa cinemas apparaître
à l'écran. Créé en 1992, sur les deniers des Mesures pour encourager le
développement de l'industrie audiovisuelle (programme MEDIA), Europa
cinemas est le premier réseau de salles à programmer majoritairement des
films européens. Impulsé de France, présidé par le réalisateur français Claude
Miller, il s'étend aujourd’hui bien au-delà des frontières de l'Union
européenne. Aujourd'hui, il intègre des salles obscures des Balkans (Albanie,
Bosnie- Herzégovine, Serbie, Macédoine...) ou même du Caucase (Arménie,
Géorgie...). 45 pays en tout. Vers l'infini et au-delà ! Avec même des
ramifications spécifiques qui naissent en Asie ou en Méditerranée.
Et la Cinecittà brûla. Un dépôt de
matériel, un court-circuit, des flammes hautes de 30 à 40 mètres et 4 000 m2 de
studios qui partent en fumée sur les 40 hectares que compte l'antre mythique du
cinéma italien. Bien sûr, cette nuit ravageuse du 9 au 10 août 2007 ne marque
pas matériellement la fin de l'Italie sur grand écran mais le symbole est fort,
l'image crépusculaire. Car le cinéma transalpin fut grand, immense, écrasant le
Vieux Continent de sa superbe. Les studios de la Cinecittà fêteront en
avril 2012 leurs 75 ans d'existence, pour 4 000 films produits. "L'usine à
rêves" a été érigée en 1937 dans le sud-est de Rome, coincée entre autoroutes
et rails. D'inspiration mussolinienne, l'idée d'un lieu majeur de création
culturelle populaire ne devint succès qu'après la seconde guerre mondiale... et
la disparition du régime fasciste.
Janvier 1982. Euskadi ta
Askatasuna ("Pays basque et liberté"), voilà la signification des trois
lettres de ETA, organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis
sa création (clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit
basque connait un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition
démocratique en Espagne, dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie
aux combattants de l'ETA , emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de
l'abandon de la violence. Le président du gouvernement central est convaincu
que « le problème du terrorisme n'est pas seulement, comme on le dit
régulièrement, un problème d’État, mais un problème majeur qui menace la
réalité même de l’État ».
Traitement à la marge de
l'actualité européenne par les médias traditionnels, difficile appréhension des
institutions de l'Union, frilosité des rédactions, endormissement des
correspondants bruxellois, autant d'obstacles à « la construction d’un espace
public à l’échelle de l’Europe ». Et si l'émergence de cette information
européenne empruntait des chemins alternatifs ? Grand reporter « de Brest à
Diyarbakir, du Cap Nord à Gibraltar » pendant 25 ans, Renaud de Chazournes est
le co-fondateur et directeur de la rédaction du site d'information
myEurop.info. Une ambition : « regarder ailleurs pour comprendre ici »
et un regard aiguisé sur le travail des médias mainstream.
Depuis 188 ans à Cologne, il y a cinq saisons et
non plus quatre. Tous les ans, le onzième jour du onzième mois, à 11h11
précises, débute le Kölner Karneval, avec en point d'orgue de cette
(longue) saison de festivités les six jours qui précèdent mardi gras en février
et en mars. La ville de Rhénanie-Nord-Westphalie se drape alors de rouge et de
blanc, tous ses habitants se griment, se costument et se déguisent. Les
accoutrements des plus classiques côtoient les tenues des plus délurées dans
les bureaux, les voitures, les tramways, les parcs, les restaurants, les
bars... Couleurs partout, austérité nulle part.
18,7 millions d'articles en ligne, 29
millions d'utilisateurs inscrits, 281 langues utilisées (anglais, allemand et
français en tête), 7e site le plus fréquenté au monde. Voilà la carte de visite
de l'encyclopédie universelle et collaborative Wikipédia - wiki
signifiant "rapide" en hawaïen - créée il y a un peu plus de dix ans, le 15
janvier 2001. Derrière ces chiffres, une aspiration et une illusion millénaire
pour l'homme, celle de la connaissance universelle. « L'âme de l'homme est
faite pour embrasser dans sa pensée toutes les œuvres que le principe des
choses a laissé sortir hors de son sein », énonçait Louis-Claude de
Saint-Martin, penseur français du XVIIIe siècle, autoproclamé le "philosophe
inconnu" !
« Honnêtement, j'ignore presque tout d'Anzhi
» concède l'international marocain Mbark Boussoufa en conférence de presse, «
les grands noms que le club a attirés et les contrats qu'il leur offre
traduisent leurs grandes ambitions » ajoute-il un rien mercantile. Anzhi, c'est
le FC Anzhi Makhachkala, club russe du Daguestan (Nord-Caucase), que le milieu
offensif a soudainement rejoint cet hiver moyennant un salaire de 2,5 millions
d'euros par an. Boussoufa, qui enchantait jusqu'ici le RSC Anderlecht
ainsi que le championnat de Belgique de football (soulier d'or en 2006 et
2010), intègre un effectif de 28 joueurs comprenant 15 étrangers. Le nouveau
capitaine d'Anzhi, fraichement arrivé lui aussi, est Roberto Carlos, champion
du monde en 2002 avec le Brésil. Le Caucase est bien le nouvel eldorado du
football.





